Mardi 6 janvier 2009

 

Trois gardés à vue après l'attentat contre la synagogue de la rue Rembrandt

20h00. L’enquête n’aura pas été longue. Deux semaines pile après l’attentat contre la synagogue de la rue Rembrandt à Toulouse, le procureur de la République Michel Valet a pu annoncer que trois personnes parmi lesquelles deux mineurs étaient en garde à vue au commissariat de la ville ce lundi soir.

De dangereux terroristes qui fuient à la première sirène d’alarme et abandonnent sur place leur matériel incendiaire et leur véhicule moteur tournant et portières ouvertes, ne sont peut-être pas de dangereux terroristes.

L’hypothèse d’un méchant coup perpétré par une équipe de bras cassés semble s’avérer. Au lendemain de l’attentat, le préfet de Région qualifiait d’ailleurs lui-même le tout d’acte «isolé plutôt qu’organisé».

Pour l’heure, aucune indication n'a été communiquée concernant l’âge, le sexe ou l’identité des gardés à vue. Les autorités n’ont pas non plus fait savoir si ces personnes étaient connues ou non des services de police. Le procureur Valet tient pour sa part à préciser qu’elles sont encore «présumées innocentes».

C’est dans la nuit du lundi 5 au mardi 6 janvier qu’une voiture-bélier a été projetée puis incendiée contre le lieu de culte Juif du quartier populaire de Bagatelle. Les témoignages aussitôt recueillis faisaient état d’au moins trois personnes aperçues en train de s’enfuir.

L’attentat qui n’a blessé aucune des quatre personnes alors présentes sur les lieux a cependant suscité beaucoup d’émotions et un débat politique dans le pays sur le thème : y a-t-il importation en France du conflit au Proche Orient ? Ce lundi soir, il n’y a en tout cas aucune émotion perceptible dans les quartiers voisins de la synagogue.
On va voir maintenant comment la justice va juger cet acte autement symbolique !

Hier soir la synagogue de la rue Rembrandt, dans le quartier de Bagatelle à Toulouse, a été la cible d'une attaque à la voiture piégée. Les dégâts sont limités et il n'y pas de blessé.


Hier soir la synagogue « Les Portes de la vérité », à Toulouse a été prise pour cible par un groupe d'individus qui a pris la fuite. Ils ont eu le temps de mettre le feu à une voiture. Photos DDM, Thierry Bordas

Une voiture entièrement calcinée bloque l'accès à la synagogue de la rue Rembrandt, dans l'ouest de Toulouse entre les pistes de l'hippodrome de la Cépière et les tours HLM de Bagatelle.

Les flammes, étouffées par les mousses utilisées par les pompiers, ont empêché le feu de gagner le lieu de culte et la haie d'arbres de la maison voisine. « Il était environ 20 h 50. À l'intérieur de la synagogue, le rabbin Guez animait un enseignement pour un groupe d'adultes. Ils ont entendu un grand bruit. L e temps qu'il ouvre la porte, la voiture était en feu… », rapporte un membre de la communauté juive. C'est un voisin de cette rue tranquille où les petites maisons se succèdent qui donné l'alerte. Pompiers et policiers sont arrivés très vite. Et ils ont découvert une deuxième voiture, une Ford Fiesta, garée à environ 50 mètres de la synagogue. « Elle contient des engins incendiaires », glisse un témoin. En effet, sur le siège arrière, deux bouteilles ressemblent à des cocktails Molotov. D'autres éléments suspects sont présents à l'avant de ce véhicule qui porte les traces classiques d'une voiture volée. Elle intéresse les enquêteurs et notamment les spécialistes de la police scientifique qui vont essayer de découvrir à l'intérieur des indices pour remonter la piste des auteurs de cette attaque. « Un attentat inadmissible », s'indignent plusieurs membres de la communauté juive toulousaine.


le désarroi

Dans le contexte de tension au Proche-Orient entre Israéliens et Palestiniens membres du Hamas, les juifs de Toulouse sont choqués mais à peine surpris. « Comme lors de l'Intifada, nous sommes pris pour cible. C'est regrettable », reproche un membre de l'association cultuelle israélite. « Jamais je n'aurais imagé que cette synagogue soit prise pour cible. Pour moi, elle était inviolable. C'est un lieu de culte, de fête, d'étude depuis trente ans. Jamais elle n'avait été visée… », confie un homme qui a l'habitude de s'y recueillir. Présidente du conseil des institutions juives de Toulouse et Midi-Pyrénées, Nicole Yardeni se dit « plus triste que révoltée ». « Comment dans notre pays, la raison ne peut pas prévaloir. Malheureusement, nous nous attendions à des agressions, à des manifestations mais il y a tant d'autres manières de s'exprimer… ». Hier soir quand l'attaque s'est produite à Toulouse, les représentants des institutions musulmanes et juives de France sortaient du ministère de l'Intérieur, à Paris. Une réunion pour « appeler au calme » et ne pas transposer en France les tensions du Proche Orient…


 La Dépèche 

Plus rien n'est respecté, ni les lieux de cultes, ni les biens des citoyens ! Ce n'est plus tolérable, il faut une justice qui applique la loi avec sévérité, sur tout le territoire de la république, ce qui n'a pas été le cas, avec les différents incendiaires arrêtés après la nuit de feu de la Saint Sylvestre.
Autre remarque, la réaction du maire de Toulouse dans les médias suite à cet acte odieux, tarde à venir !
JDD

Des incendiaires jouent à Gaza dans le quartier de Bagatelle à Toulouse

ATTENTAT. Le fracas du véhicule lancé contre la grille de clôture de la Synagogue de la rue Rembrandt à Toulouse hier soir lundi à 21h50 a fait sortir la poignée de fidèles qui y étaient réunis.

L’incendie consécutif du bolide n’a alors plus fait de doute. C’est un attentat qui visait le lieu de culte juif sous le périphérique de la ville, entre l’hippodrome et le quartier sensible de Bagatelle.

La synagogue elle-même est intacte. De même que les arbres qui la séparent des propriétés voisines. Ce sont les esprits qui se sont tout de suite incendiés.

Très tôt sur les lieux, les forces de police ont repéré un second véhicule prêt à l’emploi criminel, avec trois cocktails Molotov à son bord. Il aurait été abandonné avant son utilisation.

Désolé par cette manifestation de la «bêtise humaine», le président de la Maison de quartier de Bagatelle est au moins soulagé qu’il n’y ait «aucun blessé à déplorer». «Ce lieu de culte a toujours été protégé par tous», observe  Hafid ElAlaoui qui anime depuis cinq ans dans le quartier les Rencontres interculturelles musulmans, juifs et chrétiens. Les images télévisées du conflit dans la bande de Gaza auront selon lui «attisé les haines de quelques esprits crétins».

Anaëlle Khelif, la présidente toulousaine de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) parle, elle, d’une «montée fulgurante de l’antisémitisme» en France. Elle décrit «chaque juif français» comme pouvant devenir une «cible potentielle de la haine». «Nous ne voulons pas revivre le même cauchemar qu’en 2001», conclut-elle en avouant ne pas pouvoir décrire ce que fut ce cauchemar. «Le mot est peut-être un peu fort. Il peut faire très peur». Elle a choisi de l’employer, dit-elle, pour «percuter les esprits».

C’est encore Jean-Marc Izrine qui est le plus accablé. Ce syndicaliste militant d’une association d’insertion professionnelle dans un quartier populaire voisin de celui de Bagatelle revendique son appartenance à la communauté juive. Mais il en rejette le discours dominant : «Il y a une langue de bois de cette communauté, dit-il. Il faudrait croire que tous ses membres sont pour la paix et aiment les palestiniens». Il leur répond qu’Israël étant un état démocratique, ils n’ont qu’à y appuyer le «bloc de la Paix» plutôt que de «soutenir le vote pour les Faucons en jouant le réflexe identitaire».

Ce discours dominant «en contradiction flagrante avec les images du conflit vues tous les jours à la télé» aurait selon lui pour premier effet d’enfermer l’éventuelle communauté beur dans le rejet : «les jeunes autour de moi sont déjà exclus socialement. Ils ne supportent pas de devoir subir en plus cette langue de bois qui ferait des Arabes les méchants de l’affaire». Jean-Marc Izrine a raté la première. Il promet d’être de la prochaine manifestation de soutien aux Palestiniens de la bande de Gaza, «par internationalisme».

Si le «discours sioniste» peut y paraître dominant, développe-t-il, l’homogénéité de la communauté juive n’est selon lui qu’apparente. L’Union des Juifs pour le progrès défend des positions humanistes et «assume une judaïté critique, explique-t-il. Mais on ne voit et n’entend jamais que les organisations officielles».

Il y a cinq ans, la synagogue du quartier toulousain d’Empalot a déjà subi une agression semblable. La Maison de quartier de Bagatelle a alors fait signer une pétition de soutien et organisé des rencontres avec le rabbin des lieux. Ledit rabbin parti, sa communauté n’aurait pas donné de suite, regrette Hafid ElAlaoui. Les réactions communautaires ne sont pas les plus faciles à surmonter.

Ce mardi à 11h30, l’attentat de la nuit n’a toujours pas été revendiqué. Á deux rues de là, revenant de faire ses courses, un musulman pratiquant hausse des épaules : «ce ne sera jamais revendiqué. Ce sont des imbéciles sans suite dans les idées qui ont fait ça». Anaëlle Khétif préfererait en être convaincue.

GLv. Libération Toulouse

 


Par Militant - Publié dans : Politique - Communauté : Toulouse Politique
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Présentation

Recherche

Calendrier

Juillet 2009
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Créer un Blog

 
créer son blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus