Jeudi 22 janvier 2009

Assemblée nationale: la crise s'est amplifiée, le cirque continue !

 

 

Bernard Accoyer le 21 janvier 2009 à l'Assemblée nationale
© 2009 AFP (Patrick Kovarik)
Bernard Accoyer le 21 janvier 2009 à l'Assemblée nationale

La crise s'est amplifiée mercredi à l'Assemblée nationale, après les vifs incidents de la nuit sur la réforme du travail législatif, le PS attaquant le président UMP Bernard Accoyer et boycottant la séance de questions au gouvernement.

La presse de jeudi est divisée sur la réforme du travail législatif, certains renvoient le PS et l'UMP dos à dos, d'autres crient au scandale.

La crise s'est doublée d'une forte tension entre le président de l'Assemblée et le chef de file des députés UMP, Jean-François Copé, après que ce dernier eut critiqué les ouvertures faites au PS.

Dans la matinée, le patron des députés socialistes, Jean-Marc Ayrault, a demandé au président de l'Assemblée "d'oublier qu'il est un président UMP" pour devenir "le président de tous les députés". "J'ai tendu la main, on ne l'a pas saisie... Il n'est pas trop tard", a-t-il plaidé. Accusé par M. Accoyer d'avoir fait un "coup de force" provoquant "une crise" au sein de l'Assemblée, le PS en a renvoyé la responsabilité au président de l'institution.

La réforme du travail parlementaire, qui prévoit de limiter la durée des débats et le droit d'amendement, avait donné lieu dans la nuit à de vifs incidents à l'Assemblée: les députés PS y ont entonné La Marseillaise - fait inédit depuis 1947 - et réclamé la démission de M. Accoyer.

Ils ont ensuite quitté l'hémicycle pour protester contre un "bâillonnement" de l'opposition.

Jean-Marc Ayrault le 21 janvier 2009 à l'extérieur de l'hémicycle
© 2009 AFP (Patrick Kovarik)
Jean-Marc Ayrault le 21 janvier 2009 à l'extérieur de l'hémicycle

Monté à la hâte par la gauche, un clip vidéo diffusé en ligne résume la tumultueuse séance de la nuit. Le clip s'en prend à M. Accoyer, "président du passage en force, président partisan qui s'entête dans la négation de la démocratie". Pour "sortir de cette crise", M. Ayrault a demandé que "les négociations s'engagent sur la base des propositions" faites la veille au soir: "que chaque président de groupe puisse lever la contrainte du +temps global+ à quatre reprises chaque année".

Exigeant une réponse positive, les députés PS ont mis à exécution leur menace de boycotter la séance des questions au gouvernement, une première.

En outre, le groupe PS a décidé que les deux vice-présidents PS de l'Assemblée ne présideraient désormais plus les séances. En revanche les socialistes continueront "de mener bataille" sur les textes à venir.

Pour tenter de dénouer une "situation politique grave, une crise au sein de l'Assemblée", M. Accoyer a fait une concession, qu'il a concrétisée par écrit dans la soirée, s'engageant à donner à chaque président de groupe le "droit d'augmenter" le temps fixé pour la discussion d'un texte législatif.

En outre un "dépassement" supplémentaire exceptionnel de "dizaines d'heures" pour être demandé par un président de groupe.

Dans l'hémicycle, le Premier ministre François Fillon a appelé la gauche au retour "au calme et à la raison". En signe de soutien, les députés UMP ont accueilli sous les ovations M. Accoyer au perchoir.

Mais à l'extérieur, M. Copé s'est désolidarisé des propositions de M. Accoyer. D'après certains députés de sa majorité, M. Copé aurait contribué "à l'état de tension la veille".

Le PS a boycotté les questions au gouvernement pour protester contre la réforme du travail parlementaire. Durée: 1mn43
© 2009 AFP
Le PS a boycotté les questions au gouvernement pour protester contre la réforme du travail parlementaire. Durée: 1mn43

"Ce n'est pas tel ou tel président de groupe qui dicte au président de l'Assemblée ce qu'il doit faire", a sèchement répliqué M. Accoyer. Mais pour le PS, malgré les promesses "la question est de savoir qui commande à l'Assemblée nationale, Accoyer ou Copé?", a demandé Jérôme Cahuzac.
Quel mauvais spectacle nous donnent les parlementaires, cela tient plus du big bazar, qu'autre chose et nous n'élisons pas des députés pour faire le cirque !

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Lundi 19 janvier 2009

Cadeau d'investiture de Midi-Pyrénées à la Maison Blanche: un coffret de Roquefort pour Obama

Roquef_2ÉCONOMIE. Même motif, même punition. Il n’y a que l’issue de l’enga- gement qui pourrait changer.

Les consom- mateurs de notre belle Union Européenne ne veulent pas manger le bœuf aux hormones américain ? En retorsion, l’administration US frappe à nouveau la France au Roquefort. Ce sera un triplement des taxes d’importation.

En 1999, cela avait valu au Mac Donald de Millau de se faire démonter par un certain José Bové et ses camarades altermondialistes Aveyronnais de la Confédération paysanne.

Ce coup-ci, c’est la diplomatie qui pourrait l’emporter. L’intronisation mardi prochain 20 janvier du nouveau président américain Barak Obama laisse espérer que le fromage du Larzac ne se retrouvera pas au prix du caviar sur les tables newyorkaises.

Le président de région Martin Malvy vient d’envoyer un “coffret Prestige de fromage de Roquefort” à la Maison Blanche en cadeau pour son investiture. 
Pour une fois une bonne initiative ! Bonne chance monsieur le Président Obama (JDD)

Dessin: Mig: source libération Toulouse

 

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Lundi 19 janvier 2009

Gabon: l'accident d'hélicoptère de l'armée française a fait au moins 7 morts


  Numéro vert à l'intention des familles : 0 800 74 75 75

 

 
© 2009 AFP
Localisation du crash d'un hélicoptère militaire français

Cinq militaires français ont été retrouvés morts dans l'épave de l'hélicoptère qui s'est abîmé en mer samedi au large des côtes gabonaises, selon un communiqué dimanche de la présidence française, portant le bilan provisoire à sept morts, un blessé et un disparu.

Un seul membre de l'équipage est sorti indemne de l'accident.

"Les importants moyens engagés dans les recherches, avec la pleine coopération de la société Total et de l'Etat gabonais, ont permis de retrouver dès hier soir 4 des 10 militaires qui étaient à bord", précise le communiqué.

"Un a été trouvé mort, deux sont maintenant hors de danger, le quatrième est décédé des suites de ses blessures après son évacuation vers l'hôpital gabonais de Melen", ajoute l'Elysée.

L'épave du Cougar a été localisée dimanche matin au large des côtes gabonaises, selon le lieutenant Maxime Pietrozycki, des Forces françaises au Gabon (FFG), grâce notamment au soutien de la société pétrolière Total, très présente au Gabon, qui a mis à disposition un sonar et un robot pouvant aller sous l'eau, selon la même source.

Le Cougar avait décollé samedi à 20H08 locales (19H08 GMT) du pont de La Foudre, un bâtiment de la marine nationale française qui croisait à une cinquantaine de kilomètres des côtes gabonaises, pendant un exercice militaire franco-gabonais.

Une question sera à explorer dans cette enquête, l'état du Cougar, le parc d'hélicos est vétuste et demanderait à être renouvelé, le rafistolage quotidien pour tous les matériels !
30 années de retard à combler, MAM avait déja fait un gros effort, la nouvelle loi de programmation et le livre blanc, n'ont pas dégagés les crédits nécéssaire ! La France est engagée partout, avec des effectifs et une logistique insuffisante !

Recherches dans l'épave de l'hélicoptère militaire Cougar qui s'est abîmé au large du Congo le 17 janvier 2009.
© 2009 AFP
Recherches dans l'épave de l'hélicoptère militaire Cougar qui s'est abîmé au large du Congo le 17 janvier 2009.

Il s'était abîmé en mer quelques instants après son décollage, au large de Nyonié, une petite localité située entre Libreville et la ville portuaire de Port-Gentil (sud).

Outre La Foudre et ses huit zodiacs, deux hélicoptères - un Fennec et un autre Cougar - participaient aux recherches. Total a également dépêché cinq bateaux sur la zone, selon la même source.

"Le Gabon mettra tout ce qu'il a pour procéder aux recherches", a quant à lui affirmé à l'AFP le ministre gabonais de l'Intérieur, André Mba Obame, également chargé de la Protection civile. L'armée gabonaise a notamment affecté deux hélicoptères aux opérations.

Sur les dix militaires qui se trouvaient à bord de l'appareil, quatre appartenaient au détachement de l'aviation légère de l'armée de terre (ALAT) basé à Libreville. Parmi eux, figurent les deux soldats décédés, le blessé léger et l'un des disparus.

L'autre unité frappée par cet accident est le 13e Régiment de dragons parachutistes de Dieuze (est de la France).

Dépêché sur place par le président français Nicolas Sarkozy, le ministre de la Défense Hervé Morin est arrivé à Libreville en milieu d'après-midi dimanche.

"Aucun indice ne nous permet de comprendre les causes de l'accident", a-t-il déclaré après un entretien avec le président gabonais Omar Bongo Ondimba, précisant que les recherches se poursuivaient pour retrouver le dernier disparu.

"Lorsqu'on interroge les deux rescapés, nous n'avons aucun élément qui nous permette de corroborer telle ou telle cause. Les conversations de l'équipage avec le bateau La Foudre ne nous donnent aucun élément", a-t-il ajouté.

Recherches des corps des militaires français à bord d'un hélicoptère Cougar qui s'est abîmé au large du Gabon le 17 janvier 2009.
© 2009 AFP
Recherches des corps des militaires français à bord d'un hélicoptère Cougar qui s'est abîmé au large du Gabon le 17 janvier 2009.

Une enquête judiciaire va être ouverte, en conjonction avec celle du Bureau Enquête-Accident du ministère de la Défense (BEAD). Le procureur du tribunal permanent des armées est arrivé dimanche soir à Libreville.

Le Premier ministre gabonais, Jean Eyéghé Ndong, a exprimé à la télévision publique gabonaise son "désarroi" et sa "peine", présentant "au nom du gouvernement gabonais ses sincères condoléances au gouvernement français".

Le dernier accident à l'étranger de l'armée française remonte à 2007, lorsque huit militaires français et un Canadien avaient été tués dans la chute d'un petit avion français de la Force multinationale et Observateurs (FMO), chargée de faire respecter l'accord de paix israélo-égyptien, dans le nord de la péninsule égyptienne du Sinaï.


Je présente mes condoléances aux familles des victimes !
Il est bon quand on est expatrié, de savoir que l'armée française n'est pas loin...!

INFO LEPOINT.FR Après le crash du Gabon, tous les hélicoptères Cougar sont interdits de vol

par Jean Guisnel

INFO LEPOINT.FR Après le crash du Gabon, tous les hélicoptères Cougar sont interdits de vol

 

Après l'accident d'un hélicoptère Cougar au Gabon samedi, le général Patrick Tanguy commandant l'Aviation légère de l'armée de terre (COMALAT) a décidé de clouer au sol les 17 autres appareils similaires dont il dispose. La mesure est "technique", confirme-t-on à l'état-major de l'armée de terre, et vise à vérifier qu'aucun défaut structurel ne les pénalise, et que tous les appareils sont conformes aux spécifications techniques.
Pour l'heure, aucune cause n'est privilégiée pour expliquer ce drame, et les militaires se perdent en conjectures. Les éléments actuellement étudiés sont les suivants :

- L'âge de l'appareil : les Cougar de l'armée de terre ont actuellement seize ans de moyenne d'âge, ce qui ne paraît pas pénalisant. Celui qui s'est crashé était arrivé au détachement ALAT de Libreville en 2008 et faisait l'objet d'un entretien normal. Il convient de noter que la moyenne d'âge des 17 Cougar de l'armée de terre est très inférieure à celle des 95 Puma actuellement en parc, qui atteint 35 ans ! Sans que cela puisse donner une explication quelconque, l'épave du Cougar a été retrouvée par 35 mètres de fond, brisée en deux parties. Cette rupture a-t-elle été provoquée par le choc ou un autre élément ? Cela reste à préciser.

- La compétence des pilotes : les deux pilotes étaient très expérimentés, avec plus de 200 heures de vol chacun au cours de l'année 2008, dont plusieurs dizaines d'heures de vol de nuit. Ils avaient effectué chacun de nombreux appontages et décollages sur des navires, de jour et de nuit, et l'exercice qui suivait leur décollage du TCD Foudre était pour eux habituel.

- La difficulté du vol de nuit : le vol de nuit au-dessus de l'océan est un exercice particulièrement difficile, surtout s'il s'exécute à basse altitude. Cette manoeuvre est fréquente à l'entraînement lors du transport de troupes. Les normes techniques ont-elles été respectées ? L'enquête le précisera. Mais le crash s'étant produit à proximité immédiate du TCD Foudre, les témoignages devraient permettre d'y voir plus clair.

Un Cougar de l'armée française, ici près de Marignane, dans le Sud de la France. (AFP / EADS)
Par Militant - Publié dans : Politique - Communauté : Tolérance Zéro
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Jeudi 15 janvier 2009


Demain, encore galère, d'où l'image de la France !
N'est qu'un endroit où la grève et la manif sont à l'ordre du jour : la France. Jeudi, les agents des services publics s'arrêteront en signe de mécontentement. Par la force des choses, le secteur privé en payera les pots cassés. Ce sont pourtant les salariés des PME, les plus exposés à la casse sociale, qui auraient des raisons de se faire entendre. Mais telle est l'étrangeté, la singularité française. La parole appartient au plus fort.
Les syndicats sont donc à la manoeuvre. C'est notre triste tradition sociale, quelles que soient les circonstances, bonnes ou mauvaises. Peu importe le mot d'ordre, il se résume toujours au même slogan : toujours plus, toujours plus de moyens, à deux mois des élections professionnelles.
Est-ce bien le moment économiquement, cela changera-t'il quelque chose socialement ? Je ne crois pas hélas !
Poubelles

La France, représentée par le Groupe de recherche d'art audiovisuel, à l'exposition Entropa au Conseil européen de Bruxelles.

Surtout vu la crise économique mondiale, c'est bien le moment de foutre le bordel en France par des grèves à répétitions "pièges à cons" !

Merci messieurs les syndicalistes d'arrêter les "conneries", économiquement c'est vraiment pas le moment...!
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Mercredi 14 janvier 2009

A 400M : vers un abandon du programme ?

L’A400-M, un programme à la dérive

10 février 2009 – 19:32

Initialement, les premiers exemplaires de l’avion de transport européen A400-M construit par Aibus Military, une filiale de l’avionneur EADS, auraient dû être livrés à l’armée de l’Air en 2009 afin de remplacer la flotte vieillissante de Transall et de C-130 Hercules. Seulement, les retards accumulés par le programme font que l’appareil n’a toujours pas effectué son premier vol d’essai.

Le mois dernier, EADS a prévenu que les livraisons de cet avion ne pourraient commencer qu’à compter de 3 années après son vol inaugural, soit en 2012. Or, selon le Figaro du 10 février, la date du premier vol d’essai ne serait prévu qu’en 2010, si l’on en croit une note confidentielle adressée par Airbus Military à l’Occar, une agence européenne créée en 1998 par entre autres la France, l’Italie, l’Allemagne et le Royaume-Uni afin de gérer les programmes d’armement européens.

Conséquence de ce nouveau retard : les 7 clients de l’A400-M devront patienter jusqu’en 2014, même si Airbus Military a assuré pouvoir assurer une première livraison à la fin de 2012 et une seconde en 2013. Selon les commandes enregistrées par l’avionneur, 180 appareils doivent être conçus pour un montant de 20 milliards d’euros.

Seulement, les retards accumulés du programme vont coûter cher aux industriels impliqués. Ainsi, EADS a d’ores et déjà provisionné 1,76 milliards d’euros dans cette perspective, tout comme les motoristes Rolls Royce, Safran et MTU (124,4 millions) ainsi que l’électronicien Thales (60 millions). Et ce n’est peut-être pas fini étant donné que les clients de l’appareil risquent de faire payer au constructeur européen les retards auxquels certains d’entre eux ont contribué.

En effet, ce sont les clients à l’origine du projet, qui ont imposé des contraintes techniques à EADS dans un jeu où chacun a cherché à défendre coûte que coûte ses intérêts. Un des principaux problèmes rencontrés dans le développement de l’A400-M concerne ses moteurs. Ces derniers sont complexes, à l’image du logiciel qui doit les faire tourner. Sauf que la solution de propulser l’avion avec des moteurs fabriqués par Pratt&Whitney n’a pas été retenue par l’Allemagne et le Royaume-Uni, qui ont exigé que leurs spécialistes nationaux aient leur part du gâteau sous peine de se retirer du programme.

De plus, chaque armée ayant des besoins différents, le constructeur a dû se plier aux exigences des états-majors des pays clients, ce qui a compliqué davantage un programme qui n’en avait pas besoin.

Mais EADS n’est pas exempt de tout reproche non plus. Son organisation pour la production de l’A400-M n’a pas été des plus pertinentes, ce qui a conduit le constructeur à la revoir récemment. L’appareil devait être initialement construit par l’usine espagnole d’Airbus Military. Or cette dernière n’était manifestement pas de taille à gérer un tel programme.

L’autre erreur d’EADS est d’avoir négocié un prix fixe pour les 180 avions commandés. En clair, l’avionneur n’a pas pris en compte les spécificités d’un programme militaire, sujet à des augmentations de coûts en fonction des évolutions technologiques. Et comme l’A400 M doit être un avion résolument très moderne, il ne pouvait pas échapper à cette règle.

Enfin, l’idée de développer un appareil aussi complexe en moins de 6 ans - le projet a réellement commencé en 2003 - n’était pas réalisable. La preuve en est avec les retards annoncés par EADS, qui n’existeraient pas si, à l’origine, le délai avait été fixé à 10 ans, comme c’est le cas, au minimum, pour les grands projets de ce type. La faute en incombe, en partie, aux clients : bien que le projet “d’avion de transport futur” était dans les cartons depuis plusieurs années, il aurait simplement fallu moins tergiverser pour se décider à le lancer.

Cela étant, Boeing peut se frotter les mains. Le constructeur américain n’a pas fait mystère de son intention de profiter des déboires de son concurrent européen en proposant, à titre de solution provisoire, ses C-17 Globemaster III aux clients de l’A400-M qui montreraient trop d’impatience, comme les Britanniques et les Allemands. Les exemples de solutions provisoires qui finissent par durer ne manquent pas.

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Air_a400m_desert_landing_lg C'est une rumeur persistante dans les milieux aéronautiques : la direction d'Airbus - en particulier l'entourage de Fabrice Brégier - ainsi qu'au moins un gouvernement engagé dans le programme d'avion de transport militaire A 400M auraient étudié l'hypothèse de son abandon.

La situation ne fait que se dégrader, comme nous le racontions ici en début de semaine. Mercredi, le PDG d'EADS Louis Gallois reconnaissait d'ailleurs que son groupe avait "totalement sous-estimé la complexité de l'avion", rapporte l'hébdomadaire Air et Cosmos...

La production de l'appareil, qui avait débutée en Espagne, a été gelée jusqu'à nouvel ordre. En clair, dans l'attente d'une solution technique qui permettrait de faire fonctionner le Fadec (régulateur numérique des turbopropulseurs)  ainsi que d''une solution commerciale, avec la renégociation du contrat (pas de pénalités et acceptation par les Etats de recevoir des avions avec des standards dégradés par rapport à la commande). Comme le dit un professionnel de ce secteur, très pessimiste sur l'avenir de ce projet, "dans tout fiasco, il faut regarder ce qu'il reste à dépenser, plutôt que ce qui a déjà été dépensé". Or, bien peu a été dépensé, ne serait-ce que par rapport au coût prévu du programme...


A 400M : les clés d'un fiasco

EADS, actionnaire majoritaire d'Airbus a annoncé vendredi soir un nouveau retard dans la livraison du futur A 400M, l'avion de transport militaire européen. La livraison aura lieu "environ trois ans" après le premier vol... dont la date n'est toujours pas fixée !

Le contrat a été signé en septembre 2001, puis ratifié le 27 mai 2003 quand les sept nations ont passé 180 commandes [Allemagne, France, Espagne, Royaume-Uni, Turquie, Belgique, Luxembourg, auxquels se sont ajoutés depuis lors l'Afrique du sud (8) et la Malaisie (4)]. Si tout se passe bien, dix ans se seront donc écoulés entre la ratification des commandes et les premières livraisons.

L'A400M coûte au moins 20 milliards d'euros pour 180 appareils.

Que se passe-t-il autour de ce programme ? Nous avions évoqué ici-même les inquiétudes de l'armée de l'air quant au retard des livraisons.

Si EADS a dû communiquer vendredi sur ce nouveau retard, c'est essentiellement pour des raisons boursières, afin d'éviter que l'information ne fuite et fasse dégringoler l'action du groupe, déjà en baisse. En effet, les gouvernements concernés avaient été informés de ces nouveaux retards depuis décembre.

Le programme rencontre deux types de problèmes : sa motorisation et ses spécifications.

L'A400M sera propulsé par quatre moteurs TP400, le plus gros turbopropulseur jamais construit en Occident. Quatre industriels (Rolls-Royce, Snecma, MTU, ITP) de quatre pays différents (Royaume-Uni, France, Allemagne, Espagne) sont réunis au sein du consortium EuroProp International. Ces entreprises sont concurrentes sur le marché civil et elles n'ont été associés que par le souhait de la France et de l'Allemagne de développer un moteur européen pour l'A 400M, plutôt que d'acquérir un moteur américain Pratt et Whitney. Leur collaboration est complexe et les ingénieurs rencontrent de sérieuses difficultés à mettre au point ce moteur dotés d'hélices à pas variables. Le principal échec tient pour l'instant au système électronique de régulation, le Fadec.

Les spécifications posent également un sérieux problème. L'A400M est, en apparence seulement, un avion européen : en réalité, chaque pays a demandé des spéficications particulières (comme pour l'hélicoptère NH 90) adaptées à ses besoins opérationnels. Les Français souhaitent un avion très performant dans le domaine tactique, les Allemands plutôt dans le stratégique, par exemple. Personne n'a tranché et surtout pas l'OCCAR, ce "machin" européen, chargé de la gestion du programme, qui s'est contenté d'accumuler les demandes des différentes armées de l'air.

Aujourd'hui, les critiques fusent. Le Financial Times Deutschland expliquait lundi que l'avion était trop lourd et qu'il transportait moins de fret que prévu (29 à 30 t. au lieu de 32 tonnes). Hier encore, le secrétaire d'Etat britannique à la Défense expliquait que "nous ne pouvons accepter un retard de trois à quatre ans dans la livraison de ces appareils", relançant l'idée d'acquérir de nouveaux Boeing C-17.

En France, les efforts portent plutôt sur une remise à plat du contrat, ce qui arrangerait l'industriel. Conclu en 2003, c''est en effet un contrat commercial - et non pas militaire ou étatique. Il était présenté alors, notamment par le ministère français de la Défense, comme un formidable progrès, l'entrée dans le monde merveilleux de l'économie de marché. Cinq ans après, de nombreux acteurs de ce dossier estiment qu'il s'agissait d'une "immense connerie".

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Mercredi 14 janvier 2009

Gaza: intenses combats dans la ville, l'aviation bombarde le sud

 

 

Une femme au milieu des décombres dans la ville de Gaza le 13 janvier 2009
© 2009 AFP (Mohammed Abed)
Une femme au milieu des décombres dans la ville de Gaza le 13 janvier 2009

De féroces combats continuaient d'opposer mercredi avant l'aube des activistes palestiniens aux soldats israéliens à Gaza-ville, tandis que l'aviation bombardait le sud de la bande de Gaza, un territoire où près d'un millier de Palestiniens ont péri depuis le 27 décembre.

Au 19e jour de l'offensive israélienne destinée à faire cesser les tirs de roquettes palestiniens contre l'Etat hébreu, des témoins ont noté une baisse de l'intensité des frappes aériennes à Gaza et dans le nord du territoire par rapport aux nuits précédentes.

Un Palestinien a toutefois été tué et 20 ont été blessés dans une frappe qui a détruit une maison du quartier de Cheikh Radouane, à Gaza, ont affirmé des médecins et des témoins.

"Des chars tirent sur les combattants palestiniens, qui ripostent avec leurs lance-roquettes. Il y a des tirs nourris de mitrailleuse des deux côtés", a déclaré dans la nuit un correspondant de l'AFP en décrivant la situation à Gaza et dans le nord. Aucun bilan de ces combats n'était disponible dans l'immédiat.

Le président palestinien Mahmoud Abbas, le 13 janvier 2009 à Ramallah (Cisjordanie)
© 2009 AFP (Abbas Momani)
Le président palestinien Mahmoud Abbas, le 13 janvier 2009 à Ramallah (Cisjordanie)

Mardi, le président palestinien Mahmoud Abbas avait accusé Israël de chercher à "anéantir" la population de la bande de Gaza, contrôlée par le mouvement islamiste Hamas. "Cette agression devient plus féroce chaque jour", avait dit à Ramallah (Cisjordanie) le leader du Fatah.

Au moins 70 Palestiniens ont péri mardi dans la bande de Gaza, portant à au moins 975 le nombre de Palestiniens tués et à plus de 4.400 celui des blessés depuis le 27 décembre, selon un dernier bilan du chef des services d'urgences à Gaza, Mouawiya Hassanein.

Au total, dix militaires et trois civils israéliens ont été tués.

En soirée, l'aviation a lancé des raids dans le nord et le sud du territoire, tuant au moins huit Palestiniens, dont trois enfants qui jouaient dans la rue à Jabaliya, selon les sources médicales.

Un Palestinien blessé le 13 janvier 2009 à Khan Yunis dans le sude de la bande de Gaza
© 2009 AFP (Mehdi Fedouach)
Un Palestinien blessé le 13 janvier 2009 à Khan Yunis dans le sude de la bande de Gaza

Parallèlement, les forces spéciales israéliennes ont progressé de plusieurs centaines de mètres après d'intenses combats à l'intérieur de certains quartiers de Gaza-ville, dont celui de Zeitoun, selon des témoins.

Dans le sud, les violents bombardements aériens contre la ville de Rafah, à la frontière avec l'Egypte, ont poussé des centaines d'habitants dans la rue à la recherche d'un refuge, selon l'ONG Care. Ils se sont poursuivis dans la nuit.

Le ministre israélien de la Défense Ehud Barak a affirmé que l'offensive avait atteint "la plupart" de ses objectifs "mais probablement pas tous".

L'armée israélienne a indiqué que les frappes aériennes avaient visé une centaine de cibles mardi, et notamment 55 tunnels utilisés pour la contrebande d'armes entre l'Egypte et la bande de Gaza. Dix-huit roquettes et obus de mortier ont été tirés mardi par des activistes palestiniens sur Israël, soit trois fois moins qu'au début de l'offensive. Aucune victime n'a été signalée.

"Nous avons remporté de très nombreux succès contre le régime, les infrastructures et la branche militaire du Hamas mais notre mission n'est pas terminée", a dit le chef d'état-major Gabi Ashkenazi, insistant sur le caractère "compliqué" des combats. Un haut responsable israélien a déclaré au site internet Ynet que le Premier ministre israélien de transition Ehud Olmert avait "défini deux objectifs: mettre fin aux tirs du Hamas et à ses activités terroristes et en finir avec le réarmement de l'organisation".

"Tant que ces deux objectifs ne sont pas atteints, nous ne cèderons à aucune pression" pour mettre fin à l'offensive, a-t-il dit. "Nous ne cherchons pas une sortie (de crise), mais un succès. Comme M. Olmert l'a défini, il nous faut une stratégie qui nous mène à un succès, quel que soit le temps que cela prendra."

Dans Gaza, le quotidien des Palestiniens est effroyable. Durée: 2min12
© 2009 AFP
Dans Gaza, le quotidien des Palestiniens est effroyable. Durée: 2min12

Sur le front diplomatique, le Caire attendait toujours que le Hamas s'engage sur son plan pour un cessez-le-feu. Le numéro deux du bureau politique du Hamas, Moussa Abou Marzouk, a affirmé qu'il y avait "une chance" que son mouvement accepte le plan si des modifications y étaient apportées.

Le numéro deux du bureau politique du Hamas en exil à Damas, Moussa Abou Marzouk, le 8 octobre 2008 au Caire
© 2009 AFP (Cris Bouroncle)
Le numéro deux du bureau politique du Hamas en exil à Damas, Moussa Abou Marzouk, le 8 octobre 2008 au Caire

Un émissaire israélien, Amos Gilad, doit se rendre jeudi au Caire pour discuter du plan.

A New York, le Conseil de sécurité de l'ONU a apporté son soutien au secrétaire général Ban Ki-moon avant son départ pour le Proche-Orient où il veut obtenir la fin des combats à Gaza, en application de la résolution 1860 appelant à l'instauration "d'un cessez-le-feu immédiat" et restée lettre morte.

A Washington, la secrétaire d'Etat désignée, Hillary Clinton, a assuré que l'administration de Barack Obama ferait "tous les efforts possibles" pour permettre un accord de paix entre Israël et les Palestiniens.

M. Olmert, a chargé son ministre des Affaires sociales, Yitzhak Herzog, de coordonner l'assistance humanitaire internationale à la bande de Gaza où la majorité des 1,5 million d'habitants vivant sous blocus, dépendent de l'aide étrangère.

Un million d'habitants vivent sans électricité, 750.000 sont sans eau et les hôpitaux fonctionnent grâce à des générateurs de secours !


En fait, à voir le manque de commentaires, la blogosphère se fiche éperduement du drame en cours...!

 

Gaza: un point sur la situation

Selon toute vraisemblance, l'opération israélienne à Gaza entre dans ces derniers jours. Sur le terrain, les officiers savent qu'ils ont jusqu'à lundi pour achever leur mission. En clair : tout doit être bouclé, mardi, jour de l'investiture du président Obama.

L'étau se resserre autour de la ville de Gaza, au nord-est du territoire. L'armée israélienne ne serait qu'à environ un kilomètre du centre-ville et elle avance extrêmement prudemment, à l'abri de tirs très puissants. D'autres unités seraient engagées à Jabalya, une zone urbaine au nord-est de la ville de Gaza. Si l'attention se porte sur ce secteur - le plus proche des villes israéliennes de Sderot et d'Ashdod qui subissaient les tirs de roquettes, l'essentiel se joue plus au sud, le long de la frontière avec l'Egypte. C'est par là que passe les armes qui approvisionnent le Hamas.

L'armée israélienne rencontre des difficultés pour détruire le réseau de tunnels, qui nous seulement traversent la fontière, mais également parcourent toute la bande de Gaza. Une entrée découverte peu conduire à cinq ou six sorties. Les forces spéciales du génie de combat (sayeret hayalom) sont particulièrement sollicitées. Elles auraient découvert des tunnels, partant de Gaza et menant en territoire israélien, faisant craindre des infiltrations terroristes.

Côté palestinien, les pertes atteindraient aujourd'hui près d'un millier de morts, dont sans doute plus de la moitié sont des combattants ou des militants du Hamas. La capacité de résistance militaire de l'organisation islamiste semble assez faible. Elle a pour l'instant infligé peu de pertes à l'armée israélienne - aucun blindé détruit par exemple. Rien à voir avec les capacités de combat du Hezbollah au sud-Liban.

Les tirs de roquettes continuent, mais plus sporadiquement. Le Hamas dispose d'engins portant à une quarantaine de kilomètres, la distance qui sépare Gaza de Beer-Sheva, la grande ville du Negev. La centrale nucléaire de Dimona, siutée à plus de 80 kilomètres de la bande, semble pour l'heure hors d'atteinte, mais Israël redoute l'effet - surtout médiatique et politique, d'ailleurs - de tirs contre ses installations nucléaires.

Dernier point : les opérations durent depuis le 27 décembre (soit 18 jours) et le front ne s'est pas élargi. Bien au contraire : la Cisjordanie, tenue par le Fatah, semble aujourd'hui déconnectée de Gaza, tenue par le Hamas. Quant au Hezbollah libanais, il s'est tenu prudemment à l'écart de ce conflit.

ANALYSE

   
 

13/01/2009

 
   
 

Tsahal: entre détermination et surestimation

 

Par Guillaume Belan, Rédacteur-en-chef de TTU Online

 
 

Lancé le 27 décembre, l’opération « Plomb durci » devait faire cesser les tirs de roquettes Qassam et Grad sur les villes israéliennes, qui avaient repris suite à la fin du cessez-le-feu, instauré depuis fin juin dernier. Mais l’enjeu pour Tsahal dépasse le seul cadre sécuritaire du sud du pays. Suite aux échecs de la guerre du Liban de 2006, l’objectif est aussi de redonner confiance à l’armée israélienne tout en réinstaurant le mythe de l’invincibilité de l’état hébreu. Premier bilan à chaud de trois semaines de conflit.

Les indicateurs étaient « au rouge » depuis plusieurs mois. Les hauts responsables militaires israéliens se relayaient pour prévenir de l’imminence du conflit à Gaza. « Nous sommes à un haut niveau d’alerte » confiait un officier israélien rencontré à Tel Aviv début du mois de décembre. « L’affrontement à Gaza est inévitable et pour bientôt » menaçait-il. « Le Hamas ne cesse de devenir plus puissant, mieux organisé et toujours mieux armé ». A la rupture du cessez-le-feu, mi-décembre, les explosions des roquettes Qassam et Grad d’origine iranienne se multiplient. La réponse de Tsahal ne se fait pas attendre. L’opération « Plomb durci » est lancée.

Avec près de 900 palestiniens tués à ce jour, Tsahal estime, probablement à juste titre, avoir porté un coup très dur aux structures politiques et militaires du mouvement radical islamiste.

Mais ce qui surprend est le peu de résistance armée de la part du Hamas, pourtant crédité à la veille des opérations de 15 000 combattants et de très nombreux armements. Mais, après près de 20 jours d’intervention israélienne, aucun tir de RPG n’a été enregistré tandis que l’armement sol-air du Hamas demeure inexistant. Le seul armement sérieux en possession du Hamas semble donc se limiter aux roquettes Fadjr, version iranienne du Grad russe, dont les tirs se poursuivent malgré les efforts de Tsahal.

Dans la même veine, les services de renseignements israéliens prévenaient que le terrain dans Gaza serait miné. Selon des officiers rencontrés sur place en décembre « des maisons sont bourrées d’explosifs prêts à être déclanchés dès l’arrivée de nos troupes, tandis que des IED sont placés en des points clefs. » Or, rien de tout cela ne semble avoir eu lieu. Pour preuve les pertes très légères de Tsahal, avec une dizaine de morts pour plus de 15 jours d’opérations, tandis qu’aucun blindé hébreu n’a été perdu.

Tsahal aurait-il surévalué les capacités du Hamas ? Tout porte à le croire.

Cette surévaluation peut trouver son fondement dans l’échec de la dernière guerre du Liban, où Tsahal avait eu à faire face à une résistance armée du Hezbollah bien mieux préparée que ce qu’escomptaient les responsables militaires israéliens. Le fait d’avoir en 2006 sous-estimé les capacités du Hezbollah pourrait avoir poussé Tsahal, traumatisé par cet échec, à avoir surestimé celles du Hamas aujourd’hui.

Reste que depuis 2006, le mythe de l’invincibilité de Tsahal avait été écorné. L’Etat hébreu ne pouvait pas se permettre de perdre à Gaza. D’où l’intensité des combats lancés par l’armée israélienne, qui se doit de restaurer sa capacité dissuasive. Comme un message adressé au Hezbollah et à l’Iran. Comme une preuve de sa détermination à assurer efficacement sa sécurité, quitte à fleurter avec l'inacceptable (utilisation de munitions au phosphore blanc).

De ce traumatisme de 2006, l’IDF (Israeli Defence Force) avait donc depuis deux ans, revu ses stratégies, ses équipements et ses modes opératoires. Redonner plus de place au combat d’infanterie (avec le développement d’un nouveau VCI, le Namer), améliorer les systèmes de blindages actifs (Trophy), développer un fusil d’assaut plus compact et efficace (le Tavor), miser sur le combat coopératif et le renseignement... (voir TTU n° 698)

Même si Tsahal n’a pas encore complètement achevé le virage de sa transformation aux lumières de la guerre du Liban, les leçons tirées sont aujourd’hui appliquées à Gaza. Mais Gaza n’est pas le Sud Liban, plus escarpé et moins habité ; et le Hamas n’est pas le Hezbollah, bien mieux organisé et armé.

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Vendredi 9 janvier 2009

Amos Gilad, l'homme
des missions sensibles 

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Le général de réserve israélien Amos Gilad (à gauche) discute avecson interlocuteur égyptien, Omar Souleiman, chef des renseignements.
Le général de réserve israélien Amos Gilad (à gauche) discute avecson interlocuteur égyptien, Omar Souleiman, chef des renseignements. Crédits photo : AP

Cet ancien espion était jeudi en Égypte pour négocier les conditions d'une trêve permanente à Gaza.

Amos Gilad est devenu l'un des hommes les plus influents d'Israël. Ce général de réserve a été choisi par le gouvernement pour aller en Égypte, jeudi, négocier les conditions d'une trêve dans la bande de Gaza. Homme des missions «sensibles», il ne faisait aucun doute que cette nouvelle tâche lui in­comberait. Fort de ses fonctions de responsable des questions politiques et de sécurité au ministère de la Défense, il a su en effet se rendre indispensable.

L'an dernier déjà, Amos Gilad, 54 ans, avait mis au point un cessez-le-feu dans la bande de Gaza, conclu en juin avec le Hamas par l'intermédiaire de l'Égypte. À l'expiration de cette trêve respectée tant bien que mal, il a tenté d'en obtenir la prolongation en se rendant de nouveau au Caire. En vain, ce qui a provoqué le déclenchement de l'opération israélienne en cours.

Lors de ces tractations, il est devenu l'interlocuteur privilégié des Égyptiens, notamment du gé­néral Omar Souleiman, le chef des renseignements militaires.

Ce dossier n'est pas le seul géré par Amos Gilad. Il a aussi mené les négociations avec les Égyptiens pour obtenir du Hamas la libération du soldat franco-israélien Gilad Shalit, enlevé en 2007 et détenu dans la bande de Gaza. Comme récompense pour ses services, il a été provisoirement nommé l'an dernier au poste clé de coordinateur des activités israéliennes dans les Territoires palestiniens, une fonction qu'il avait déjà occupée dans le passé.

 

Communicateur bourru

 

Sur un tout autre front, Ehoud Barak, le ministre de la Défense, lui a confié une mission de confiance. Il a été envoyé début décembre à Moscou pour tenter de convaincre les Russes de ne pas fournir à l'Iran et à la Syrie des systèmes de défense antiaériens de type S-300. Cet équipement ultrasophistiqué rendrait en effet plus périlleuse toute tentative de l'aviation israélienne de lancer des raids, contre les installations nucléaires iraniennes en particulier. Amos Gilad a été jugé, dans ce cas aussi, comme l'homme idoine en raison notamment den expérience acquise pendant des années comme haut responsable des renseignements militaires israéliens.

À ces multiples casquettes Gilad ajoute également celle de grand «communicateur». Cultivant vo­lon­tiers le ton bourru prêté aux militaires, il n'hésite pas à rabrouer les journalistes trop curieux. Ses pairs estiment néanmoins qu'il a le profil puisqu'il fut porte-parole de l'armée et avait été chargé en 2003, lors de l'invasion américaine en Irak, de rassurer la population sur les dangers potentiels de tirs de missiles à têtes chimiques ou bactériologiques contre Israël.

L'ascension d'Amos Gilad ne s'est pas faite sans lui valoir quelques inimités. Amos Malka, un ancien chef des renseignements militaires, l'a notamment accusé d'avoir «distordu» des rapports de ce service en vue de présenter Yasser Arafat comme un interlocuteur non crédible, peu avant les négociations de Camp David de l'été 2000. L'échec de ces discussions avait immédiatement été suivi par la deuxième Intifada et une vague de violences.

 

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Jeudi 8 janvier 2009

(De Pékin) Le quotidien japonais Asahi Shimbun vient de révéler que la Chine allait entamer la construction de deux portes-avions en 2009. Selon le journal, qui cite des "sources militaires et de l'industrie de la construction navale chinoise", l'objectif est d'achever la construction des deux navires avant 2015.

Les bâtiments, de 50 000 à 60 000 tonnes chacun, fonctionneront à propulsion conventionnelle. Ils devraient être confiés à la Flotte de Mer de Chine du Sud de l'Armée Populaire de Libération. Les plus grands chantiers navals au monde auraient été achevés cet automne sur l'île de Changxingdao, dans l'estuaire du fleuve Yangtze, près de Shanghai. L'un des quatre nouveaux docks serait destiné à la construction des portes-avions, selon le quotidien, rapportant les propos d'une "source proche des autorités municipales de Shanghai".

 
La marine chinoise contre les pirates

 


Deux destroyers et un navire ravitailleur chinois ont appareillé le 26 décembre pour les côtes somaliennes, afin de lutter contre les attaques des pirates contre des navires chinois. Le dernier cargo chinois à avoir été leur cible, le Zhenhua 4, n'avait été sauvé le 17 décembre que grâce à l'intervention de navires d'autres pays. Cette décision de Pékin est à la fois historique et de grande portée.

 

Pékin a souligné que les unités chinoises allaient "travailler", dans le cadre des résolutions anti-piraterie de l'ONU, avec la douzaine de navires des autres pays croisant dans les parages. Leur mission sera identique: escorter les cargos du Programme alimentaire mondial (PAM) et protéger les navires marchands, en priorité ceux battant pavillon national.

 

Un haut gradé de la marine chinoise aurait expliqué aux journalistes japonais que, la Chine étant de plus en plus dépendante du pétrole du Moyen-Orient, les portes-avions serviraient à sécuriser la voie maritime passant par le Détroit de Malacca et l'Océan Indien.

Une autre source militaire, anonyme toujours, et citée par le South China Morning Post évoque elle 4 porte-avions opérationnels d'ici à 2020, dont au moins un avant 2016.

Symbole de force nationale

La Chine a fait savoir depuis plusieurs années qu'elle envisageait de se doter d'un ou plusieurs porte-avions, sans donner officiellement de détails. "Un porte-avions est un symbole de force nationale et de compétitivité de la force navale. Le gouvernement chinois prendra en compte tous les facteurs et étudiera sérieusement la question" avait expliqué Huang Xueping, porte-parole du ministère chinois de la défense, le 24 décembre dernier.

A défaut de pouvoir totalement dissimuler ses projets d'acquisition ou de construction de portes-avions, la Chine a souvent joué sur la désinformation pour ne pas être transparente dans ce domaine hautement stratégique. Il faut donc prendre les révélations faites anonymement à la presse japonaise avec une certaine précaution. S'ajoutant aux déclarations officielles récentes, ces "fuites" probablement organisées laissent toutefois penser que le projet de construction est imminent, sinon déja entamé.

Pour Pékin, la plus grande difficulté aura été d'ordre technologique. Dans un premier temps, la Chine devrait importer les systèmes électroniques de commandement des navires de Russie et aurait déjà passé des commandes aux grands groupes de l'industrie de défense chinoise.

Casino repeint en gris militaire

La Chine a également cherché à acquérir des portes-avions d'autres pays, pour s'en inspirer. A la fin des années 90, elle a notamment acheté à l'Ukraine un porte-avions de technologie russe pas encore en service lors de l'effondrement du bloc soviétique, le Varyag. Il avait été acquis via une société écran basée à Macao, qui disait vouloir le transformer en casino.

Depuis, il a été transféré dans le port de Dalian, dans le Nord-Est du pays. Reste à savoir si l'armée chinoise compte simplement s'en inspirer ou si elle souhaite le rendre opérationnel. Difficile à déterminer. Mais on sait toutefois qu'il a été récemment repeint du gris clair de la Marine chinoise. Certains observateurs soulignent qu'il fait l'objet de travaux intensifs, visibles de l'extérieur, probablement plus qu'il n'en faudrait pour installer des tables de poker et des machines à sous. ..

Mais pendant ce temps là, la France n'envisage toujours pas un deuxième porte-avion...!

Voir mon article "Le Charles de Gaulle est à nouveau disponible"...!

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Mardi 6 janvier 2009

 

Trois gardés à vue après l'attentat contre la synagogue de la rue Rembrandt

20h00. L’enquête n’aura pas été longue. Deux semaines pile après l’attentat contre la synagogue de la rue Rembrandt à Toulouse, le procureur de la République Michel Valet a pu annoncer que trois personnes parmi lesquelles deux mineurs étaient en garde à vue au commissariat de la ville ce lundi soir.

De dangereux terroristes qui fuient à la première sirène d’alarme et abandonnent sur place leur matériel incendiaire et leur véhicule moteur tournant et portières ouvertes, ne sont peut-être pas de dangereux terroristes.

L’hypothèse d’un méchant coup perpétré par une équipe de bras cassés semble s’avérer. Au lendemain de l’attentat, le préfet de Région qualifiait d’ailleurs lui-même le tout d’acte «isolé plutôt qu’organisé».

Pour l’heure, aucune indication n'a été communiquée concernant l’âge, le sexe ou l’identité des gardés à vue. Les autorités n’ont pas non plus fait savoir si ces personnes étaient connues ou non des services de police. Le procureur Valet tient pour sa part à préciser qu’elles sont encore «présumées innocentes».

C’est dans la nuit du lundi 5 au mardi 6 janvier qu’une voiture-bélier a été projetée puis incendiée contre le lieu de culte Juif du quartier populaire de Bagatelle. Les témoignages aussitôt recueillis faisaient état d’au moins trois personnes aperçues en train de s’enfuir.

L’attentat qui n’a blessé aucune des quatre personnes alors présentes sur les lieux a cependant suscité beaucoup d’émotions et un débat politique dans le pays sur le thème : y a-t-il importation en France du conflit au Proche Orient ? Ce lundi soir, il n’y a en tout cas aucune émotion perceptible dans les quartiers voisins de la synagogue.
On va voir maintenant comment la justice va juger cet acte autement symbolique !

Hier soir la synagogue de la rue Rembrandt, dans le quartier de Bagatelle à Toulouse, a été la cible d'une attaque à la voiture piégée. Les dégâts sont limités et il n'y pas de blessé.


Hier soir la synagogue « Les Portes de la vérité », à Toulouse a été prise pour cible par un groupe d'individus qui a pris la fuite. Ils ont eu le temps de mettre le feu à une voiture. Photos DDM, Thierry Bordas

Une voiture entièrement calcinée bloque l'accès à la synagogue de la rue Rembrandt, dans l'ouest de Toulouse entre les pistes de l'hippodrome de la Cépière et les tours HLM de Bagatelle.

Les flammes, étouffées par les mousses utilisées par les pompiers, ont empêché le feu de gagner le lieu de culte et la haie d'arbres de la maison voisine. « Il était environ 20 h 50. À l'intérieur de la synagogue, le rabbin Guez animait un enseignement pour un groupe d'adultes. Ils ont entendu un grand bruit. L e temps qu'il ouvre la porte, la voiture était en feu… », rapporte un membre de la communauté juive. C'est un voisin de cette rue tranquille où les petites maisons se succèdent qui donné l'alerte. Pompiers et policiers sont arrivés très vite. Et ils ont découvert une deuxième voiture, une Ford Fiesta, garée à environ 50 mètres de la synagogue. « Elle contient des engins incendiaires », glisse un témoin. En effet, sur le siège arrière, deux bouteilles ressemblent à des cocktails Molotov. D'autres éléments suspects sont présents à l'avant de ce véhicule qui porte les traces classiques d'une voiture volée. Elle intéresse les enquêteurs et notamment les spécialistes de la police scientifique qui vont essayer de découvrir à l'intérieur des indices pour remonter la piste des auteurs de cette attaque. « Un attentat inadmissible », s'indignent plusieurs membres de la communauté juive toulousaine.


le désarroi

Dans le contexte de tension au Proche-Orient entre Israéliens et Palestiniens membres du Hamas, les juifs de Toulouse sont choqués mais à peine surpris. « Comme lors de l'Intifada, nous sommes pris pour cible. C'est regrettable », reproche un membre de l'association cultuelle israélite. « Jamais je n'aurais imagé que cette synagogue soit prise pour cible. Pour moi, elle était inviolable. C'est un lieu de culte, de fête, d'étude depuis trente ans. Jamais elle n'avait été visée… », confie un homme qui a l'habitude de s'y recueillir. Présidente du conseil des institutions juives de Toulouse et Midi-Pyrénées, Nicole Yardeni se dit « plus triste que révoltée ». « Comment dans notre pays, la raison ne peut pas prévaloir. Malheureusement, nous nous attendions à des agressions, à des manifestations mais il y a tant d'autres manières de s'exprimer… ». Hier soir quand l'attaque s'est produite à Toulouse, les représentants des institutions musulmanes et juives de France sortaient du ministère de l'Intérieur, à Paris. Une réunion pour « appeler au calme » et ne pas transposer en France les tensions du Proche Orient…


 La Dépèche 

Plus rien n'est respecté, ni les lieux de cultes, ni les biens des citoyens ! Ce n'est plus tolérable, il faut une justice qui applique la loi avec sévérité, sur tout le territoire de la république, ce qui n'a pas été le cas, avec les différents incendiaires arrêtés après la nuit de feu de la Saint Sylvestre.
Autre remarque, la réaction du maire de Toulouse dans les médias suite à cet acte odieux, tarde à venir !
JDD

Des incendiaires jouent à Gaza dans le quartier de Bagatelle à Toulouse

ATTENTAT. Le fracas du véhicule lancé contre la grille de clôture de la Synagogue de la rue Rembrandt à Toulouse hier soir lundi à 21h50 a fait sortir la poignée de fidèles qui y étaient réunis.

L’incendie consécutif du bolide n’a alors plus fait de doute. C’est un attentat qui visait le lieu de culte juif sous le périphérique de la ville, entre l’hippodrome et le quartier sensible de Bagatelle.

La synagogue elle-même est intacte. De même que les arbres qui la séparent des propriétés voisines. Ce sont les esprits qui se sont tout de suite incendiés.

Très tôt sur les lieux, les forces de police ont repéré un second véhicule prêt à l’emploi criminel, avec trois cocktails Molotov à son bord. Il aurait été abandonné avant son utilisation.

Désolé par cette manifestation de la «bêtise humaine», le président de la Maison de quartier de Bagatelle est au moins soulagé qu’il n’y ait «aucun blessé à déplorer». «Ce lieu de culte a toujours été protégé par tous», observe  Hafid ElAlaoui qui anime depuis cinq ans dans le quartier les Rencontres interculturelles musulmans, juifs et chrétiens. Les images télévisées du conflit dans la bande de Gaza auront selon lui «attisé les haines de quelques esprits crétins».

Anaëlle Khelif, la présidente toulousaine de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) parle, elle, d’une «montée fulgurante de l’antisémitisme» en France. Elle décrit «chaque juif français» comme pouvant devenir une «cible potentielle de la haine». «Nous ne voulons pas revivre le même cauchemar qu’en 2001», conclut-elle en avouant ne pas pouvoir décrire ce que fut ce cauchemar. «Le mot est peut-être un peu fort. Il peut faire très peur». Elle a choisi de l’employer, dit-elle, pour «percuter les esprits».

C’est encore Jean-Marc Izrine qui est le plus accablé. Ce syndicaliste militant d’une association d’insertion professionnelle dans un quartier populaire voisin de celui de Bagatelle revendique son appartenance à la communauté juive. Mais il en rejette le discours dominant : «Il y a une langue de bois de cette communauté, dit-il. Il faudrait croire que tous ses membres sont pour la paix et aiment les palestiniens». Il leur répond qu’Israël étant un état démocratique, ils n’ont qu’à y appuyer le «bloc de la Paix» plutôt que de «soutenir le vote pour les Faucons en jouant le réflexe identitaire».

Ce discours dominant «en contradiction flagrante avec les images du conflit vues tous les jours à la télé» aurait selon lui pour premier effet d’enfermer l’éventuelle communauté beur dans le rejet : «les jeunes autour de moi sont déjà exclus socialement. Ils ne supportent pas de devoir subir en plus cette langue de bois qui ferait des Arabes les méchants de l’affaire». Jean-Marc Izrine a raté la première. Il promet d’être de la prochaine manifestation de soutien aux Palestiniens de la bande de Gaza, «par internationalisme».

Si le «discours sioniste» peut y paraître dominant, développe-t-il, l’homogénéité de la communauté juive n’est selon lui qu’apparente. L’Union des Juifs pour le progrès défend des positions humanistes et «assume une judaïté critique, explique-t-il. Mais on ne voit et n’entend jamais que les organisations officielles».

Il y a cinq ans, la synagogue du quartier toulousain d’Empalot a déjà subi une agression semblable. La Maison de quartier de Bagatelle a alors fait signer une pétition de soutien et organisé des rencontres avec le rabbin des lieux. Ledit rabbin parti, sa communauté n’aurait pas donné de suite, regrette Hafid ElAlaoui. Les réactions communautaires ne sont pas les plus faciles à surmonter.

Ce mardi à 11h30, l’attentat de la nuit n’a toujours pas été revendiqué. Á deux rues de là, revenant de faire ses courses, un musulman pratiquant hausse des épaules : «ce ne sera jamais revendiqué. Ce sont des imbéciles sans suite dans les idées qui ont fait ça». Anaëlle Khétif préfererait en être convaincue.

GLv. Libération Toulouse

 


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Lundi 5 janvier 2009
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