Des "désertions" pour ne pas aller en Afghanistan ?
Suite à mon post sur les chasseurs alpins frustrés d'une mission en Afghanistan, un internaute me signale que "les desertions et autres congés de maladie foireux grimperaient en flèche pour les unités en partance pour ce théâtre de plus en plus dangereux. Le 8e RPIMa aurait "perdu" près d'une demi-compagnie en PATC (permissions à titre de convalescence, c'est-à-dire arrêts-maladie) et désertions avant son départ. Le 1er RI, qui devrait aussi aller par là, connait des baisses d'effectifs. Enfin le 27e BCA serait aussi touché".
Les désertions et arrêts-maladie délivrés par un médecin civil (pour mal de dos par exemple...) sont un problème récurrent de l'armée professionnelle. Sont-ils en train de s'aggraver ? On enquête...
Sujet sensible que celui-ci. Un correspondant m'écrit : "Des "désertions" pour ne pas aller en Afghanistan ? Je suis étonné de vous voir citer comme source un
internaute qui vous annonce une hausse des désertions et des PATC. Sur quels chiffres se base-t-il ? L'absentéisme a toujours été une plaie dans les effectifs et les menaces sur nos troupes
déployées était tout aussi réelles...Ces propos
mériteraient sans doute d'être nuancés et placés dans une perspective plus longue. De plus, quel est l'intérêt de publier une telle information ? (...) J'ai bien peur que ce post
n'alimente que votre seule volonté de faire naître une polémique afin de vous garantir encore pour quelque temps une certaine audience auprès des militaires". [J'écrivais
moi-même qu'il s'agit d'un "problème récurrent". Quant à l'intérêt de publier une information, je ne me pose jamais cette question. Mais plutôt celle-ci : c'est vrai ou c'est faux ?]
Un autre me donne des précisions, "de source très proche du 27ème BCA" : "34 hommes, à peu près l'équivalent d'une section, devant partir en Afghanistan ne seraient pas revenus de permission. Ceci explique peut-être mieux l'annulation (du départ). (...) C'est un taux conforme au taux de désertion des armées de l'Ancien Régime en campagne" constate, philosophe, notre correspondant.
Pas étonnant, les militaires se plaignent du manque de considération, de carrières peu évolutives, de sous-équipement en OPEX, des soldes non réevaluées et le rallongement à 6 mois des missions faute d'effectifs, et les conséquences bugétaires désastreuses du LIVRE BLANC, que j'ai dénoncé avec les SURCOUF, n'arrangent rien ! Un vrai raté cette loi de programation ! La France est en récession, l'armée aussi !
Quand ils vous disent dans les régiments, que les médailles et les cercueils coûtent moins cher que les nouveaux gilets pare-balles, les hélicos Caracal et Gazelle, des nouveaux VAB, des brouilleurd de mines, des cabines de camions blindées, le matériel à bout de souffle, etc, comparé au matériel américain, on comprend hélas la grogne, le moral dans les chaussettes et le reste...!
03/10/2008
Pas d'effet "Afghanistan" sur les désertions dans l'armée de terre
A la suite du post rédigé hier soir, citant un internaute, l'armée de terre nous a communiqué ce matin les chiffres des absences pour désertion et des PATC, les permissions à titre de convalescence. Ces dernières servent parfois à masquer des refus de partir en opérations.
Les absences injustifiées sont un phénomène permanent dans toutes les armées professionnelles. Elles ne sont pas aujourd'hui en hausse, ce qui confirme ce que nous écrivions hier : le moral des troupes semble bon.
Voici les chiffres pour les trois régiments cités:
8° RPIMA : stabilité des PATC et 2 désertions sur les 600 soldats partis en Afghanistan : 0,3 %.
27° BCA : Compagnie 1 : 0 déserteur et 0 arrêt maladie. Compagnie 2 : 0 déserteur et 2 veritables arrêts maladie à la suite de blessures dans une exercice de
nuit en montagne. Compagnie 3 : 2 déserteurs qui ne sont pas rentrés de permissions après l'embuscade du 18 août. 0 arrêt maladie.
1er RI: trois compagnies se préparent à partir en Afghanistan en mars 2009. Le nombre de PATC est au en forte baisse (77 personnels en mai, 45 en août; 43 en
septembre). Le nombre de déserteur est resté complètement stable, 8 en moyenne.
06/10/2008
Désertions et absences avant les opex: le débat se poursuit
Les chiffres officiels publiés vendredi n'ont visiblement pas convaincus tout le monde. J'ai reçu de nombreux messages, écrits par des gens qui savent de quoi ils parlent, et dont voici quelques extraits.
Un internaute constate que " le durcissement du conflit afghan n'a pour l¹instant pas d¹effet spécialement sévère sur notre taux d¹attrition. Cependant, entre un effet pas trop sévère et pas d¹effet du tout, soyons honnêtes, il y a une différence. Nous faire croire qu¹aujourd'hui, une compagnie d¹infanterie sur le départ pour ce théâtre peut avoir 0 déserteur et 0 arrêt maladie est une bonne blague. Je m¹explique: l'attrition a évidemment eu lieu, mais en amont, lorsqu¹il a fallu sélectionner les personnes à mettre sur les rangs (et que celles qui ne souhaitaient pas partir ont trouvé une bonne raison de ne pas le faire). Une fois cette sélection faite, il n¹y a effectivement pas de raison d¹avoir des pertes particulièrement élevées."
Un deuxième continue à affirmer que "beaucoup refusent purement et simplement de partir, ainsi le 8 a eu à faire face à plusieurs dizaines de refus... Les gens sont remplacés par d'autres, jusqu'à ce qu'on ait le quorum. Certains refusent parce qu'ils sont proches de la date de leur départ de l'institution, (retraite ou fin de contrat), d'autres pour des problèmes de familles mis sur le tapis à cette occasion, d'autres parce qu'ils menacent de se mettre en patc si on les mettait sur les listes. Alors on les change de compagnie, on permute, on bidouille. Et le 8 est loin d'être le seul régiment à avoir vécu cela."
.Un troisième poursuit : "Les réponses officielles pour les 3 régiments sont dignes des meilleurs soviets, plans quinquénaux ou autres communications brejneviennes : 2 desertions pour 600 soldats au 8e RPIMa, 2 arrêts maladie pour le 27e BCA, 43 personnels au 1er RI (sur combien ? sur les compagnies qui partent ? Quand l'AdT envoie une compagnie d'infanterie quelque part, elle envoie normalement 174 militaires (instruction INF 202 sur la section d'infanterie) .... mais voila, jamais autant de biffins n'ont pu être envoyés. On projete générallement de 120 à max 150 pax .... alors évidement si l'on a 30 désertions et 24 PATC mais que l'on projete officielement une compagnie à 120 personnels, on peut passer ces absences sous silence ..."
Un quatrième croit savoir que "pour le 8e RPIMA, il manquait près de 50 militaires à l'appel le jour du départ. Toutes les catégories sont concernées : officiers, sous-officiers, et MDR. Les absences d'officiers ou de sous-officiers sont toujours dissimulées, et cela se comprend : absence pour longue maladie (dépression par exemple), reconversion, convenance personnelle, etc... Pour les unités sur le départ, il y a une recrudescence de "consultants" à l'infirmerie. Et les méthodes, pour ne pas partir, sont classiques : mal au dos, foulure de la cheville (un petit coup de tabouret sur la cheville et c'est réglé), etc."
Cette mise en cause du 8ème RPIMa irrite à Castres : "notre demi-compagnie de déserteurs et de patc au 8 RPIMa ! On a bien rigolé au PC mais c'est bien triste de le lire sur Secret Défense" !
Un spécialiste nous précise que "la permission à titre de convalescence PATC était destinée aux conscrits. C'était normalement un médecin militaire qui la proposait et le chef de corps ou équivalent qui l'accordait, en chambre, à l'infirmerie, à domicile. Des unités laissaient faire leurs soldats, surtout à l'approche de la mise en sommeil de la conscription. De nos jours, le militaire sous contrat ou de carrière peut bénéficier, comme un employé civil, d'un congé maladie, accordé par un médecin civil ou militaire. Le chef de corps ne peut pas faire grand chose. Il doit être averti en recevant la feuille d'arrêt maladie sous 48h. Au delà de 20 jours de congé maladie, il peut demander au médecin militaire de la garnison la plus proche du domicile d'effectuer un contrôle".
http://www.dailymotion.com/video/x65ndm_caracal-en-afghanistan-kaboulkandah_news
Exclusif : le ravitaillement en vol des hélicoptères Caracal est opérationnel, mais pas avant l'A 400 M, et les hélicoptères Gazelle tant attendus en Afganistan par nos militaires, pour la reconnaissance et l'appui des troupes au sol tardent !
Les deux premiers pilotes qualifiés - et qui seront donc autorisés à effectuer cette manoeuvre lors de vols réels - sont des anciens de l'escadrille EH 1/67 Pyrénées et pourraient prochainement poursuivre leurs essais avec des appareils américains. Rappelons que deux Caracal qui équipent les équipes de sauvetage de combat de l'armée de l'air sont les seuls hélicoptères français actuellement présents en Afghanistan (il en faudrait 5 et 5 Gazelle reconnaissance/appui-feu Viviane/hot) pour aider les 3300 combattants !. Ils ont participé ( les 2 Caracal ) dans des conditions qualifiées d' "héroïques" aux combats dans la vallée d'Uzbin ; notamment en amenant au secours des troupes françaises des soldats des forces spéciales norvégiennes, ainsi que près de trois tonnes de munitions.
À ceux qui poseraient la question : mais pourquoi donc l'avion capable de ravitailler les hélicos français est-il italien ? lepoint.fr indique que cette capacité sera disponible dans l'armée de l'air française quand elle aura reçu ses premiers Airbus A 400M. Et aux dernières nouvelles, ce n'est pas demain la veille, incroyable rien ne va plus, EADS veut louer des CASA CN 235 italiens, en attendant po
ur ne pas
verser d'indemnités de retard
à l'armée française !Pour les plus anciens, on se croirait revenu en 1939 !
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