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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 08:26

Gaza: intenses combats dans la ville, l'aviation bombarde le sud

 

 

Une femme au milieu des décombres dans la ville de Gaza le 13 janvier 2009
© 2009 AFP (Mohammed Abed)
Une femme au milieu des décombres dans la ville de Gaza le 13 janvier 2009

De féroces combats continuaient d'opposer mercredi avant l'aube des activistes palestiniens aux soldats israéliens à Gaza-ville, tandis que l'aviation bombardait le sud de la bande de Gaza, un territoire où près d'un millier de Palestiniens ont péri depuis le 27 décembre.

Au 19e jour de l'offensive israélienne destinée à faire cesser les tirs de roquettes palestiniens contre l'Etat hébreu, des témoins ont noté une baisse de l'intensité des frappes aériennes à Gaza et dans le nord du territoire par rapport aux nuits précédentes.

Un Palestinien a toutefois été tué et 20 ont été blessés dans une frappe qui a détruit une maison du quartier de Cheikh Radouane, à Gaza, ont affirmé des médecins et des témoins.

"Des chars tirent sur les combattants palestiniens, qui ripostent avec leurs lance-roquettes. Il y a des tirs nourris de mitrailleuse des deux côtés", a déclaré dans la nuit un correspondant de l'AFP en décrivant la situation à Gaza et dans le nord. Aucun bilan de ces combats n'était disponible dans l'immédiat.

Le président palestinien Mahmoud Abbas, le 13 janvier 2009 à Ramallah (Cisjordanie)
© 2009 AFP (Abbas Momani)
Le président palestinien Mahmoud Abbas, le 13 janvier 2009 à Ramallah (Cisjordanie)

Mardi, le président palestinien Mahmoud Abbas avait accusé Israël de chercher à "anéantir" la population de la bande de Gaza, contrôlée par le mouvement islamiste Hamas. "Cette agression devient plus féroce chaque jour", avait dit à Ramallah (Cisjordanie) le leader du Fatah.

Au moins 70 Palestiniens ont péri mardi dans la bande de Gaza, portant à au moins 975 le nombre de Palestiniens tués et à plus de 4.400 celui des blessés depuis le 27 décembre, selon un dernier bilan du chef des services d'urgences à Gaza, Mouawiya Hassanein.

Au total, dix militaires et trois civils israéliens ont été tués.

En soirée, l'aviation a lancé des raids dans le nord et le sud du territoire, tuant au moins huit Palestiniens, dont trois enfants qui jouaient dans la rue à Jabaliya, selon les sources médicales.

Un Palestinien blessé le 13 janvier 2009 à Khan Yunis dans le sude de la bande de Gaza
© 2009 AFP (Mehdi Fedouach)
Un Palestinien blessé le 13 janvier 2009 à Khan Yunis dans le sude de la bande de Gaza

Parallèlement, les forces spéciales israéliennes ont progressé de plusieurs centaines de mètres après d'intenses combats à l'intérieur de certains quartiers de Gaza-ville, dont celui de Zeitoun, selon des témoins.

Dans le sud, les violents bombardements aériens contre la ville de Rafah, à la frontière avec l'Egypte, ont poussé des centaines d'habitants dans la rue à la recherche d'un refuge, selon l'ONG Care. Ils se sont poursuivis dans la nuit.

Le ministre israélien de la Défense Ehud Barak a affirmé que l'offensive avait atteint "la plupart" de ses objectifs "mais probablement pas tous".

L'armée israélienne a indiqué que les frappes aériennes avaient visé une centaine de cibles mardi, et notamment 55 tunnels utilisés pour la contrebande d'armes entre l'Egypte et la bande de Gaza. Dix-huit roquettes et obus de mortier ont été tirés mardi par des activistes palestiniens sur Israël, soit trois fois moins qu'au début de l'offensive. Aucune victime n'a été signalée.

"Nous avons remporté de très nombreux succès contre le régime, les infrastructures et la branche militaire du Hamas mais notre mission n'est pas terminée", a dit le chef d'état-major Gabi Ashkenazi, insistant sur le caractère "compliqué" des combats. Un haut responsable israélien a déclaré au site internet Ynet que le Premier ministre israélien de transition Ehud Olmert avait "défini deux objectifs: mettre fin aux tirs du Hamas et à ses activités terroristes et en finir avec le réarmement de l'organisation".

"Tant que ces deux objectifs ne sont pas atteints, nous ne cèderons à aucune pression" pour mettre fin à l'offensive, a-t-il dit. "Nous ne cherchons pas une sortie (de crise), mais un succès. Comme M. Olmert l'a défini, il nous faut une stratégie qui nous mène à un succès, quel que soit le temps que cela prendra."

Dans Gaza, le quotidien des Palestiniens est effroyable. Durée: 2min12
© 2009 AFP
Dans Gaza, le quotidien des Palestiniens est effroyable. Durée: 2min12

Sur le front diplomatique, le Caire attendait toujours que le Hamas s'engage sur son plan pour un cessez-le-feu. Le numéro deux du bureau politique du Hamas, Moussa Abou Marzouk, a affirmé qu'il y avait "une chance" que son mouvement accepte le plan si des modifications y étaient apportées.

Le numéro deux du bureau politique du Hamas en exil à Damas, Moussa Abou Marzouk, le 8 octobre 2008 au Caire
© 2009 AFP (Cris Bouroncle)
Le numéro deux du bureau politique du Hamas en exil à Damas, Moussa Abou Marzouk, le 8 octobre 2008 au Caire

Un émissaire israélien, Amos Gilad, doit se rendre jeudi au Caire pour discuter du plan.

A New York, le Conseil de sécurité de l'ONU a apporté son soutien au secrétaire général Ban Ki-moon avant son départ pour le Proche-Orient où il veut obtenir la fin des combats à Gaza, en application de la résolution 1860 appelant à l'instauration "d'un cessez-le-feu immédiat" et restée lettre morte.

A Washington, la secrétaire d'Etat désignée, Hillary Clinton, a assuré que l'administration de Barack Obama ferait "tous les efforts possibles" pour permettre un accord de paix entre Israël et les Palestiniens.

M. Olmert, a chargé son ministre des Affaires sociales, Yitzhak Herzog, de coordonner l'assistance humanitaire internationale à la bande de Gaza où la majorité des 1,5 million d'habitants vivant sous blocus, dépendent de l'aide étrangère.

Un million d'habitants vivent sans électricité, 750.000 sont sans eau et les hôpitaux fonctionnent grâce à des générateurs de secours !


En fait, à voir le manque de commentaires, la blogosphère se fiche éperduement du drame en cours...!

 

Gaza: un point sur la situation

Selon toute vraisemblance, l'opération israélienne à Gaza entre dans ces derniers jours. Sur le terrain, les officiers savent qu'ils ont jusqu'à lundi pour achever leur mission. En clair : tout doit être bouclé, mardi, jour de l'investiture du président Obama.

L'étau se resserre autour de la ville de Gaza, au nord-est du territoire. L'armée israélienne ne serait qu'à environ un kilomètre du centre-ville et elle avance extrêmement prudemment, à l'abri de tirs très puissants. D'autres unités seraient engagées à Jabalya, une zone urbaine au nord-est de la ville de Gaza. Si l'attention se porte sur ce secteur - le plus proche des villes israéliennes de Sderot et d'Ashdod qui subissaient les tirs de roquettes, l'essentiel se joue plus au sud, le long de la frontière avec l'Egypte. C'est par là que passe les armes qui approvisionnent le Hamas.

L'armée israélienne rencontre des difficultés pour détruire le réseau de tunnels, qui nous seulement traversent la fontière, mais également parcourent toute la bande de Gaza. Une entrée découverte peu conduire à cinq ou six sorties. Les forces spéciales du génie de combat (sayeret hayalom) sont particulièrement sollicitées. Elles auraient découvert des tunnels, partant de Gaza et menant en territoire israélien, faisant craindre des infiltrations terroristes.

Côté palestinien, les pertes atteindraient aujourd'hui près d'un millier de morts, dont sans doute plus de la moitié sont des combattants ou des militants du Hamas. La capacité de résistance militaire de l'organisation islamiste semble assez faible. Elle a pour l'instant infligé peu de pertes à l'armée israélienne - aucun blindé détruit par exemple. Rien à voir avec les capacités de combat du Hezbollah au sud-Liban.

Les tirs de roquettes continuent, mais plus sporadiquement. Le Hamas dispose d'engins portant à une quarantaine de kilomètres, la distance qui sépare Gaza de Beer-Sheva, la grande ville du Negev. La centrale nucléaire de Dimona, siutée à plus de 80 kilomètres de la bande, semble pour l'heure hors d'atteinte, mais Israël redoute l'effet - surtout médiatique et politique, d'ailleurs - de tirs contre ses installations nucléaires.

Dernier point : les opérations durent depuis le 27 décembre (soit 18 jours) et le front ne s'est pas élargi. Bien au contraire : la Cisjordanie, tenue par le Fatah, semble aujourd'hui déconnectée de Gaza, tenue par le Hamas. Quant au Hezbollah libanais, il s'est tenu prudemment à l'écart de ce conflit.

ANALYSE

   
 

13/01/2009

 
   
 

Tsahal: entre détermination et surestimation

 

Par Guillaume Belan, Rédacteur-en-chef de TTU Online

 
 

Lancé le 27 décembre, l’opération « Plomb durci » devait faire cesser les tirs de roquettes Qassam et Grad sur les villes israéliennes, qui avaient repris suite à la fin du cessez-le-feu, instauré depuis fin juin dernier. Mais l’enjeu pour Tsahal dépasse le seul cadre sécuritaire du sud du pays. Suite aux échecs de la guerre du Liban de 2006, l’objectif est aussi de redonner confiance à l’armée israélienne tout en réinstaurant le mythe de l’invincibilité de l’état hébreu. Premier bilan à chaud de trois semaines de conflit.

Les indicateurs étaient « au rouge » depuis plusieurs mois. Les hauts responsables militaires israéliens se relayaient pour prévenir de l’imminence du conflit à Gaza. « Nous sommes à un haut niveau d’alerte » confiait un officier israélien rencontré à Tel Aviv début du mois de décembre. « L’affrontement à Gaza est inévitable et pour bientôt » menaçait-il. « Le Hamas ne cesse de devenir plus puissant, mieux organisé et toujours mieux armé ». A la rupture du cessez-le-feu, mi-décembre, les explosions des roquettes Qassam et Grad d’origine iranienne se multiplient. La réponse de Tsahal ne se fait pas attendre. L’opération « Plomb durci » est lancée.

Avec près de 900 palestiniens tués à ce jour, Tsahal estime, probablement à juste titre, avoir porté un coup très dur aux structures politiques et militaires du mouvement radical islamiste.

Mais ce qui surprend est le peu de résistance armée de la part du Hamas, pourtant crédité à la veille des opérations de 15 000 combattants et de très nombreux armements. Mais, après près de 20 jours d’intervention israélienne, aucun tir de RPG n’a été enregistré tandis que l’armement sol-air du Hamas demeure inexistant. Le seul armement sérieux en possession du Hamas semble donc se limiter aux roquettes Fadjr, version iranienne du Grad russe, dont les tirs se poursuivent malgré les efforts de Tsahal.

Dans la même veine, les services de renseignements israéliens prévenaient que le terrain dans Gaza serait miné. Selon des officiers rencontrés sur place en décembre « des maisons sont bourrées d’explosifs prêts à être déclanchés dès l’arrivée de nos troupes, tandis que des IED sont placés en des points clefs. » Or, rien de tout cela ne semble avoir eu lieu. Pour preuve les pertes très légères de Tsahal, avec une dizaine de morts pour plus de 15 jours d’opérations, tandis qu’aucun blindé hébreu n’a été perdu.

Tsahal aurait-il surévalué les capacités du Hamas ? Tout porte à le croire.

Cette surévaluation peut trouver son fondement dans l’échec de la dernière guerre du Liban, où Tsahal avait eu à faire face à une résistance armée du Hezbollah bien mieux préparée que ce qu’escomptaient les responsables militaires israéliens. Le fait d’avoir en 2006 sous-estimé les capacités du Hezbollah pourrait avoir poussé Tsahal, traumatisé par cet échec, à avoir surestimé celles du Hamas aujourd’hui.

Reste que depuis 2006, le mythe de l’invincibilité de Tsahal avait été écorné. L’Etat hébreu ne pouvait pas se permettre de perdre à Gaza. D’où l’intensité des combats lancés par l’armée israélienne, qui se doit de restaurer sa capacité dissuasive. Comme un message adressé au Hezbollah et à l’Iran. Comme une preuve de sa détermination à assurer efficacement sa sécurité, quitte à fleurter avec l'inacceptable (utilisation de munitions au phosphore blanc).

De ce traumatisme de 2006, l’IDF (Israeli Defence Force) avait donc depuis deux ans, revu ses stratégies, ses équipements et ses modes opératoires. Redonner plus de place au combat d’infanterie (avec le développement d’un nouveau VCI, le Namer), améliorer les systèmes de blindages actifs (Trophy), développer un fusil d’assaut plus compact et efficace (le Tavor), miser sur le combat coopératif et le renseignement... (voir TTU n° 698)

Même si Tsahal n’a pas encore complètement achevé le virage de sa transformation aux lumières de la guerre du Liban, les leçons tirées sont aujourd’hui appliquées à Gaza. Mais Gaza n’est pas le Sud Liban, plus escarpé et moins habité ; et le Hamas n’est pas le Hezbollah, bien mieux organisé et armé.

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Published by Militant - dans Politique
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