Secret Défense/LIBERATION
Des photos de certains soldats français tués dans l'embuscade circulent en Afghanistan et sans doute au Pakistan. Un homme, présenté comme un "extremiste", c'est-à-dire un insurgé, a
été récemment arrété à Surobi, non loin du loin du lieu de l'embuscade en possession de telles images. "Nous avons trouvé une clé USB sur lui. Elle contenait des photos de soldats
français morts et de civils exécutés ou décapités par les talibans" a déclaré à l'AFP le gouverneur du district de Surobi, Sayed Sulaiman. L'homme est présenté comme étant de nationalité
pakistanaise. Selon le gouverneur du district, "des documents et des indices indiquaient que cet homme envisageait un attentat-suicide". D'autres informations font état d'un DVD,
circulant déjà au Pakistan, qui comprendrait des vidéos tournées par les talibans au cours de l'attaque contre les Français. Aucune image des combat n'est pour l'instant disponible - si tant
est qu'elles existent - du côté de l'Otan.
L’embuscade n’était pas préparée. Nous avons juste été prévenus un peu avant l’attaque de la présence de soldats étrangers sur notre territoire. Ensuite, nous avons agi très rapidement. Ce
n’était pas compliqué. Nous disposons de caches d’armes un peu partout et nous connaissons évidemment bien le terrain. Nous étions positionnés avant qu’ils arrivent. Cent quarante combattants
bien entraînés. Si la nuit n’était pas tombée, nous les aurions tous tués.
Non. Ces hommes sont morts à cause de Bush et de votre président. Nous n’avons pas voulu tuer vos maris ou vos enfants. Nous n’en voulons pas aux Français. S’ils partent, alors tout ira bien.
Tant que vous resterez chez nous, nous vous tuerons. Tous.
Nous recommencerons. Par cette attaque, nous avons voulu montrer aux soldats français qu’il faut cesser d’aider les Américains. Et croyez-moi, c’était juste une sommation. La prochaine fois, nous
les attaquerons directement là où ils se terrent, à Tagab et ailleurs. Et nous frapperons les intérêts français partout dans le monde. Nous en avons largement les moyens. Nous ne sommes pas seuls
ni isolés dans ces montagnes.
Les gens ne nous soutiennent pas vraiment. Nous les laissons tranquilles et ils ne nous trahissent pas. Mais de plus en plus de jeunes nous rejoignent à cause des bombardements de l’Otan. Une
maison bombardée, c’est un nouveau combattant à nos côtés. Ça s’appelle l’esprit de vengeance. C’est normal. Surtout ici.
Nous sommes tous afghans. Nous n’avons pas besoin des autres. Nous défendons notre pays. C’est une guerre de libération. C’est tout. Mais il y a des liens entre groupes, jusqu’au-delà des
frontières. Armes, argent, combattants passent d’une région à l’autre. D’un pays à l’autre. Facilement.
Aucune négociation tant que les étrangers sont sur notre territoire. Nous nous en prenons à vos soldats, nous nous en prendrons à vos organisations humanitaires. Nous allons continuer à défendre
notre pays. Jusqu’au bout. Jusqu’au dernier des nôtres. Il faudrait tous nous tuer pour en finir .
Les talibans qui ont tué dix soldats français dans une embuscade le 18 août promettent le même sort à l'ensemble des troupes françaises déployées en Afghanistan, tandis que Paris s'apprête à
renforcer son dispositif militaire.
"Tant que vous resterez chez nous, nous vous tuerons. Tous", a lancé le "commandant Farouki", chef militaire taliban déniché par des reporters de Paris-Match avec 27 de ses hommes quelque part
dans la province de Laghman, entre Kaboul et les zones tribales pakistanaises.
"Ces menaces n'entament aucunement ma détermination, ni celle de mes hommes", a assuré à RTL le colonel Jacques Aragonès, à la tête des 700 soldats français déployés en renfort en Kapisa (est),
affirmant n'avoir "rien à répondre" à des talibans passés maîtres, selon lui, en "opérations de propagande".
Après avoir fait parler les armes, le commando taliban joue sur l'image et les symboles. Les photos de Paris-Match à paraître jeudi montrent en particulier deux combattants islamistes arborant
des Famas, le fusil d'assaut des forces françaises pris aux soldats tombés dans l'embuscade.
L'un d'eux porte un uniforme français quasi-complet: casque lourd, gilet pare-éclats, Famas surmonté de sa lunette de tir. Comme par défi, il arbore jusqu'au masque de protection dont ont été
spécialement dotées les forces françaises en Afghanistan pour se protéger contre les éclats.
Le commando afghan a pris soin de signer son embuscade. Il a remis aux journalistes de Paris-Match l'une de ses prises de guerre, la montre de l'un des soldats tués afin qu'elle soit restituée
à ses proches.
Ils "tenaient à remettre cet objet pour montrer qu'ils étaient de bonne volonté vis-à-vis de nous, à condition que les (soldats) français s'en aillent (d'Afghanistan) d'ici à la fin du
ramadan", a expliqué à Europe 1 la photographe de Paris-Match, Véronique de Viguerie. Le ramadan prendra fin cette année le 2 octobre en Afghanistan.
Dix jours plus tôt, le parlement français se réunira pour la première fois depuis 1991 et la guerre du Golfe afin de se prononcer sur la poursuite de l'engagement français en Afghanistan.
A cette occasion, le Premier ministre, François Fillon, devrait annoncer les "aménagements" dans le dispositif
militaire français en Afghanistan, indique-t-on de sources proches du dossier. Il devrait aussi réaffirmer le credo français, mais aussi de l'Otan, d'opérations militaires conjuguées à des
actions de reconstruction.
Le chef d'état-major des armées, le général Jean-Louis Georgelin, est arrivé mercredi sur le "théâtre des opérations" pour déterminer précisément les besoins. Et plusieurs conseils restreints
se réuniront autour du chef de l'Etat et des armées, Nicolas Sarkozy, à l'Elysée.
Trois jours après l'embuscade meurtrière tendue par les talibans, le ministre de la Défense, Hervé Morin, indiquait déjà que la France devait accroître sa "capacité de reconnaissance et
renseignement" en Afghanistan, évoquant notamment les drones (avions sans pilote).
Mais il pourrait aussi s'agir d'un ou plusieurs hélicoptères (Caracal, Super Puma, Cougar...) ou d'un retour des forces spéciales, hypothèse également avancée par le ministre.
Les forces françaises en Afghanistan -plus de 3.000 hommes actuellement- n'ont cependant pas attendu pour "durcir" leur dispositif face à une guérilla qui s'apparente à celle des insurgés
irakiens.
Mais qu'attendons nous pour agir et détruire cette bande de talibans qui nous narguent, et venger nos morts?
Si notre mission est de ne faire des convois d'ouverture de route alors c'est foutu !
Soldats du 8e RPIma.
_________________
interview de notre envoyée spéciale à Castres Caroline Fontaine
Combattant de la guerre d’Algérie sous les ordres de Bigeard et chef du corps expéditionnaire français à Beyrouth en 1983, le général François Cann s’insurge.
Paris Match. Notre stratégie en Afghanistan est-elle appropriée?
Général Cann. Elle est inadaptée. Complètement. L’Otan n’est pas faite pour ce genre de guerre : des opérations immuables, des convois blindés, mécanisés qui sillonnent un pays au réseau
routier précaire dont vous ne pouvez vous écarter. Les talibans tiennent le terrain, ils nous attendent.
Quelle stratégie faudrait-il adopter?
En Algérie, nous avons renversé l’insécurité en laissant les blindés au garage pour s’immerger sur le terrain et prendre la place des rebelles. La partie a été gagnée lorsque nous avons repris
l’initiative et qu’ils ont découvert l’insécurité. La France a une grande expérience de la contre-guérilla. Il faut en profiter. Nous devons faire peur à l’adversaire.
La jeunesse de nos soldats, leur inexpérience peuvent-elles être mises en cause?
La jeunesse n’a rien à voir avec l’ancienneté et l’expérience. Il n’y a pas de vieux soldats dans l’infanterie. En revanche, il est vital à la guerre de ne pas toucher aux structures qui se
sont rodées à l’entraînement. La 4e compagnie était détachée auprès du régiment de marche du Tchad, dont la valeur n’est pas en cause. Mais a-t-on déjà vu une équipe de rugby entamer un match
avec des joueurs qu’elle ne connaît pas?
Notre armée semble aussi manquer cruellement de renseignements. Comment y remédier?
Les informations données par les habitants, terrorisés par les talibans, sont inexistantes. En gagnant cette contre-guérilla, vous gagnez peu à peu leur confiance. C’est l’enjeu de la guerre.
Il nous manque aussi tous les moyens intermédiaires du renseignement : forces spéciales noyées dans la nature, hélicoptères et drones pour lesquels il faut un effort urgent. Il est criminel de
laisser crapahuter nos unités terrestres en aveugle. Il faut aussi une opération de pacification, qui consiste à quadriller le terrain pour redonner confiance aux habitants, les aider à
travailler, et... construire des réseaux routiers, donner des soins médicaux, scolariser les enfants.
Certains éléments de l’armée afghane auraient trahi les forces de l’Otan. Comment travailler avec eux?
On renverse les populations facilement. C’est une question de rapport de force. Les talibans font pression sur les familles des soldats. Il est donc important que la contre-guérilla aboutisse.
Nos harkis étaient nombreux et fidèles. A la fin de la guerre, les déserteurs du FLN qui venaient vers nous étaient plus nombreux que les Algériens qui allaient vers eux.
Sommes-nous réellement préparés à cette guerre?
Notre adversaire connaît notre talon d’Achille : l’opinion publique. Encore deux embuscades et l’engagement français risque d’être compromis. En Indochine pendant huit ans et en Algérie pendant
sept ans, on a perdu chaque jour dix hommes en moyenne sans que ces deuils, aussi émouvants et respectables soient-ils, ne déstabilisent la nation. Douze paras sont morts en opérations
extérieures depuis 1963. Dans le même temps, cent vingt ont été tués en voiture en retour de permission! Un deuil est douloureux, mais la mort au combat est inscrite dans le devoir du
soldat.
Pensez-vous vraiment que l’opinion publique acceptera de payer le prix humain des combats?
Les Canadiens, les Américains ont subi des pertes plus lourdes. Pourtant, ils sont restés discrets. En affichant cette charge émotionnelle, on s’affiche comme les plus vulnérables.
Comment peut-on gagner cette guerre?
Il faut doubler nos effectifs et ceux de l’armée afghane afin de contrôler tout le terrain. Il n’y a aucune raison qu’Al-Qaïda ne s’arrête dans le temps et aux frontières de la France. Or
l’Afghanistan est son sanctuaire. Notre survie est engagée là-bas.
JDD
DERNIERE MINUTE !
Départ demain matin pour l'Afganistan de 350 paras du 3°RPIMA !
Changement dans le rythme des Opex. Selon l'état-major des armées et l'armée de terre, le contingent sur le départ pour l'Afghanistan devrait rester six mois sur ce théâtre et non
quatre comme c'était le cas jusqu'à présent. Ce contigent, issu de la 11 ème brigade parachutiste, va relever le Batfra (Bataillon français) de la RCC Kaboul (Regional Command Capital)
armé actuellement par le RMT (Régiment de marche du Tchad). Il ne s'agit donc pas de renforts, mais d'une relève prévue de longue date. Le déploiement va durer environ deux semaines et
la relève sera complète vers le 20 septembre. Le nouveau Batfra sera formé de trois compagnies du 3ème RPIMa ainsi que d'unités de la BP (RHP, RAP ou RGP).
Tiens les paras de l'ex régiment de Bigeard, ne sont plus des amateurs, mais une troupe d'élite comme leurs camarades du 8°RPIMA !
Souhaitons que l'on trouve quelques hélicoptères CARACAL pour le transport, la reconnaissance et l'appui feu aérien !
Allez les

Bigeards boys, good luke !
.Les familles et l'armée sous le choc des photos d'Afghanistan ! Qu'attend l'ISAF pour intervenir ?
Une réponse immédiate significative, aurait montré aux talibans que l'Otan n'est pas un tigre de papier !, Mais l'ISAF en a t'elle les moyens ?
Fin août, des soldats français de l'Otan patrouillent près de Sarobi, à l'est de Kaboul. Crédits photo : AFP
Un général français qui commande la région de Kaboul se dit « révolté » par la publication dans Paris Match des clichés de talibans portant l'uniforme des soldats français morts le 18 août
dernier. «C'est abject» a déclaré le père d'un soldat tué.
Alors que le dernier numéro de Paris Match vient seulement de paraître, la polémique enfle. L'hebdomadaire a en effet choisi de diffuser des photos
des talibans responsables de la mort de dix soldats français le 18 août dernier ainsi qu'une interview d'un des
responsables du commando. La publication de ce reportage, et notamment les photos qui l'accompagnent sur lesquelles on peut voir deux talibans vêtus d'une veste militaire
française et portant une arme volée aux soldats tricolores, a choqué le père d'un militaire tué en Afghanistan. «C'est abject. Cela fait beaucoup de mal de voir ces assassins (…) de les
voir parader avec les vêtements des enfants qu'ils ont tués», a ainsi déclaré Joël Le Pahun, interrogé par l'Agence France-Presse. Joël Le Pahun a espéré toutefois que la publication de ces
images soit «un mal pour un bien, que les Français prennent conscience du risque que les talibans peuvent engendrer».
Derniers Commentaires