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29 août 2009 6 29 /08 /août /2009 15:56

Le scrutin présidentiel du 30 août est imprévisible. Et plonge la France, suspectée de soutenir en catimini Ali Bongo, dans un réel embarras.

Profil bas de rigueur. Imité en cela par Bernard Kouchner (Affaires étrangères) et Alain Joyandet (Coopération), Nicolas Sarkozy aura martelé à l'envi cet unique message: "Au Gabon, la France n'a pas de candidat." Trois facteurs motivent une telle insistance. D'abord, les doutes qui plombent l'indéchiffrable scrutin présidentiel -à un seul tour- du 30 août. "On est dans le brouillard, confesse un expert élyséen. Rien n'est exclu. Pas même un dérapage avant, pendant ou après l'élection."

Ensuite, la crainte de se voir imputer tout déraillement du processus. "Il faut un vainqueur élu et bien élu, accepté par tous et donc perçu comme légitime, avance le même africaniste. Car, en cas de troubles, on s'empressera bien sûr d'y voir la main de Paris."

Dissensions. Lors des obsèques d'Omar Bongo, le 16 juin. "Que la famille s'accorde sur un nom. En cas de déchirement, vous flinguez l'élection", aurait alors dit Nicolas Sarkozy aux membres de la fratrie Bongo.

AFP/M. Bureau

Dissensions. Lors des obsèques d'Omar Bongo, le 16 juin. "Que la famille s'accorde sur un nom. En cas de déchirement, vous flinguez l'élection", aurait alors dit Nicolas Sarkozy aux membres de la fratrie Bongo.

Enfin, corollaire de l'argument précédent, le scepticisme que suscite, en Afrique comme ailleurs, la neutralité affichée par l'ancienne métropole coloniale; laquelle aurait adoubé parmi les 23 candidats en lice Ali Bongo Ondimba, comme elle parraina voilà quarante-deux ans son père Albert-Bernard, devenu entre-temps Omar et disparu en juin dernier.

Suspicion infondée? Certes pas. La chronique tumultueuse du couple incestueux que forment l'émirat pétrolier tropical et l'Hexagone fournit un antidote souverain contre toute candeur (lire à ce sujet France-Gabon. Pratiques clientélaires et logiques d'Etat, par Jean-François Obiang, Karthala (2007)). Et les ambiguïtés des mois écoulés valent pour le moins piqûre de rappel. Un peu d'histoire, donc.

En 1967, à l'heure de suppléer le défunt président Léon M'Ba, premier dépositaire d'une indépendance dont il ne voulait guère, le jeune Bongo prête serment à Paris, dans l'enceinte de l'ambassade gabonaise. Logique: il passe à juste titre pour le protégé de Jacques Foccart, sorcier africain du gaullisme. Déjà, trois ans plus tôt, les paras français, venus de Dakar et Bangui, avaient restauré le tandem M'Ba-Bongo, écarté le temps d'un éphémère coup d'Etat.

Autant dire que le plus jeune chef d'Etat au monde de l'époque n'a rien à refuser à ses mentors. La France épaule en 1968 la sécession avortée du Biafra, province nigériane rebelle? Elle peut compter sur le zèle de son protégé. Rebelote au beau milieu de l'ère Giscard, lorsque les barbouzes de l'opération "Crevette" tentent vainement de déloger de la présidence béninoise l'afro-marxiste Kérékou. Sous François Mitterrand, la donne ne change guère. En 1990, tandis que le trône de Bongo vacille sur fond d'émeutes, le Premier ministre Michel Rocard envoie un robuste contingent rétablir l'ordre à Port-Gentil, vitale tête de pont du commerce de l'or noir.

Pascaline, les Jackson et le minitel

Fille aînée et directrice de cabinet du défunt président gabonais, vestale attentive de la fortune du clan, Pascaline Bongo a fréquenté l'Ecole nationale d'administration (ENA) entre 1983 et 1985. Si la plupart de ses condisciples de la promotion Léonard de Vinci -tels Richard Descoings (Sciences po)- n'ont d'elle qu'un vague souvenir, d'autres ont gardé en mémoire de cocasses anecdotes. Le romancier Marc Lambron évoque une "élève très intermittente, disparue du paysage avant la fin du cursus" et qui, en guise de coiffure, arborait volontiers "des dreadlocks à la Bob Marley". Lambron se souvient avoir vu plus tard "son nom apparaître dans les remerciements d'un disque de Jermaine Jackson" -frère de Michael, lequel séjourna en 1992 au Gabon, à l'initiative d'Ali Bongo. Conseiller général des Hauts-de-Seine, Guy Janvier se remémore quant à lui l'"affaire du Minitel": "A l'époque, chacun d'entre nous avait été doté d'un terminal et d'un code donnant accès à une messagerie interne. Or deux ou trois rigolos s'étaient amusés à envoyer des courriers un peu lestes à Pascaline, qui s'en était plainte à son père ; ce qui avait conduit la direction à abréger l'expérience."

Si la France importe aujourd'hui trois fois plus de pétrole angolais que de brut gabonais, le "Bongoland" apparaît alors comme un protectorat de la maison Elf, doublé d'un pourvoyeur de manganèse, d'uranium et de bois précieux. "Le Gabon sans la France, aimait à dire son ''présida'', c'est une voiture sans chauffeur. La France sans le Gabon, une voiture sans carburant."

Un homme à la trajectoire éloquente incarne à merveille la confusion des genres: Maurice Robert. Décédé en novembre 2005, ce vétéran du foccartisme fut tour à tour directeur du Sdece -l'ancêtre de la DGSE (renseignement extérieur)- chargé de mission auprès du PDG d'Elf puis, de 1979 à 1981, ambassadeur à Libreville..

Normaliser une relation pesamment plombée

Bien sûr, le vent du golfe de Guinée a tourné. Omar Bongo a vite troqué sa défroque d'obligé contre un costume de partenaire ombrageux, taillé à la mesure de sa rouerie, voire de bienfaiteur avisé des épopées électorales hexagonales, de Jean-Marie Le Pen aux barons socialistes, même s'il réserva l'essentiel de ses largesses à la nébuleuse néogaulliste. Un indice parmi d'autres: à un quart de siècle d'intervalle, Bongo exige et obtient la tête de deux titulaires de la Coopération: le tiers-mondiste Jean-Pierre Cot, en 1982, et le chrétien de gauche Jean-Marie Bockel, l'an dernier.

Epoque révolue à jamais, jure-t-on à l'Elysée. Voire. Sur ce front comme sur tant d'autres, nul doute que l'équipe de Bruno Joubert, patron de la "cellule africaine", s'évertue à normaliser une liaison si pesamment plombée. Effort parasité, de Madagascar à la Mauritanie, via Abidjan (Côte d'Ivoire) et le Gabon, par l'activisme de l'avocat Robert Bourgi, ce gardien du musée vivant de la Françafrique à qui l'insolite bienveillance de Nicolas Sarkozy et de son bras droit Claude Guéant confère une influence aussi néfaste qu'archaïque. Si, au Gabon, la France officielle vote blanc, Bourgi soutient "à titre personnel" le fils Ali. A titre personnel...

Coquetterie spécieuse pour qui sait le crédit qu'on accorde dans les palais africains aux conseillers de l'ombre supposés jouir -à tort ou à raison- de la confiance du boss. Et dévoiement patent de la continuité républicaine: "Bob" Bourgi fut dans les prétoires le défenseur d'Omar Bongo, mais aussi le tuteur légal à Paris d'une de ses filles née hors mariage. Le voici gourou autoproclamé de l'héritier présomptif... Il a d'ailleurs assisté, à l'été 2008, à l'audience accordée par "son ami" Sarkozy à Ali. Certes, ce dernier, reçu de nouveau en décembre, prend soin de souligner qu'il est venu rue du Faubourg-Saint-Honoré en tant que ministre de la Défense, appelé ès qualités à discuter de la révision d'un accord de coopération militaire. Soit. Reste qu'aucun de ses rivaux ne fut ainsi choyé.

Loin de dissiper l'équivoque, le message délivré par le président français dans la coulisse des funérailles du défunt patriarche, le 16 juin à Libreville, l'alimente. Que dit-il alors à Ali, à sa demi-soeur Pascaline et aux autres figures de proue d'une fratrie minée par les dissensions ? Aux dires mêmes de son entourage, ceci: "Que la famille s'accorde sur un nom. En cas de déchirement, vous flinguez l'élection et vous foutez le pays en l'air."

Mieux vaut ne pas passer pour le poulain de Paris

Une certitude: mieux vaut, pour Ali comme pour tout autre prétendant, ne pas passer pour le poulain de Paris. Quoique téléguidées, les clameurs hostiles adressées à Nicolas Sarkozy à l'heure des obsèques d'Omar - "On ne veut plus de vous! Partez! On veut les Chinois!"- reflètent un profond ressentiment envers l'ancienne métropole, abusivement tenue pour comptable de tous les maux d'un pays riche rongé par la pauvreté, l'incurie et le clientélisme. L'enquête ouverte à Paris sur les "biens mal acquis" de trois potentats d'Afrique, dont Omar Bongo Ondimba, relève pour nombre de Gabonais d'un acharnement inique à l'encontre du loyal allié affaibli par le deuil -celui de son épouse Edith-Lucie- et la maladie. D'autres, voire les mêmes, instruisent le procès d'une France suspectée de favoriser en sous-main le scénario de la succession dynastique.

Il y a d'ordinaire, dans le dépit amoureux, moins de dépit que d'amour. Pas sûr que tel soit le cas dans ce Gabon dont nul ne sait s'il sera demain celui de l'après-Omar ou celui de l'après-Bongo.

SONDAGE : QUI VA GAGNER L'ELECTION PRESIDENTIELLE GABONAISE ?

Si les élections sont démocratiques, quel est le groupe qui va gagner l'élection présidentielle anticipée du Gabon ?

Groupe 1 : Le Clan Bongo
 8.1%
Groupe 2 : Le PDG (parti au pouvoir)
 9.6%
Groupe 3 : La majorité présidentielle
 7.1%
Groupe 4 : L'opposition
 67.6%
Groupe 5 : La société Civile
 7.5%



Chef de file de l'Union du peuple gabonais (UPG), Pierre Mamboundou brigue ce dimanche la présidence sous les couleurs de l'Alliance pour le changement et la restauration. Interview d'un "opposant radical", seul des candidats majeurs à n'avoir jamais siégé au sein du gouvernement sous le règne du défunt Omar Bongo Ondimba.  

Les ralliements annoncés vendredi au profit de l'ancien ministre de l'Intérieur André Mba Obame modifient-ils l'équation du scrutin ?

Quels ralliements ? De cinglants démentis ont été opposée par les principaux intéressés. Si désistements il y avait, ils ne concerneraient que d'ex-pédégistes -cadres du PDG, le Parti démocratique gabonais au pouvoir-, anciens collaborateurs du président disparu dépourvus de toute assise politique. En clair, ce regroupement mort-né ne change rien. Ses acteurs ne sont que des singletons, et cinq ou dix singletons n'ont jamais fait un rassemblement. Quant à Mba Obame, il a sa télévision privée et recourt aux vieilles recettes pour garnir ses meetings. Le seul candidat qui n'affrète pas autocars et minibus pour acheminer les gens et ne distribue pas de T-shirts s'appelle Pierre Mamboundou.

Dans un entretien accordé à LEXPRESS.fr, le même André Mba Obame soutient que, sans avoir occupé de fonctions ministérielles, vous avez « travaillé en collusion » avec Omar Bongo.

Moi, je n'ai jamais pactisé avec personne. Quand, en 2006, les Forces de défense et de sécurité ont attaqué mon quartier général, je me suis réfugié durant un mois à l'ambassade d'Afrique du Sud à Libreville. J'ai ensuite engagé des contacts au plus haut niveau (avec Omar Bongo Ondimba, NDLR), parrainés par plusieurs chefs d'Etat étrangers. Il fallait qu'on se parle ; on s'est parlé. Notamment pour régler des questions relatives aux listes électorales. Une relation relativement suivie s'est alors établie. Ce qui m'a permis de m'opposer à des projets non conformes à l'intérêt national. A commencer par la cession à une société chinoise de la mine de fer de Belinga au prix d'un contrat léonin, lequel avait pour effet d'écarter les Français, découvreurs du gisement relégués au rang de clients des Chinois. J'ai, faute de mieux, obtenu que la part de la mine détenue par l'Etat gabonais passe de 5% à 25%. Par ailleurs, du fait du conflit qui m'opposait à Omar Bongo, jamais ma ville de Ndende n'avait reçu du pouvoir quoi que ce soit. A l'été 2006, j'ai estimé que le président devait solder ce passif. Je lui ai soumis 23 projets d'aménagement et d'équipement, qu'il a approuvés.

Le fichier électoral officiel recense 813000 électeurs. Que vous inspire un tel chiffre ?    

Si l'on tient compte de la population de nationalité gabonaise -soit 1,2 million de personne- et de l'accroissement démographique du pays, on aboutit à un collège électoral de 640 000 citoyens en âge de voter. Duquel il faut retrancher 20% d'abstention primaire (celles et ceux qui, quelles que soient les circonstances, ne prennent pas part aux scrutins). Reste environ 550 000 électeurs. Autant dire que le total avancé par le ministère de l'Intérieur est loufoque.

Ali Bongo peut-il être battu ?

Oui, je l'affirme haut et fort. Et ce malgré les entraves que nous venons d'évoquer. Le 1er décembre 2007, le défunt président a dressé un bilan éminemment négatif de ses mandats successifs. Après cela, dites-moi par quelle magie le candidat du PDG pourrait-il même prétendre arriver en deuxième ou troisième position. D'autant que la crise mondiale a exacerbé nos handicaps. Partout dans le pays, je perçois au sein de la population gabonaise une quête absolue de changement. Ali Bongo ne peut donc l'emporter qu'en recourrant au dispositif habituel de la fraude. Issus du sérail, mes rivaux savent fort bien comment on triche. Mais les tricheurs vont se neutraliser.

Qu'adviendra-t-il en cas d'annonce, au lendemain du scrutin, d'une nette victoire d'Ali ?

Eh bien la Françafrique et la mafia corse porteront alors la responsabilité de l'embrasement du Gabon. Le clan du pouvoir a fait venir des mercenaires étrangers par la filière corse et préparé un passage en force. Mais la répression ne suffira pas à faire taire les gens. Il faudra marcher sur leurs cadavres pour accéder au palais présidentiel. Pour ma part, j'aviserai le moment venu, mais il est clair que nous ne resterons pas les bras croisés.

Jugez-vous crédible la neutralité affichée par la France ?

Une rumeur persistante suggère que Paris soutient en sous-main le candidat du PDG. Tellement persistante qu'on est bien obligé de tendre l'oreille. Mais je n'en ai aucune preuve.

L'avocat Robert Bourgi, émissaire autoproclamé de Nicolas Sarkozy, roule ouvertement pour Ali Bongo.

Si tel est le cas, il appartient au président Sarkozy, pour qui j'ai le plus grand respect, de démontrer qu'il n'y a pas partage des tâches entre la France officielle, celle de la neutralité, et une France officieuse, celle de l'implication. Dès lors, comment un Robert Bourgi aurait-il l'outrecuidance de contredire la plus haute autorité de l'Etat? 

 Source l'Express et divers...

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Published by Militant - dans Politique
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Jacques-Daniel Delaire 30/08/2009 11:03

Monde-Société
L’étrange influence des francs-maçons en Afrique francophoneImportée par l’Europe, la franc-maçonnerie est singulièrement présente en Afrique francophone, mais aussi en Afrique anglophone, tout comme en Amérique latine ou aux Etats-Unis : le « Libertador » Simon Bolivar et le président Roosevelt étaient maçons.

Elle est souvent très proche du pouvoir, comme au Gabon, où le président Omar Bongo est l’éminence grise des obédiences locales. Dans les multiples crises qui accompagnent la démocratisation en cours du continent, les francs-maçons africains s’efforcent souvent de jouer un rôle de médiateur.
Au Congo-Brazzaville, l’ancien président congolais Denis Sassou Nguesso et son successeur Pascal Lissouba sont tous deux francs-maçons, mais d’obédiences différentes : M. Lissouba a été initié au Grand Orient (GO) de France, et M. Sassou Nguesso appartient à une loge sénégalaise affiliée à la Grande Loge nationale française (GLNF).
A la suite des récents affrontements entre leurs milices armées dans la capitale, des francs-maçons français et africains - de la Grande Loge de France (GLF), de la Grande Loge unie de Côte-d’Ivoire et des Grands Orients et Loges unies du Cameroun (Goluc) - ont joint leurs efforts pour rétablir la paix, sans succès jusqu’ici. Cet exemple en dit long sur l’influence des francs-maçons en Afrique francophone.
Depuis la création de la première loge par le GO, en 1781, à Saint-Louis du Sénégal, plusieurs francs-maçons ont illustré l’histoire de la colonisation française.
Tout d’abord les deux promoteurs de l’abolition de l’esclavage, l’abbé Grégoire sous la Révolution, et Victor Schoelcher, secrétaire d’Etat à la marine sous la IIe République, qui le fit supprimer définitivement en 1848 - l’esclavage avait été entre-temps rétabli par Napoléon Ier.
Puis Abd El Kader, reçu en 1864 au Grand Orient, lequel voulait manifester ainsi à l’émir algérien la reconnaissance des Français pour la protection qu’il avait accordée, dans son exil syrien, aux chrétiens de Damas lors des massacres de 1860. Le grand artisan de l’expansion coloniale française, Jules Ferry, était également franc- maçon.
Comme le sera le gouverneur des colonies Félix Eboué, un Noir originaire de Guyane qui, en 1940, rallia le Tchad à la France libre, entraînant toute l’Afrique-Equatoriale française et le Cameroun aux côtés du général de Gaulle au moment où le régime de Vichy promulguait les lois antimaçonniques et antijuives.
Les francs-maçons (ou « frères de lumière », comme on dit parfois) furent assez nombreux dans l’administration coloniale. Après la seconde guerre mondiale, ils militèrent, pour la plupart, pour l’indépendance des territoires africains d’outre-mer, et de plus en plus d’Africains rejoignirent les loges.
Après 1960, l’année des indépendances, la franc-maçonnerie a continué à essaimer, en s’africanisant et en s’émancipant par rapport aux obédiences françaises. Dans plusieurs pays africains francophones, des obédiences nationales se sont créées, qui ont néanmoins conservé des liens plus ou moins étroits avec les françaises, dont elles reflètent parfois les clivages.
Comme on sait, la franc-maçonnerie est muliple, voire morcelée, plus peut- être en France qu’ailleurs. Le clivage le plus net est celui qui sépare le Grand Orient des autres loges. A l’opposé des autres rites, le GO n’invoque pas, dans sa Constitution, le Grand Architecte de l’Univers, c’est-à-dire Dieu, et ses membres ne prêtent pas serment sur la Bible.
La Grande Loge de France et la Grande Loge nationale de France reconnaissent le Grand Architecte de l’Univers, mais seule la GLNF est reconnue par la Loge unie d’Angleterre, l’obédience mère de la franc- maçonnerie mondiale.
Les francs-maçons français continuent, bien sûr, à s’intéresser à l’Afrique : sous la Ve République, deux francs- maçons au moins ont été à la tête du ministère de la coopération, le socialiste Christian Nucci, du GO, et le gaulliste Jacques Godfrain, de la GLNF.
M. Guy Penne, l’ancien conseiller aux affaires africaines de François Mitterrand à l’Elysée entre 1981 et 1986, est membre du GO. Et l’ambassadeur Fernand Wibaux, conseiller personnel pour les affaires africaines du président Jacques Chirac (aux côtés de Jacques Foccart, récemment décédé), a été initié au GO.
D’une manière générale, les obédiences nationales de l’Afrique francophone sont issues d’une fusion des loges du GO et de la Grande Loge de France, qui existaient avant l’indépendance. C’est le cas du Grand Rite équatorial gabonais (GRE), des Grands Orients et Loges unies du Cameroun, des Grands Orients et Loges associées du Congo (Golac) et du Grand Bénin.
Mais au Gabon, à côté du GRE, existe une Grande Loge nationale, affiliée à la GLNF. En Côte-d’Ivoire, coexistent plusieurs obédiences, dont la Grande Loge unie et la Grande Eburnie, proches respectivement de la GLF et du GO. Au Togo, subsistent des loges du GO et de la GLF.
Au Sénégal, les loges du GO et de la GLF ont également conservé leur affiliation respective, mais la GLNF est également présente. Si les francs-maçons du Togo et du Sénégal n’ont pas créé d’obédience nationale, c’est parce qu’ils craignaient, assure-t-on, que celle-ci ne soit infiltrée par le pouvoir en place et n’en devienne un instrument, ce qui est parfois le cas dans d’autres pays.
Quoi qu’il en soit, la plupart des obédiences plus ou moins liées au GO et à la GLF participent aux Rencontres humanistes et fraternelles africaines et malgaches (Rehfram), qui se réunissent chaque année depuis 1992 dans une capitale africaine, et auxquelles sont invitées ces loges françaises. Les deux dernières réunions ont eu lieu en 1996 à Libreville, au Gabon (avec 400 participants), et en 1997 à Cotonou, au Bénin (avec 600 personnes, dont des délégués de plusieurs pays d’Europe).
Les loges africaines affiliées à la GNLF - qui fait, en l’occurrence, cavalier seul - ne participent pas à ces rencontres.
La GLNF a essaimé ces dernières années en Afrique noire, et cette avancée de la seule obédience française reconnue par la Grande Loge unie d’Angleterre et par la maçonnerie américaine agace les autres loges françaises, où certains la considèrent comme le cheval de Troie de l’influence anglo-saxonne sur le continent africain, ce dont elle se défend énergiquement.
Aucune loge des anciennes colonies britanniques n’est conviée aux Rehfram (elles sont aussi divisées entre obédiences liées à la Grande Loge unie d’Angleterre, à celle d’Ecosse ou celle d’Irlande, comme par exemple au Nigeria, au Zimbabwe, au Kenya et en Ouganda).
En revanche, le GO du Zaïre (actuellement République démocratique du Congo - RDC, une émanation du GO de Belgique, prend part à ces réunions « humanistes et fraternelles » entre loges d’Afrique francophone.
Face à la répression
LES francs-maçons n’ont jamais manqué d’ennemis, souvent peu recommandables, ce qui constitue sans doute leur meilleur « certificat de moralité ». Le plus acharné et le plus impitoyable était Hitler, qui entendait lutter contre un imaginaire « complot judéo-maçonnique ».
Les dictatures fascistes (de Mussolini, de Franco, de Salazar et de Pinochet) ont également interdit la franc- maçonnerie.
A l’autre extrême, les communistes étaient, eux aussi, hostiles, du moins à l’origine : en 1922, le Parti communiste français ratifia la décision du IVe congrès de l’Internationale communiste excluant les francs-ma&cc

Jacques-Daniel Delaire 29/08/2009 18:21

http://colere.typepad.fr/don_carlito/2009/05/okiliboyer-sexprime-en-3-vid%C3%A9os.htmlC'est dépassé, mais cela explique des choses...!

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