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9 septembre 2008 2 09 /09 /septembre /2008 10:41
Je reprend ici un article de Jean Guisnel du Point !

Publié le 05/09/2008 à 09:33 - Modifié le 05/09/2008 à 16:18 Le Point.fr

Le scandale du véhicule blindé refusé aux chasseurs alpins partant en Afghanistan

par Jean Guisnel

 

Véhicule blindé à haute mobilité © DR

 

Le dossier est extrêmement sensible. Brûlant même. Il suscite, dans l'armée de terre en général et dans l'infanterie en particulier, des réactions indignées, même si elles demeurent encore discrètes.
Cette affaire concerne l'achat d'un petit véhicule blindé à chenilles moderne, relativement bon marché au regard des prix habituels des armements (environ un million d'euros pièce), et surtout parfaitement approprié pour les conditions du combat en montagne. Cet engin que les Français appellent le VBHM (véhicule blindé à haute mobilité) est original car composé de deux unités distinctes et articulées, l'une à l'avant pouvant transporter cinq combattants, et l'autre à l'arrière, vers lequel la transmission peut être basculée. Il serait bien meilleur, à tout le moins, que le véhicule de l'avant blindé (VAB 4x4) mal adapté aux routes défoncées d'Afghanistan, et incapable de se mouvoir en tout-terrain escarpé. Ce qui oblige les fantassins à sortir trop tôt de leurs VAB lorsqu'ils doivent crapahuter en dehors des routes. Ce fut le cas lors de l'embuscade d'Uzbeen, le 18 août dernier. Un officier précise : "Cet engin offrirait une excellente sécurité pour les personnels, en nous affranchissant du passage par routes ou des pistes en mauvais état... Quand un VAB verse dans un ravin, le VBHM passe."

"La DGA nous a mis tous les bâtons possibles dans les roues"

Deux entreprises fabriquent de tels engins. Les Suédois d'Hägglunnds, filiale de BAE Sytems, produisent le fin du fin en la matière, et viennent de sortir le BVS 10 Viking , nouvelle version de leur BV 206 vendu dans ses différentes modèles à 4.000 exemplaires dans le monde. Son nouveau blindage résiste à des tirs de mitrailleuses de 7,62 mm, et à des éclats d'obus d'artillerie. Il possède un "tourelleau téléopéré", qui permet éventuellement au servant de sa mitrailleuse de bord de tirer en demeurant protégé. Tous les officiers de l'armée de terre que nous avons interrogés considèrent que cet équipement serait aussi indispensable pour les troupes françaises présentes en Afghanistan que pour les troupes britanniques qui disposent sur place de cet engin .
La seconde entreprise produisant un équipement du même ordre est la société singapourienne Singapore Technology Kinetics, fabricant le modèle Bronco . "Il ne s'agit que d'une pâle copie, moins chère il est vrai", assène un expert français.

Les chiffres sont précis, et l'armée de terre estime que pour équiper un GTIA (groupement tactique interarmes) complet en Afghanistan, il lui faut une centaine de véhicules. Selon nos informations, cette demande a été présentée explicitement par le commandement des forces terrestres, basé à Lille. L'armée française dispose d'une version ancienne de cet engin, le BV 206S. À 11 exemplaires exactement, tous affectés au 7e bataillon de chasseurs alpins de Bourg-St-Maurice. C'est une autre unité, le 27e BCA d'Annecy, qui partira en Afghanistan fin novembre. Avec huit des engins de leurs camarades du "7", les trois derniers restant en France pour l'entraînement.
"Cette affaire est un véritable scandale, s'offusque un officier d'état-major. La DGA (Délégation générale pour l'armement) nous a mis tous les bâtons possibles dans les roues, a combattu par tous les moyens imaginables cette acquisition. Au gré des arbitrages budgétaires, elle a eu gain de cause à l'état-major des armées."

"Supprimons un Rafale et achetons ces engins en urgence !"

Depuis le début des années 2000, tous les chefs d'état-major de l'armée de terre successifs se sont battu pour obtenir l'acquisition de ce matériel, afin d'en équiper deux types d'unités. Les troupes de montagne, "car l'hiver dans la neige, il n'y a pas photo, ça passe où rien d'autre ne peut avancer. Sous la neige, les alpins partant en Afghanistan veulent aller n'importe où, visiter des villages difficilement accessibles, assurer la présence", dit un officier d'infanterie. Qui rappelle en souriant que lors de sa dernière visite au plateau des Glières, Nicolas Sarkozy a dû être transporté à bord d'un engin de ce type pour pouvoir atteindre le mât des couleurs... Les troupes amphibies de la 9e brigade légère de marine et de la 6e brigade légère blindée veulent aussi bénéficier des atouts de cette machine, qui possède des qualités "nautiques" lui permettant de franchir des rivières, voire de débarquer d'un navire en bord de plage.
Ce refus par la DGA d'acheter ces véhicules avait suivi des procédures pourtant réglementaires de l'armée de terre, qui souhaitait au départ acquérir 192 VBHM. En réalité, la colère de l'armée de terre vise un important cadre de la DGA, qui a aujourd'hui quitté l'établissement : "Contre notre demande sensée et réfléchie d'équipements nécessaires à nos soldats en Afghanistan, il a chipoté, cassé les pieds à tout le monde, posé des tas de questions pour finalement nous dire que nous n'avions pas besoin de cet armement, en convainquant l'état-major des armées", fulmine cet officier d'état-major qui ne décolère pas.
Il y a quelques semaines, devant la dégradation palbable de la situation en Afghanistan, l'armée de terre a finalement arraché une révision du dossier. Mais les technocrates n'allaient pas s'avouer vaincus aussi facilement, et ils ont imposé que l'état-major "exprime une nouvelle définition du besoin, et revoie ses ambitions à la baisse", explique un spécialiste. Résultat : l'armée de terre a effectivement réduit sa demande d'un tiers pour ne plus demander que les 129 exemplaires qu'elle estime nécessaires de toute urgence pour l'Afghanistan. En laissant entendre qu'elle sait déjà que l'engin correspondant à ses besoins est le BVS 10 Viking. Sauf qu'en recevant un ordre ministériel de lancer l'acquisition, la DGA aurait compris, selon un de ses interlocuteurs : "On lance une consultation technique pour évaluer les deux matériels disponibles. Et quand on l'aura décidé, si tout va bien, on discutera vers 2010 avec le fournisseur que nous aurons choisi. Ensuite, il faudra que les chaînes de fabrication tournent."
C'est peu dire que les fantassins sont furieux. Un officier général possédant pourtant le calme des vieilles troupes a déclaré au Point.fr : "Cette affaire est typique. Le besoin est indiscutable, cohérent. Supprimons un Rafale et achetons ces engins en urgence ! Si nous les avions, cela pourrait sans doute sauver des soldats qui vont se faire tuer... Mais hélas, l'état-major des armées n'est pas sensible à ce type de besoin. C'est complètement con !".
Le 2 septembre dans la journée, nous avons sollicité les points de vue de la DGA et de l'état-major des armées sur ce dossier. Aucune réponse ne nous était parvenue le 5 septembre en début de matinée.

Voilà encore un article de plus à prendre en considération ! Quand je dis que la réforme de l'armée n'est que budgétaire  !

14/09/2008

Hervé Morin contre Pierre Lellouche : guerre ou pas guerre en Afghanistan ?

Le ministre de la Défense Henri Morin refuse toujours de parler de "guerre" en Afghanistan, comme il le redit dans une interview donnée au quotidien Les nouvelles calédoniennes, à l'occasion de sa visite en Nouvelle-Calédonie.  "Je refuse d'employer [le terme de guerre] pour deux raisons très simples : nous ne sommes pas là-bas pour faire la guerre, mais pour faire la paix, en vertu d'une résolution des Nations Unies pour le maintien de la paix. La deuxième raison, c¹est qu'une guerre, c'est une guerre entre deux Etats, avec une déclaration de guerre. Donc ça n¹est pas une guerre au sens où on veut l'entendre, même s'il y a des opérations qui ressemblent bien entendu à des actes de guerre, dans le cadre des missions qui sont menées par les forces. C'est une opération de maintien de la paix, pour permettre à l¹Afghanistan de vivre enfin en paix."

Le député UMP de Paris, Pierre Lellouche, n'en est pas du tout convaincu : "Contrairement à ce qu'affirme le ministre de la défense Hervé Morin, c'est une guerre, et non une opération de police internationale" dit-il dans un entretien au Monde. "Le reproche que l'on peut faire aux autorités politiques et militaires françaises, c'est de ne pas avoir clarifié la présence de notre pays en Afghanistan". Le député estime que "la stratégie de l'Otan en Afghanistan est un échec, puisque la guerre s'amplifie dans ce pays".  Pierre Lellouche vient d'être chargé d'une mission parlementaire d'évaluation de la situation de l'Afghanistan, avec le député (PS) François Lamy.

Rappelons qu'il a fallu attendre 1998 pour que la France parle officiellement de "guerre d'Algérie", soit 36 ans après la fin de ce qu'il convenait d'appeler les "évènements".

Il y a des morts tous les jours, des soldats de l'ISAF et Afgans, des talibans, et des civils, cela s'appelle comment ?

Depuis cet été, alors que les troupes françaises s'engagent plus avant dans les combats aux côtés des Afghans, les attaques des talibans se multiplient.

Des officiers français, l'air anxieux, s'affairent autour de l'immense carte punaisée au mur de planches. On y voit Kaboul et, marquée de multiples flèches multicolores, une ligne sombre qui file plein sud. Depuis un mois, cet axe qui relie la capitale afghane à Kandahar, cœur de l'insurrection, cette simple route à deux voies appelée Highway 1, est le théâtre d'opérations le plus dangereux pour l'armée française.

Les regards sont fixés sur une grosse marque jaune. Elle pointe le site Airborn, dans la province du Wardak, première base avancée, à une trentaine de kilomètres de Kaboul. Près de vingt soldats français vivent depuis un mois dans ce camp, un site isolé dans une plaine beige de poussière, balayé par les vents. La FOB (pour Forward Operating Base) ressemble point par point aux centaines d'autres qui parsèment le pays. Un quadrilatère de Bastion Walls, des cubes en treillis métallique remplis de pierres qui font efficacement office de murailles, des défenses en béton, le tout ceinturé de kilomètres de barbelés. Seul le drapeau français entre les bannières américaine et afghane apporte un rien d'originalité.

Devant la grosse bicoque jaunâtre, aux fenêtres crevées et aux murs fissurés, qui sert de PC aux Français, le lieutenant-colonel Bartholdi ne prête plus depuis longtemps la moindre attention au décor. À la tête de l'OMLT (Operational Mentoring and Liaison Team) du 3e Kandak, les bataillons afghans du 201e corps, l'officier et ses hommes ont d'autres soucis. «On vit ici presque tous les jours des scènes de combats que l'on ne rencontrait jusqu'alors pratiquement jamais», affirme-t-il avec un sourire qui ne parvient pas à dissimuler les tensions et la fatigue accumulées.

Officiellement pourtant, la mission de ces 50 soldats, presque tous issus du 35e régiment d'infanterie (RI) de Belfort, était simple. À son lancement, en 2006, on la disait même sans grand risque. Il s'agissait d'assurer la formation des troupes afghanes et les liaisons avec les forces de la coalition, notamment l'appui aérien et les opérations d'évacuation des blessés. Depuis, la rébellion a gagné en intensité et les instructeurs français se sont mués en conseillers militaires au plus près sur le terrain. Embuscades, attentats, attaques… L'OMLT a connu toutes les phases de la guérilla et de la contre-guérilla. «On nous dit que l'armée française n'est pas en guerre en Afghanistan. Je veux bien, mais quand même cela y ressemble beaucoup», grince un officier supérieur à Kaboul.

Le tournant, entre ce rôle de professeur et celui de troupes d'appui, engagées sous le feu, a été pris à la mi-juin. L'insurrection lance alors une offensive. Le gouvernement afghan réagit et décide d'envoyer le 201e corps. Paris hésite à engager à sa suite dans le chaudron qu'est le sud du pays les Français qui encadrent le 201e. Au nom de la solidarité, Nicolas Sarkozy donne finalement son feu vert. «C'était la bonne décision, assure le sergent-chef Thomas. L'ANA (l'Armée nationale afghane, NDLR) ne nous respecterait pas, ne nous écouterait pas si on devait rester à l'arrière. Or si on veut qu'un jour l'ANA soit capable de se défendre seule, il faut de la formation.  » Dans le cours de l'été, les «Taleb'», comme les Français surnomment les insurgés, grignotent du terrain. Ils remontent comme par capillarité le long de Highway 1, de leur bastion de Kandahar jusqu'aux portes de Kaboul. En réponse, le 201e s'y installe, les Français une nouvelle fois sur leurs talons.

 

Les armes du pauvre

 

La route est pour l'Isaf, la mission de l'Otan en Afghanistan, un axe vital. Pour la soixantaine de soldats américains qui partagent avec l'ANA et les OMLT le camp Airborn, la «One» est simplement la «route des IED», acronyme d'Improvised Explosive Devices, les mines improvisées que la rébellion pose le long de la chaussée. Cette arme du pauvre, le plus souvent confectionnée d'obus reliés à un détonateur, se montre redoutablement efficace. Elle a saigné les troupes US en Irak et use les nerfs du contingent de l'Otan en Afghanistan. Les IED ont fleuri le long de Highway 1, quatre-vingts en trois mois. Le colonel Bartholdi y voit la preuve que «le déploiement ennuie les talibans».

«Les Américains disent que ça ressemble de plus en plus à l'Irak et on a tendance à les croire», affirme le caporal Arnaud. L'homme ne cache pas son admiration pour l'armée américaine. «Au-delà de leurs moyens incroyables, ils ont acquis une expérience de ce type de guerre ici et en Irak très précieuse. Pour gagner en efficacité et limiter les pertes, on a tout à gagner à s'inspirer de leur mode opératoire.» Le sous-officier sait bien que les véhicules blindés français (VAB) ne résisteraient pas mieux que les Humvees américains à une explosion : «Pour l'instant, les trois VAB attaqués s'en sont sortis sans trop de dégâts. On a eu de la chance.»

La chance, pourtant, ni lui ni ses camarades n'y comptent trop. Comme avant chaque patrouille, en cette matinée de septembre, il inspecte soigneusement son équipement : famas, munitions et son gilet pare-balles racheté à l'armée américaine. «Les gilets français, conçus lors de la guerre froide, sont peu pratiques. Paris s'est finalement décidé à nous équiper», se félicite le sergent Bertrand en ajustant ses lunettes pare-éclats, ses chaussures légères et son treillis renforcé. Ces équipements-là, il les a en revanche payés lui-même. «Ils sont indispensables et on ne peut pas permettre d'attendre des dotations.» Il se glisse dans le VAB, debout dans un capharnaüm très organisé de caisses de munitions, de grenades et de fusées, sa tête dépassant à l'extérieur. «C'est dangereux d'être dehors mais c'est la seule solution. En cas d'attaque il faut pouvoir répliquer tout de suite pour fixer l'ennemi.» La pose des nouvelles tourelles téléguidées doit permettre de réduire ce risque. «Elles arriveront dans quelques semaines», assure le colonel Bartholdi. «Inch'Allah !», ajoute l'un des hommes.

À peine la porte de camp Airborn franchi, l'humeur se fait plus grave. Dans la poussière, les regards scrutent les alentours de la colonne de sept blindés français, tâchant de déceler un ennemi sur les crêtes ou un IED en bord de route. Les puissants brouilleurs ont été mis en route pour perturber les commandes à distance des mines improvisées. «C'est utile mais les ennemis adaptent leurs tactiques. Ils utilisent maintenant des détonateurs avec des fils», relève le colonel.

Le convoi roule aussi vite que possible, repoussant sans ménagement les voitures civiles sur les bas-côtés. L'aboiement sec d'une mitrailleuse 12.7 rappelle à l'ordre les automobilistes récalcitrants. Au passage des conduites d'eau qui traversent la chaussée, la colonne accélère encore. «C'est l'endroit idéal pour poser une IED, explique le sergent Bertrand, tassé au fond du VAB. Il y en a 128 sur la route, et à chaque fois on sert les fesses. Il n'y a rien d'autre à faire.» La peur est là. Le sourire s'efface du visage encore poupin du sous-officier. «Les missions à pied, les combats, même les bombardements, ça va. Mais je déteste rouler sur cette p... de route.»

Et ce matin-là, les VAB rouleront longtemps. Il faut inspecter chacune des positions françaises le long de l'autoroute. Pour gêner les mouvements des talibans, la coalition et l'ANA ont multiplié les fortins. Parfois très isolés. Le bastion avancé de Kowt-e'Hashrow, quelques tentes protégées par les inévitables Bastion Walls, n'est qu'à dix minutes de route du camp Airborn, mais il a tout de Fort Alamo. Une vingtaine de soldats afghans occupent cette redoute améliorée pour surveiller l'entrée de la vallée de Jalrez, une gorge de 20 kilomètres perpendiculaire à la route «totalement aux mains des Indiens» selon un officier. La petite route sinueuse, bordée de falaise, qui y mène est un piège permanent. On y a compté déjà quatre embuscades. «Les talibans ont mis au point un scénario efficace. D'abord ils posent un IED. Puis une fois la colonne arrêtée, ils ouvrent le feu de loin et ils décrochent le plus souvent avant que l'aviation de coalition n'ait le temps d'intervenir», explique le lieutenant-colonel Bartholdi.

 

«Un peu décalée»

 

Le harcèlement touche aussi Kowt-e'Hashrow. «Ce n'est pas toutes les nuits mais presque. Ils viennent, tirent et s'évaporent», raconte un capitaine. Le dernier raid date du 24 août. Les talibans s'étaient postés à moins de 300 mètres des murs, sur le toit de l'école du village voisin. Un quart d'heure de tirs à la mitrailleuse et à la roquette, heureusement peu précis. Le bilan ne fut que d'un blessé léger. Le lendemain, l'ANA a envoyé une patrouille enquêter dans le bourg. «Comme d'habitude, personne n'avait rien vu, rien entendu», ricane un officier.

L'anecdote n'étonne pas le capitaine afghan Abdul Mouhin. Ces trois derniers mois passés le long de la Highway 1 n'ont fait que confirmer ce qu'il savait déjà. «Dans cette région, les populations ne font que semblant de nous tolérer. Ils soutiennent les insurgés, soit par conviction, soit le plus souvent par crainte d'eux», affirment-ils. Les regards glacés qui suivent les blindés à la traversée de chaque village sont assez éloquents. Comme les Humvees de l'US Army, les convois français passent sans un signe ni un regard aux habitants. Du haut de sa tourelle, un soldat plaisante : «Dans ce pays, la tradition de l'armée française d'aller au-devant des populations est un peu décalée. Ici ce n'est pas l'Afrique. C'est la guerre.»

Le 18 septembre 2008

COMMUNIQUE DE PRESSE

Afghanistan : la France doit obtenir un changement d’attitude des Etats-Unis ou revoir les conditions de son engagement

Une fois encore, la conférence des présidents de l’Assemblée nationale a décidé de réduire au silence les députés non-inscrits en ne leur accordant aucun temps de parole lors du grand débat sur l’engagement de la France en Afghanistan.

Il est pourtant de tradition, pour chaque débat, d’octroyer 5 minutes de temps de parole aux non-inscrits. Mais, comme par hasard, sur les sujets cruciaux de l’Europe et de la politique étrangère, les usages républicains sont jetés aux orties !

Pour ma part, je voterai contre la prolongation de l’engagement, dans sa forme actuelle, de l’armée française en Afghanistan. J’assume en conscience ce vote pour deux raisons :

  En premier lieu, l’action aujourd’hui menée par l’OTAN est totalement contreproductive, renforçant le terrorisme en faisant basculer chaque jour davantage les Afghans dans les bras des Talibans. On est ainsi très loin de l’opération légitime d’assistance au rétablissement de la paix menée par notre armée sous la présidence de Jacques Chirac, où la France jouait alors un rôle modérateur dans l’esprit du mandat de l’ONU.

  En second lieu, contrairement à ce que veut faire croire le gouvernement, une autre politique est possible et même nécessaire en Afghanistan. La France aurait dû en effet soutenir l’ONU, qui a récemment demandé avec le président KHARZAÏ une redéfinition complète de la stratégie des forces occidentales, afin que l’accent soit réellement mis sur la reconstruction du pays, l’afghanisation du conflit et la recherche d’une solution négociée avec les insurgés modérés.

Mais puisque les Etats-Unis restent sourds et aveugles à cette demande légitime de l’ONU, la France doit à nouveau cantonner le rôle de ses soldats à la stricte formation de l’armée afghane, comme le fait l’immense majorité des forces armées des 25 autres pays de l’Union européenne et préparer, à terme, son désengagement progressif de ce pays.

Nicolas DUPONT-AIGNAN Député gaulliste non-inscrit de l’Essonne Président de Debout la République


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Published by Militant - dans Politique
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commentaires

philippe DAVID 09/09/2008 14:14

Quel scandale quand on connait le coût du programme rafale pour le contribuable. Combien de fantassins tués pour faire le nécéssaire, c'est à dire acheter le amtériel adéquat?

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