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5 octobre 2009 1 05 /10 /octobre /2009 12:04

Copie ci-dessous d'une analyse de TTU

ANALYSE

   
 

01/10/2009

 
   
 

Grandes manœuvres entre les occidentaux
et l’Iran

Par la Rédaction de TTU

 
 

Début septembre, les Iraniens remettent aux cinq membres permanents du Conseil de sécurité et à l'Allemagne une proposition de négociation sur tous les grands sujets du jour — à l'exception du seul sujet qui intéresse vraiment leurs interlocuteurs : leur programme nucléaire ! Barack Obama, qui a déjà été avec eux en correspondance secrète, entraîne malgré tout ses partenaires dans le sens d'une réponse positive. L'on y va du côté français, mais en envoyant des signaux de grand scepticisme, et en rappelant la vulgate arrêtée à New York : avant d'aborder les choses sérieuses, l'Iran devra arrêter de faire tourner ses centrifugeuses et même d'en expérimenter, d'en construire et d'en installer de nouvelles. Ce que l'Iran, depuis longtemps, a déclaré inacceptable, considérant qu'un tel geste de soumission prédéterminerait l'issue de la négociation.

Des deux côtés, chacun travaille alors à la façon d'ouvrir, de la façon la plus favorable pour soi, le contact qu'il a été convenu de prendre le 1er octobre à Genève : un peu à la façon des généraux manœuvrant avant la bataille de façon à mettre le soleil dans l'œil de l'adversaire. Depuis de longs mois, les Occidentaux savent que les Iraniens sont en train d'installer entre Qom et Téhéran une seconde unité de centrifugation, en sus de celle de Natanz. Cette unité ne sera opérationnelle qu'à une date située quelque part en 2010, ou plus vraisemblablement encore en 2011.

L'Iran, selon la lettre de son accord de garanties avec l'AIEA, doit déclarer toute nouvelle installation et l'ouvrir aux inspecteurs six mois au minimum avant l'introduction de matières nucléaires. Il est donc encore amplement dans les temps. S'il n'y a donc pas de vraie urgence — c'est à Natanz, dans l'unité existante, que tournent les centrifugeuses, pas à Qom —, les contours de cette unité ont de quoi créer une émotion mondiale. Elle est d'abord souterraine. Ensuite, bien que confiée à l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, extérieure à l'armée, elle est installée sur une base militaire.

L'idée doit donc cheminer, du côté occidental, de révéler l'existence de cette installation à proximité de la rencontre du 1er octobre, de façon à déstabiliser au mieux les Iraniens. C'est une tactique familière, déjà mise en œuvre avec un certain succès, lors de rencontres précédentes importantes, lorsque se préparait une réunion du conseil des gouverneurs de l'AIEA ou du Conseil de sécurité. C'est alors que le monde apprenait que l'Iran poursuivait telle ou telle nouvelle activité clandestine, dans tel ou tel laboratoire secret. Obligés de se défendre, de polémiquer, de démentir, les Iraniens négociaient alors le dos au mur.

Mais les Iraniens sentent, cette fois-ci, le vent venir, et prennent les Occidentaux de vitesse. Ils déposent donc, le lundi 21 septembre, au secrétariat de l'AIEA une lettre annonçant l'existence du projet. Ils déclarent que l'unité en question a vocation à être placée sous contrôle de l'Agence, qu'elle est confiée à l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, extérieure à la Défense. Ils précisent, en outre, qu'ils n'ont pas l'intention de dépasser dans cette installation, comme déjà à Natanz, le taux d'enrichissement de 5 %, suffisant pour des usages industriels, donc pacifiques. Mais ils commettent l'erreur de ne donner à leur démarche aucun écho médiatique. Américains, Français et Britanniques, aussitôt alertés, apportent alors à l'AIEA les informations qu'ils ont accumulées sur le projet et mettent en scène la présentation dramatique faite par Obama, Sarkozy et Brown en ouverture du Sommet de Pittsburg.

Sur le fond, la découverte de cette nouvelle unité change-t-elle la donne ? Pas vraiment. Les 3 000 centrifugeuses qu'elle est appelée à accueillir auraient tout aussi bien pu être installées, et sans doute beaucoup plus tôt, dans l'usine de Natanz, qui en a déjà 7 000 ou 8 000 et dispose encore de vastes espaces aménagés. Dans la mesure ou, nolens volens, les Iraniens ont désormais fait le choix de la placer sous contrôle de l'AIEA, toute tentative d'y produire un jour de l'uranium hautement enrichi, donc de qualité militaire, serait là, comme ailleurs, aussitôt détectée par les inspecteurs de l'Agence. Plus rien de clandestin ne peut donc s'y faire. Et la démonstration est apportée qu'à l'heure des drones et des satellites, il est impossible de garder longtemps secrète une activité industrielle ou de recherche-développement de dimension significative dans un pays bien surveillé.

Mais quand même, pourquoi avoir donc créé une unité d'enrichissement ainsi détachée de celle de Natanz, souterraine et sur une base des Pasdaran ? Peut-être en effet pour y produire l'uranium nécessaire à la bombe ; mais là, on l'a vu, c'est raté. L'autre raison, qui n'exclut pas la première, est la volonté de préserver, au moins à échelle réduite, la technologie et le savoir-faire déjà accumulés par l'Iran en matière de centrifugation. Ceci dans l'hypothèse, dont les Iraniens ont les oreilles rebattues depuis au moins quatre ans, d'une frappe américaine ou israélienne sur leurs installations nucléaires. Car leurs installations actuelles sont fort exposées : à ciel ouvert, à Ispahan, pour les activités de conversion de l'uranium et de fabrication de combustible, à ciel ouvert ou faiblement enterrées, à Natanz, pour leurs activités d'enrichissement, à ciel ouvert encore à Arak, où se trouve une usine d'eau lourde et où se construit, à petit rythme, un réacteur de recherche de 40 mégawatts.

D'autant qu'Israéliens et Américains parviennent à empêcher les Iraniens d'utilement protéger ces divers sites, en ayant convaincu les Russes de ne pas livrer ces missiles sol-air de dernière génération S-300 que les Iraniens leur ont pourtant achetés. Voilà donc les installations de Natanz, d'Ispahan et d'Arak, présentées comme pacifiques, et en tous cas contrôlées par l'AIEA, devenues des chèvres au piquet. Si cette explication est la bonne, si "l'option militaire" continue d'être agitée par les uns et les autres, si l'on mène, de-ci de-là, des exercices officieusement présentés comme des répétitions de frappes sur l'Iran, il faut s'attendre à voir un certain nombre d'autres d'activités nucléaires sensibles iraniennes continuer à plonger sous terre, au moins pour partie, en une sorte d'opération "arche de Noé". Voilà qui promet de nouvelles joutes verbales et de nouvelles révélations spectaculaires dans la période à venir.

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Published by Militant - dans Politique
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