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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 04:16

12/02/2009

Tué en Afghanistan, le capitaine Sonzogni était une figure légendaire de son régiment

Patrice_sonzogni_3 Le capitaine Patrice Sonzogni, qui a été tué hier en Afghanistan, avait 45 ans. Il était marié et père de deux filles. Il était une figure du 35 ème régiment d'artillerie parachutiste de Tarbes, au sein duquel il a servi pendant plus de vingt ans. 

Engagé le 1er janvier 1983, comme sous-officier, il est affecté au 35ème RAP en mars 1984, au sein duquel il effectue deux séjours en Centrafrique comme chef de pièce. En 1989, il rejoint l'équipe CRAP (commando de recherche et d'action dans la profondeur) de son régiment et participe à ce titre à la première guerre du Golfe (opération Daguet) en 1991. Lors de l'offensive terrestre, il pénètre sur le territoire de l'Irak le 24 février. Blessé, il est rapatrié sanitaire le 28 février 1991.

En 1992, il est muté au 1er Régiment d'artillerie à Montbéliard comme adjoint au chef d'équipe d'observation dans la profondeur (EOP) et il est promu adjudant en 1993. Il effectue un premier séjour en ex-Yougoslavie avant de revenir au 35ème RAP, en 1996. Il repart alors en Centrafrique, puis, à deux reprises, en Bosnie, comme chef d'équipe des commandos parachutistes (GCP, le nouveau nom des CRAP). Adjudant-chef, puis major, il est envoyé au Kosovo fin 2000, où il dirige une équipe de liaison et d'observation.

En août 2001, il est nommé dans le corps des officiers des armes au grade de lieutenant puis il occupe la fonction de Chef d'équipe des commandos parachutistes. Il effectue de nouveau plusieurs séjours dans les Balkans (Kosovo, Macédoine). Il se spécialise dans le renseignement avant d'être promu capitaine en 2005. Il est désigné pour effectuer une mission en Afghanistan le 23 novembre 2008, où il servait au sein d'une OMLT, au sein de l'armée nationale afghane.

 

 

Le capitaine Patrice SONZOGNI était l'officier le plus décoré de son régiment : chevalier de la légion d’honneur, titulaire de la médaille militaire, d’une citation à l’ordre de l’armée des TOE avec croix de guerre étoile de vermeil, d’une citation avec CVM, de la croix du combattant, de la médaille outre mer agrafe Moyen Orient, RCA, Congo, de la médaille d’OR de la défense nationale agrafes TAP/MAE, de la médaille Commémorative EX YOUGO, de la médaille UE CONCORDIA, de la médaille OTAN NON ART 5, du titre de reconnaissance de la nation, de la médaille de la libération du KOWEIT.

[Le pacha de ce blog s'associe à la douleur de sa famille, de ses proches et de ses camarades]


Que la nation ne l'oublie pas, ni sa famille, et par Saint-Michel...!

Mes respects mon capitaine !

Le capitaine Sonzogni, un officier exemplaire

12 février 2009 – 14:04

Le parcours du capitaine Patrice Sonzogni, 46 ans, qui a été tué le 11 février lors d’une attaque d’insurgés en Afghanistan, aura été exemplaire. Engagé en qualité de sous-officier à l’âge de 21 ans, il gravit tous les échelons avant de réussir le concours des majors. En 2001, il accède à l’épaulette, puis il est promu au grade de capitaine en juillet 2005.

De par sa conduite et sa façon d’être, le capitaine Sonzogni était l’officier le plus décoré de son régiment. Selon différents témoignages, il était un homme “enthousiaste au caractère entier” qui commandait ses hommes par l’exemple. Son expérience et ses qualités humaines firent de lui une référence pour les artilleurs du quartier Soult.

Au cours de sa carrière, cet ancien commando de recherche et d’action en profondeur (CRAP) a participé à la plupart des opérations extérieures menées par la France, que ce soit en Afrique ou encore dans les Balkans. En 1991, lors de la première guerre du Golfe, il est grièvement blessé par l’explosion d’une mine lors d’un assaut donné contre un fortin d’As-Alman.

Le capitaine Sonzogni ne connaissait pas l’Afghanistan avant de rejoindre, en novembre dernier, l’équipe OMLT (Operational monitoring liaison team), commandée par le lieutenant-colonel Smagghe et chargée d’encadrer et de conseiller la 1ere Brigade du 201e Corps de l’armée nationale aghane, dont la mission consiste à sécuriser les deux principaux axes logistiques menant à Kaboul.

Plusieurs militaires du 35e RAP ont été blessés en Afghanistan dernièrement. Le médecin du régiment, le commandant Boniface, ainsi que son auxiliaire, le brigadier-chef Stéphane Rouffet, avaient été blessés au cours d’un accrochage, le 27 septembre dernier. Il y a quelques semaines, le brigadier-chef Valens avait été touché à un oeil dans des circonstances similaires. Et sans oublier le brigadier-chef Trévor Rodrigues, gravement atteint aux jambes et au thorax lors de l’attaque qui a coûté la vie au capitaine Sonzogni.

Décoré de la Légion d’honneur, cet officier au parcours exemplaire était marié et père de deux enfants.

Photo : (c) Amicale du 35e RAP

La guerre se gagne
avec l'opinion publique

Par le colonel Benoît Royal

Après la perte d'un soldat français en Afghanistan, l'auteur, officier de l'armée de terre, met l'accent sur le respect du droit et des populations civiles dans le cadre des conflits armés.

Un soldat français du 35e RAP vient d'être tué dans l'accomplissement de sa mission en Afghanistan. Il a succombé à un IED (Improvided Explosive Device), une des façons les plus lâches de combattre car, au même titre que les attentats suicides, ce type d'engin tue de façon indiscriminée, civils ou militaires. Pourtant, les méthodes employées par l'adversaire ne modifient en rien le comportement des soldats français, qui continueront d'agir avec la même détermination mais sans esprit de vengeance. C'est exactement dans ces termes que le général Stollsteiner, commandant les troupes françaises, s'était déjà exprimé à l'issue de l'embuscade d'Ouzbin du 19 août, qui avait coûté la vie à 10 soldats français. Il répondait à une question se rapportant à la façon dont le groupe d'insurgés avait exhibé, comme des trophées, des équipements français et la montre prise sur un des soldats tués. «Au contraire, ça leur donnera [aux soldats français], sans esprit de vengeance, et ça, je tiens à ce que vous le reteniez, davantage de volonté pour reprendre l'action avec plus de détermination. (…) Vous comprenez que dans tout groupe qui est affecté, le raccourci le plus rapide c'est de dire “j'utiliserai mon arme comme moyen de représailles”. Or, ce qui fait la différence entre une bande de rebelles et une armée organisée, une armée formée avec des chefs qui encadrent, justement, c'est de ne pas rentrer dans ce penchant très facile de la vengeance. Ça, je le réserve à mes adversaires.»

La question de l'éthique de comportement dans l'emploi de la force interpelle aussi bien un soldat engagé en Afghanistan, un simple spectateur de l'actualité mondiale, que le nouveau président des États-Unis lui-même. En effet, «L'Amérique ne torturera pas», a déclaré Barack Obama en annonçant la fermeture du centre de Guantanamo, «nos idéaux seront le phare de notre leadership». Au même moment, Richard Falk, le rapporteur spécial de l'ONU pour les Territoires palestiniens, déclarait qu'Israël avait délibérément violé les conventions de Genève pendant sa campagne contre le Hamas, mettant directement en cause le comportement des soldats de Tsahal dans la bande de Gaza. À quelques heures de là, à Kaboul, le 23 janvier, les autorités locales afghanes dénonçaient des victimes collatérales à l'occasion d'un raid aérien de l'Isaf - la force déployée sous commandement de l'Otan - coûtant la vie à plusieurs civils.

Où qu'elles se produisent, relayées par les médias planétaires, les dérogations au droit et à la dignité ne laissent pas l'opinion publique insensible, ni inactive. Forts de leur légitimité, les peuples expriment leur désapprobation dans la rue, dans les médias et, quand ils le peuvent, dans les urnes. Quant aux populations qui en subissent directement les conséquences, elles expriment leur révolte par un soutien à l'adversaire, aggravant la situation contre laquelle les forces militaires déployées cherchent précisément à lutter. Par leurs actions médiatisées à l'envi, les populations sont aujourd'hui en mesure de peser et d'influer sur les décisions politiques pouvant in fine infléchir les stratégies déployées. Maints exemples de l'histoire récente l'ont montré : un pays qui décide de l'emploi de la force ne peut garantir sa liberté d'action stratégique sans s'assurer du soutien de l'opinion publique. La sienne d'abord, qui contribue à l'expression de la légitimité de la force déployée, et celle du pays où il se déploie ensuite, qu'il en ait accepté la présence ou qu'il la subisse.

Un général britannique, Sir Rupert Smith, explique que la réussite des opérations militaires est directement conditionnée par cette adhésion populaire.

Un siècle plus tôt, le maréchal Lyautey, pacificateur du Maroc, avait démontré la même idée, léguant des principes fondateurs d'une stratégie respectueuse de l'humain qui ont fait la richesse de la culture militaire française. Aujourd'hui plus qu'hier, une force militaire qui ne bénéficie pas du soutien de l'opinion publique perd sa légitimité. Or obtenir l'adhésion des populations consiste notamment à leur renvoyer l'image d'une force exempte de tout reproche. Outre l'avantage que les forces armées tirent de ce comportement, il permet de préparer l'étape suivante, la phase des négociations, the day after. À ce moment, l'éventuel passif de violence et d'exactions des forces pèse lourdement dans les discussions politiques et conditionne souvent les modalités de l'accord final.

C'est dans cet esprit que l'armée française a décliné sa doctrine d'emploi de la force, qui en prône un usage maîtrisé dans l'accomplissement des missions. Il s'agit de ne jamais confondre action de combat et action violente. Il existe en effet une grande différence entre l'usage maîtrisé des armes pour s'opposer à la violence - usage qui n'empêche ni fermeté ni détermination - et l'usage non maîtrisé de la force qui conduit immanquablement à la même violence que celle à laquelle on s'oppose. En 1993, souvenons-nous du succès des troupes françaises à Mogadiscio en Somalie où, en dépit de la tactique détestable des combattants du général Aidid qui s'abritaient au sein de la population pour combattre, nos soldats sont parvenus au succès sans jamais succomber à l'abus de force et aux dégâts collatéraux. Mais au prix de plus de risques et de dommages pour nos propres troupes.

Une éthique de comportement au combat est plus que jamais indispensable au soldat, acteur et quelquefois victime de la guerre. C'est ce qui différencie fondamentalement l e soldat du mercenaire et du barbare. Son éthique répondra aux attentes de la population : celle de sa propre nation dont il tire sa légitimité, comme celle dont il doit gagner l'adhésion et le respect. Elle le protégera aussi des conséquences de ses actes, tant vis-à-vis du droit international que de sa propre santé psychologique et morale.

Dans le monde présent, où force est de constater la persistance peu glorieuse de nombre de combats et de guerres fratricides, la France a le devoir moral d'affirmer sa spécificité en multipliant ses stratégies fondées sur ses valeurs fondatrices. Face aux défis des conflits à résoudre, et sans faire preuve du moindre angélisme, il est possible d'imposer le respect et l'éthique comme idéaux fédérateurs d'une action coordonnée du pouvoir politique, des armées et des populations. Ils répondent aux attentes légitimes des peuples et ils peuvent être des moyens privilégiés de gestion des affrontements violents au sein des sociétés en crise.

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Published by Militant - dans Politique
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