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7 octobre 2008 2 07 /10 /octobre /2008 18:18

Lettre d'informations stratégiques et de défense



Depuis l’embuscade qui a coûté la vie à dix soldats, les perceptions de cette guerre ont connu trois phases. La première fut celle de l’émotion, amplifiée par les médias, avec la remise de la Légion d’Honneur à titre posthume aux sous-officiers et hommes du rang tombés au champ d’honneur. Une charge émotionnelle exploitée par les sites Internet djihadistes pour pointer la France du doigt en tant que maillon faible du dispositif Otan. Cette phase suscita certaines réponses sèches d’anciens officiers généraux (le général Cann…) et d’officiers d’active, rappelant que l’émotion de l’embuscade de Bedo (Tchad) en 1970, qui coûta la vie à onze Français (le détachement ne dû sa survie qu’au sang-froid du lieutenant Raffenne), fut traitée bien plus discrètement.

La seconde phase fut la prise de conscience, étonnamment tardive, qu’il fallait aux Français engagés des matériels de nouvelle génération, afin d’être efficaces et soutenir le moral des troupes. D’où la réaction de l’état-major et de la DGA pour lancer au plus vite les crash programmes nécessaires (TTU n° 683). Certaines anciennes décisions concernant l’armée de terre furent alors stigmatisées. Pourquoi avoir ôté les mortiers de 120 mm à l’infanterie pour finir par dissoudre l’artillerie dans la nouvelle carte militaire ? Pourquoi le 8e RPIMa ne manœuvre-t-il plus en ouverture de route avec des mortiers de 120 mm (13 km de portée), dont la mise en place prend moins d’une minute et permet de protéger la section en fixant l’ennemi pour mieux le contourner ?

La troisième phase se déroule actuellement. Elle s’interroge sur la façon de conduire la vraie guerre. Pas celle des actions civilo-militaires, humanitaires ou de maintien de la paix au Tchad, où les adversaires sont souvent très jeunes et inexpérimentés avec, selon nos informations, la présence de femmes au combat. Mais la guerre dont le CEMA a fait la clé de voûte de ses discours depuis son arrivée. Le Train, les unités de marche du Tchad sont-elles les mieux armées pour l’Afghanistan ? Ne faudrait-il pas réunir l’ensemble des unités d’élite (COS, 27e BIM, régiments de Légion, parachutistes, TDM) sous un commandement unique en effectuant des rotations jamais inférieures à un an ? Derrière ces interrogations, posées par des opérationnels bien loin des querelles d’états-majors et autres guerres des boutons, la «Grande Muette» se remet en question. Il y a ceux qui estiment que le général Puga a finalement raison, lorsqu’il souligne que dix morts pour une embuscade tendue par plus de 120 combattants (environ 40 insurgés tués), ce n’est pas un échec. Il y a également ceux qui attendent des ordres clairs. Aller faire la guerre en Afghanistan, ce n’est ni rechercher un avantage matériel (une solde améliorée) ni viser les honneurs. C’est avant tout porter les armes pour l’exécution d’une mission de guerre.

Contrairement aux rumeurs qui courent jusqu’à Saint-Germain, l’armée française sait encore conduire la guerre. Elle attend simplement des directives. Parce qu’en Afghanistan, l’armée française n’est plus là seulement pour la formation et pour une assistance humanitaire aux populations qui conduisent, avec le temps, à l’enlisement. Dans une stratégie de lutte anti-guérilla, la passivité favorise l’attentisme et le soldat pense plus à la relève qu’à la mission. Face à l’échec des opérations combinées, d’aucuns préconisent, pour faire basculer la peur dans le camp taliban, la création de commandos de chasse dans la lignée du général Bigeard, des commandos Griffon du 23e Spahis ou Cobra. Certes, il ne s’agit pas, pour la France et l’Otan, d’une guerre coloniale, mais il serait spécieux de croire que, dans l’esprit des pachtounes, l’Alliance n’est pas perçue comme une force d’occupation. Composé d’une centaine d’hommes sous les ordres d’un officier subalterne, ce type de commandos interviendrait en fonction d’une délimitation de zones interdites (les zones à contrôler) et d’espaces à renseigner (emploi de mini-drones ?). Ils banniraient les cantonnements fortifiés pour des bases arrières mobiles à la vue dégagée (la grotte n’est pas réservée aux talibans).

Si, comme le Livre blanc nous le suggère, la guerre n’a plus de fronts, il convient d’adopter des modes d’actions sans front, à l’instar des Marines américains. Le port du casque lourd et encore moins les systèmes numérisés ne seraient pas indispensables pour ces commandos avec un habillement disparate visant à faire le guet parfois en se fondant dans un village (cela suppose des hommes parlant le pachtou). «Les talibans ne sont pas les moudjahidin des années 80. Ce ne sont pas non plus des Tchétchènes. Il ne faut pas surévaluer un ennemi qui refuse systématiquement le contact en préférant les IED. Il faut renforcer les bureaux renseignement et le chasser sur ses bases arrières», précise un officier. La chaîne renseignement doit s’assouplir en permettant notamment à la DRM de renforcer ses cellules. Il ne s’agit pas de recruter deux civils sortis des instituts régionaux d’administrations, mais de mobiliser jusqu’à une centaine de personnels déjà en poste, mais mal employés, sur un seul théâtre (Afghanistan). C’est l’un des enjeux du coordinateur renseignement, Bernard Bajolet, qui devra s’interroger sur la pertinence pour la DRM de produire de la géopolitique, alors que la DAS traite souvent à l’identique les mêmes sujets, dont la portée pour les forces engagées est nulle.

Par Arnaud Kalika, Rédacteur-en-chef de TTU


Voir l'interview du général Cann, et la thèse que je défend depuis des mois, puisque nous maintenons nos troupes en Afganistan !

Je suis d'accord comme le MIL de soutenir notre armée, mais changeons de strarégie et donnons à nos combattants les équipements qu'ils ont besoin !

JDD/Militant

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Published by Militant - dans Politique
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