Mercredi 13 août 2008

 

Le dalaï lama dénonce la répression "brutale" de la Chine auprès de Kouchner

 

 

Le dalai lama (2eD) au côté de Carla Bruni-Sarkozy (D), Rama Yade (G) et Bernard Kouchner à Roqueredonde, le 22 août 2008.
© 2008 AFP (Pascal Guyot)
Le dalai lama (2eD) au côté de Carla Bruni-Sarkozy (D), Rama Yade (G) et Bernard Kouchner à Roqueredonde, le 22 août 2008.

Le dalaï lama a dénoncé vendredi la répression chinoise "brutale" qui règne au Tibet, parallèlement aux jeux Olympiques, lors d'un entretien avec le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner dans un temple bouddhiste de l'Hérault à Roqueredonde.

"Sa sainteté a exprimé son sentiment sur la situation qui règne actuellement au Tibet et notamment qu'il y a une certaine forme de répression extrêmement brutale qui continue à régner en parallèle aux Jeux Olympiques", a déclaré à la presse son interprète en France, Matthieu Ricard, qui a assisté à la rencontre.

Le dalaï lama a aussi insisté sur le fait que pour gagner sa "respectabilité au sein de la communauté mondiale", la Chine, "une grande puissance", a "besoin d'une autorité morale" qu'elle n'obtiendra qu'en "marchant vers la démocratie".

L'épouse du chef de l'Etat Carla Bruni-Sarkozy et la secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme Rama Yade ont été également reçues par le dalaï lama mais n'ont fait aucun commentaire à la sortie.

Le dalaï lama et Carla Bruni-Sarkozy lors de l'inauguration du temple bouddhiste de Lérab Ling à Roqueredonde le 22 août 2008
© 2008 AFP (Philippe Laurenson)
Le dalaï lama et Carla Bruni-Sarkozy lors de l'inauguration du temple bouddhiste de Lérab Ling à Roqueredonde le 22 août 2008

Tout aussi discret, M. Kouchner a simplement lancé à la presse qu'il avait dit au dalaï lama qu'il était "toujours le bienvenu en France".

Le dalaï lama a rencontré vendredi 22 août Carla Bruni-Sarkozy et le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner. Durée: 0mn45
© 2008 AFP
Le dalaï lama a rencontré vendredi 22 août Carla Bruni-Sarkozy et le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner. Durée: 0mn45

Il s'agissait de la seule et unique rencontre entre des représentants du gouvernement français et le chef spirituel tibétain durant sa visite entamée le 12 août et qui se termine samedi.

L'Elysée avait indiqué que le président Nicolas Sarkozy ne recevrait pas le dalaï lama à cette occasion, ce qui a suscité les critiques de l'opposition en France. Le président américain Georges W. Bush ou la chancelière allemande Angela Merkel ont rencontré le religieux tibétain au cours de l'année écoulée.

L'annonce de la rencontre à Roqueredonde a été critiquée par le Parti socialiste qui l'a qualifiée de "séance de rattrapage après l'échec total de la diplomatie sarkozyste sur le dossier chinois".

Après l'inauguration du temple bouddhiste de Lérab Ling à Roqueredonde, Carla Bruni-Sarkozy a rencontré le dalaï lama à huis clos et ils ont évoqué "des sujets personnels", selon le représentant du leader tibétain en Europe, Jampal Chosang, ajoutant que Mme Sarkozy avait transmis "les salutations" de son mari.

M. Kouchner et Mme Yade les ont ensuite rejoints puis le chef de la diplomatie est resté seul quelques instants avec le dalaï lama.

M. Kouchner "a toujours eu une grande sympathie pour la cause du Tibet, donc son soutien personnel et en tant que ce ministre est tout à fait acquis. Il l'a clairement redit et il me semble que c'est parfaitement sincère", a souligné Matthieu Ricard.

Il a précisé que le ministre avait bien accueilli le fait que le Parlement tibétain en exil se réunirait en septembre pour proposer de nouvelles options aux Chinois, en vue de négociations sino-tibétaines le mois suivant.

A son arrivée, la première dame de France avait été accueillie par le dalaï lama qui lui a passé autour du cou une "kata", traditionnelle écharpe de soie blanche, symbole de bienvenue au Tibet.

Ils ont ensuite inauguré le temple, un centre international de retraite et d'enseignement fondé par le maître tibétain Sogyal Rinpoché, face au causse du Larzac. Près de 2.000 invités ont assisté à la cérémonie, parmi lesquelles l'ex-Premier ministre Alain Juppé et les actrices Juliette Binoche et Line Renaud.

Dernière mise à jour le: Vendredi 22 Août 2008, 18:29
  • Tibet : «le mur du silence s'est brisé» au Sénat

    Samuel Potier (lefigaro.fr)
    13/08/2008 | Mise à jour : 18:56 |
    Commentaires 24
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    Le dalaï-lama, main dans la main avec les parlementaires français qui l'ont reçu mercredi au Sénat. (Olivier Laban-Mattei / AFP)

    Pendant les jeux, la répression au Tibet continue, affirme le dalaï lama aux élus

    Heureusement, il n'y avait pas de plus petite salle au Sénat pour recevoir le dalaï lama...! Il y avait bien un cagibi qui sert de débarras, le président du Sénat n'a pas osé le mettre à disposition, pourtant cela aurait sans doute fait plaisir aux dirigeants chinois...!

     

     

    Le dalaï lama lors de son entretien avec des parlementaires au Sénat à Paris le 13 août

    Le dalaï-lama, main dans la main avec les parlementaires français qui l'ont reçu mercredi au Sénat. (Olivier Laban-Mattei / AFP)

    VIDÉO - Une quarantaine de parlementaires français ont reçu le dalaï-lama à huis clos au Sénat. A l'issue de la rencontre, ils ont multiplié les commentaires alarmistes et sans langue de bois sur le Tibet. Reportage.

    Le 13 août. Une date symbolique. Celle de l'édification du mur de Berlin, le mur de la honte, la barrière qui a divisé durablement l'Europe, dès 1961. Quarante-sept ans après, concernant cette fois-ci la crise au Tibet, «nous avons brisé le mur du silence», se réjouit le député UMP Lionnel Luca. Le président du groupe d'études sur le Tibet à l'Assemblée nationale, entouré d'une quarantaine de députés et de sénateurs, a reçu pendant une heure et demie le dalaï-lama au Sénat, à huis clos dans le bureau du sénateur UMP du Haut-Rhin Hubert Haenel, faute de salle disponible.

    Pas de réception officielle donc, le président du Sénat Christian Poncelet ayant mis son veto pour ne pas froisser la Chine. Mais grâce à la pression constante des parlementaires sur les autorités ces dernières semaines, le chef spirituel et temporel tibétain a pu arriver dans la cour d 'honneur du Palais du Luxembourg. «Pas par les égouts» comme le craignait, avec une pointe d'ironie, Lionnel Luca, qui estime que cette rencontre s'est tenue certes «a minima, mais pas en catimini». Voici les images de la visite du dalaï-lama mercredi au Sénat :

    Dans la matinée, lors d'une conférence de presse avant ce déplacement qui constituait la seule rencontre à caractère politique prévue jusqu'à présent durant sa visite de douze jours en France, il s'était borné à appeler la communauté internationale à «entraîner la Chine sur le chemin de la démocratie».

    Cette visite a été aménagée dans le souci de ne pas provoquer Pékin qui le considère comme un «sécessionniste», alors que les Jeux Olympiques battent leur plein en Chine. Pour tenter de couper court à la polémique née de la décision du président Nicolas Sarkozy de ne pas rencontrer le chef spirituel tibétain lors de cette visite, le gouvernement a par ailleurs annoncé que le dalaï-lama serait reçu le 10 décembre par le chef de l'Etat, avec les autres Prix Nobel de la Paix. Le dalaï-lama a ensuite rectifié, expliquant qu'il devait être en Pologne le 10 décembre, mais qu'il souhaitait tout de même être à Paris

    Mardi, le dalaï lama avait réaffirmé son «plein soutien» aux JO lors d'une visite à une pagode en région parisienne. Même au plus fort des troubles au Tibet, en mars dernier, le dignitaire religieux avait toujours jugé que la Chine «méritait» d'organiser les Jeux Olympiques.

Bernard Kouchner va rencontrer le dalaï lama qui s'inquiète pour la survie du Tibet

 

 

Le Dalai Lama (G) et le moine bouddhiste Matthieu Richard (D), le 13 août lors d'une rencontre avec des élus au Sénat à Paris
© 2008 AFP (Olivier Laban-Mattei)
Le Dalai Lama (G) et le moine bouddhiste Matthieu Richard (D), le 13 août lors d'une rencontre avec des élus au Sénat à Paris

Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner va rencontrer la semaine prochaine le dalaï lama, qui s'est inquiété jeudi du risque de voir mourir la civilisation tibétaine au troisième jour de sa visite en France.

La rencontre du prix Nobel de la Paix avec le chef de la diplomatie française devrait avoir lieu le 20 août à Nantes, a révélé l'un de ses proches, son interprète français Matthieu Ricard, en marge d'une visite au centre bouddhique de Plouray (Morbihan).

A la fin d'une allocution en anglais sur la "compassion", le chef spirituel tibétain a provoqué une vive émotion parmi les 4.000 à 5.000 personnes venues l'écouter lorsqu'il a évoqué "un risque que l'héritage, la culture et la civilisation tibétaines soient mourantes".

"Les évènements tragiques qui ont lieu au Tibet en ce moment menacent fondamentalement la culture, l'héritage et la Nation tibétaine", a-t-il poursuivi, après avoir remercié la foule pour son "soutien au peuple tibétain".

Bernard Kouchner le 13 août 2008 à Bruxelles
© 2008 AFP (John Thys)
Bernard Kouchner le 13 août 2008 à Bruxelles

Plusieurs drapeaux tibétains étaient visibles parmi les spectateurs, souvent venus en famille, assis sur une colline d'herbe surplombant le temple.

Accueilli dans le Morbihan par les autorités politiques et religieuses locales, notamment l'évêque de Vannes Mgr Centène, le XIVe dalaï lama avait d'abord assisté à une cérémonie privée devant quatre cent fidèles.

Il avait ensuite distribué les "kata", écharpes blanches de soie de bienvenue, à tous ses hôtes, avant de se voir offrir un chapeau noir breton qu'il a porté pendant plusieurs minutes.

Dans la matinée, le dalaï lama avait attiré 2.000 personnes au centre bouddhiste d'Aubry-Le-Panthou (Orne) pour un discours en faveur de la paix universelle.

En marge de ces rencontres, son interprète Matthieu Ricard a révélé la rencontre prochaine avec le ministre des Affaires étrangères. "Bernard Kouchner a exprimé le désir de le rencontrer. Il nous a téléphoné hier (mercredi) soir", a-t-il expliqué, soulignant que les deux hommes se connaissaient depuis longtemps.

Aucune rencontre n'était jusqu'à présent prévue entre des membres du gouvernement et le dalaï lama, dont la venue en France pour une tournée à vocation pastorale d'une douzaine de jours a suscité des tensions avec Pékin et une polémique au sein de la classe politique.

Lors du discours du dalaï lama à Aubry-Le-Panthou
© 2008 AFP (Mychele Daniau)
Lors du discours du dalaï lama à Aubry-Le-Panthou

Jeudi encore, la Chine a appelé la France à gérer "prudemment" la question tibétaine, en évitant "toute perturbation" de nature à compromettre les relations franco-chinoise à l'occasion de la visite du dalaï lama.

"Du point de vue des Tibétains, le fait de rencontrer le dalaï lama ce n'est pas anti-chinois", a souligné M. Ricard.

Le dalaï lama doit aussi rencontrer l'ancienne candidate PS à la présidentielle Ségolène Royal samedi à Nantes, où il doit dispenser pendant cinq jours un enseignement sur le bouddhisme.

Alors que l'absence de rendez-vous avec Nicolas Sarkozy a fait polémique dans la classe politique, le secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, a indiqué mercredi que le dalaï lama devait être reçu le 10 décembre à Paris par le chef de l'Etat avec l'ensemble des prix Nobel de la paix.

Le chef spirituel tibétain devait passer la nuit de jeudi à vendredi à Plouray. Il doit se rendre à Nantes dès vendredi pour une conférence sur la paix où près de 10.000 personnes sont attendues.

Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, indique dans le Journal du Dimanche qu'il ne rencontrera pas le dalaï lama le 20 août, comme l'avait annoncé Matthieu Ricard, interprète du chef spirituel tibétain, mais qu'il "espère" toutefois le rencontrer lors de sa visite en France qui s'achève le 23 août.

"Le 20, je ne peux pas", dit M. Kouchner, ajoutant que la visite du dalaï lama est une "visite privée. Sans flonflons, ni trompettes".


  Kouchner ne rencontrera pas le dalaî lama...!


Jeudi, M. Ricard avait indiqué : "Bernard Kouchner a exprimé le désir de le rencontrer. (...) Il va y avoir une rencontre". Interrogé sur la date, le moine bouddhiste français proche du prix Nobel de la Paix avait répondu : "Ce sera le 20 août à Nantes".

Dans le JDD, M. Kouchner fait savoir qu'il a appelé le dalaï lama "cette semaine au téléphone", ajoutant : "Je vois mon ami le dalaï lama à chaque fois qu'il vient en France".

"J'espère pouvoir le rencontrer", dit-il, ajoutant que son "calendrier a été bouleversé par la crise géorgienne".

Le dalaï lama a entamé lundi une visite de 12 jours en France, qui a suscité des tensions entre la France et la Chine alors que se déroulent actuellement les JO à Pékin.

Ses rencontres politiques ont pour l'instant été limitées. Il a été reçu mercredi à huis clos au Sénat par un groupe de parlementaires, il a rencontré samedi l'ex-candidate PS à la présidentielle Ségolène Royal et doit faire de même lundi avec le député maire PS de Nantes Jean-Marc Ayrault.

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Par Militant - Publié dans : Politique - Communauté : Esotérisme et Spiritualité
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