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26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 07:08
La méthode Petraeus 
à l'épreuve afghane.
Après l'Irak, le général David Petraeus (ici, à Washington en mai 2008) entend appliquer auprès de la population afghane une «approche compréhensive» destinée à «gagner les cœurs» pour mieux traquer l'ennemi taliban.
Après l'Irak, le général David Petraeus (ici, à Washington en mai 2008) entend appliquer auprès de la population afghane une «approche compréhensive» destinée à «gagner les cœurs» pour mieux traquer l'ennemi taliban. Crédits photo : ASSOCIATED PRESS

L'ancien commandant de la force multinationale en Irak prend le commandement de l'armée américaine pour les opérations au Moyen-Orient et en Asie centrale.

En matière militaire, c'est la règle numéro un. «Chaque situation est unique, elle a son propre contexte et ses propres circonstances. Ce qui marche quelque part peut ne pas marcher ailleurs.» Le succès de sa stratégie en Irak n'a pas écorné la modestie du général David Petraeus. De passage à Paris, dans cette France qu'il connaît bien et dont il «admire énormément les militaires», l'ancien commandant de la Force multinationale en Irak, qui s'apprête à prendre la direction, le 31 octobre, du CentCom, le commandement de l'armée américaine pour toutes les opérations au Moyen-Orient et en Asie Centrale, donc à Bagdad et à Kaboul, n'annonce pas des lendemains qui chantent en Afghanistan.

Couplé à une augmentation des troupes sur le terrain, dont le nombre a été porté à 146 000 hommes, le retournement des tribus arabes sunnites contre les milices d'al-Qaida, dont la violence aveugle exaspérait la population irakienne, a permis une diminution de 80 % de la violence en Irak depuis le mois de juin dernier.

 

«Il faut être réaliste»

 

Cette amélioration de la sécurité a aussi entraîné des progrès dans les domaines politique et économique. «Des éléments sunnites ont rejoint le gouvernement… Les responsables politiques, qui peuvent enfin s'occuper d'autre chose que de leur survie, sont plus efficaces», explique le général Petraeus.

Le nouveau commandant du CentCom reste cependant prudent. Les progrès en Irak sont «réversibles» et «fragiles». Affaiblie, al-Qaida n'a pas disparu d'Irak. «Il ne s'agit pas d'être optimiste ou pessimiste. Il faut être réaliste. Même si la situation est meilleure aujourd'hui qu'elle ne l'était début 2007, l'Irak, ça a été très dur et cela va rester dur.» Mais surtout, rien ne dit aujourd'hui que la méthode Petraeus, qui a produit des effets très positifs en Irak, soit transposable à l'Afghanistan. À Bagdad, les forces internationales font de la «reconstruction». À Kaboul, elles font de la «construction». «Malgré les destructions et les sanctions, l'Irak possède des infrastructures remarquables. Le pays a des traditions, un gouvernement qui fonctionne, des ressources.» Rien de tel en Afghanistan, un pays pauvre et sous-développé, qui n'a jamais eu d'État fort. Et dont le terrain accidenté est d'autant plus difficile à investir que les troupes étrangères y sont trois fois moins nombreuses qu'en Irak. Et ce ne sont pas les 4 000 hommes supplémentaires que George Bush s'apprête à y envoyer qui feront la différence.

Les mêmes causes produisant cependant les mêmes effets, la nouvelle approche américaine en Irak qui, sous la houlette de Petraeus, devrait en partie être appliquée en Afghanistan, reste porteuse d'espoir. Basée sur une «approche compréhensive» destinée à «gagner les cœurs», une «stratégie globale» qui nécessite la «pleine coopération» du Pakistan voisin, la méthode de contre-insurrection du général Petraeus s'appuie sur des fondamentaux parfois oubliés par les troupes américaines en Afghanistan, dont les bombardiers accumulent les bavures. «Il faut assurer la sécurité de la population, que nous devons servir. Il faut promouvoir le concept de réconciliation», affirme Petraeus. Tenir les zones qui ont été sécurisées. Vivre au milieu des Afghans. Identifier et poursuivre l'ennemi sans répit. «Notre tâche est de faire en sorte qu'on ne nous voit plus comme des occupants mais, à nouveau, comme des libérateurs.» Un vrai challenge.

Comment seront articulées et coordonnées les forces de l' ISAF, qui combattent à coté des forces américainnes, cela demande des éclaircissements, notament pour les troupes françaises aux moyens limités pour le moment et en cours de réajustement après les votes des deux assemblées pour leur maintient, ce qui prendra plusieurs semaines ? Nous vous tiendrons informés !

J D D

Le chef des talibans pakistanais serait décédé
De notre correspondante à New Delhi, Marie-France Calle
01/10/2008 | Mise à jour : 19:10 |
.

Plusieurs chaînes de télévision locales ont annoncé la mort de Baitullah Mehsud.

Mort ou vif ? Mercredi encore, la confusion régnait sur le sort de Baitullah Mehsud, le chef du Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), le Mouvement des talibans pakistanais. Plusieurs chaînes de télévision locales affirmaient qu'il était décédé dans la nuit. Des agents du renseignement le disaient gravement malade sans pour autant confirmer sa mort. Quant aux talibans, ils ont vivement réagi : «Ces rumeurs sont de purs mensonges, elles ne visent qu'à affaiblir le TTP», a lancé un proche de Mehsud. «Notre leader est en parfaite santé, a déclaré le maulvi Omar, l'un des porte-parole de Mehsud. Il ne s'agit là que de la propagande du gouvernement.»

Que Mehsud souffre de diabète, qu'il ait eu la typhoïde ou soit dans le coma en raison d'une défaillance rénale, l'interrogation reste la même : quelle importance revêtirait sa disparition ? Aucune en réalité. Les successeurs ne manquent pas. Tous aussi motivés ? Sûrement. Aussi rusés ? Pas forcément. Basée dans la zone tribale du Sud-Waziritan, la tribu des Mehsud jouit d'une excellente réputation des deux côtés de la ligne Durand, frontière poreuse entre le Pakistan et l'Afghanistan.

«Baitullah a réussi à recruter plus de 20 000 combattants, la plupart appartenant au clan des Mehsud», relève-t-on à Jamestown, un think-tank américain. Il aurait surtout galvanisé des centaines de jeunes Pachtouns des zones tribales, prêts à devenir des Shahid, des martyrs. En clair, des kamikazes. Selon les Nations unies, Mehsud aurait été derrière 80 % des attentats suicides en Afghanistan, en 2006 et en 2007. Il s'est définitivement «fait un nom» en devenant le premier suspect dans l'attentat qui a tué l'ex-premier ministre Benazir Bhutto, le 27 décembre 2007.

Et pourtant. «Baitullah Mehsud n'est plus aussi rassembleur qu'avant. Il doit se battre contre d'autres groupes. Tous ne sont pas protalibans», confiait récemment un analyste à Karachi. Depuis le début du mois d'août, l'armée pakistanaise poursuit sans relâche ses opérations dans l'agence tribale de Bajaur. Elle a réussi à se rallier une tribu pachtoune prête à en découdre avec les talibans et al-Qaida. Une première.

 

Nouveaux combattants

 

Volontaires pour chasser les terroristes de la ceinture tribale, ces combattants d'un nouveau type sont farouchement opposés à une quelconque intervention américaine en territoire pakistanais. Tout comme le gouvernement d'Islamabad. Dans la nuit de mardi à mercredi, un drone aurait lâché un missile sur un village du Nord-Waziristan, tuant huit personnes. Le premier ministre pakistanais, Youssouf Raza Gilani, a qualifié de «terrorisme» les incursions étrangères au Pakistan.

Mercredi, alors que le Pakistan célébrait l'Aïd el-Fitr, des milliers de réfugiés continuaient de quitter les zones tribales pour le sud afghan. Selon le Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU, plus de 20 000 personnes, chassées par les combats, auraient rejoint l'Afghanistan.

» Le blog Figaro de Marie-France Calle

Plusieurs chaînes de télévision locales ont annoncé la mort de Baitullah Mehsud.

Mort ou vif ? Mercredi encore, la confusion régnait sur le sort de Baitullah Mehsud, le chef du Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), le Mouvement des talibans pakistanais. Plusieurs chaînes de télévision locales affirmaient qu'il était décédé dans la nuit. Des agents du renseignement le disaient gravement malade sans pour autant confirmer sa mort. Quant aux talibans, ils ont vivement réagi : «Ces rumeurs sont de purs mensonges, elles ne visent qu'à affaiblir le TTP», a lancé un proche de Mehsud. «Notre leader est en parfaite santé, a déclaré le maulvi Omar, l'un des porte-parole de Mehsud. Il ne s'agit là que de la propagande du gouvernement.»

Que Mehsud souffre de diabète, qu'il ait eu la typhoïde ou soit dans le coma en raison d'une défaillance rénale, l'interrogation reste la même : quelle importance revêtirait sa disparition ? Aucune en réalité. Les successeurs ne manquent pas. Tous aussi motivés ? Sûrement. Aussi rusés ? Pas forcément. Basée dans la zone tribale du Sud-Waziritan, la tribu des Mehsud jouit d'une excellente réputation des deux côtés de la ligne Durand, frontière poreuse entre le Pakistan et l'Afghanistan.

«Baitullah a réussi à recruter plus de 20 000 combattants, la plupart appartenant au clan des Mehsud», relève-t-on à Jamestown, un think-tank américain. Il aurait surtout galvanisé des centaines de jeunes Pachtouns des zones tribales, prêts à devenir des Shahid, des martyrs. En clair, des kamikazes. Selon les Nations unies, Mehsud aurait été derrière 80 % des attentats suicides en Afghanistan, en 2006 et en 2007. Il s'est définitivement «fait un nom» en devenant le premier suspect dans l'attentat qui a tué l'ex-premier ministre Benazir Bhutto, le 27 décembre 2007.

Et pourtant. «Baitullah Mehsud n'est plus aussi rassembleur qu'avant. Il doit se battre contre d'autres groupes. Tous ne sont pas protalibans», confiait récemment un analyste à Karachi. Depuis le début du mois d'août, l'armée pakistanaise poursuit sans relâche ses opérations dans l'agence tribale de Bajaur. Elle a réussi à se rallier une tribu pachtoune prête à en découdre avec les talibans et al-Qaida. Une première.

 

Nouveaux combattants

 

Volontaires pour chasser les terroristes de la ceinture tribale, ces combattants d'un nouveau type sont farouchement opposés à une quelconque intervention américaine en territoire pakistanais. Tout comme le gouvernement d'Islamabad. Dans la nuit de mardi à mercredi, un drone aurait lâché un missile sur un village du Nord-Waziristan, tuant huit personnes. Le premier ministre pakistanais, Youssouf Raza Gilani, a qualifié de «terrorisme» les incursions étrangères au Pakistan.

Mercredi, alors que le Pakistan célébrait l'Aïd el-Fitr, des milliers de réfugiés continuaient de quitter les zones tribales pour le sud afghan. Selon le Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU, plus de 20 000 personnes, chassées par les combats, auraient rejoint l'Afghanistan. D''où un risque accru d'infiltration de combatants talibans !
Cette région doit être prise en tenaille, d'un coté par les forces de l'Otan et de l'autre par l'armée pakistanaise !
Quid d'une coordination  militaire et politique ?

 

Quand l'US Army recrute des Russes...

AyupovIl s'appelle Eynar Ayupov, il est de nationalité russe et sert actuellement en Irak au sein de... l'armée américaine. Né en Russie, à Ufa en 1988, il est arrivé aux Etats-Unis en 2004, avec sa mère. Bien que de nationalité étrangère, il s'est engagé dans l'US Army en novembre 2006. Il est en ce moment à Bagdad, dans un emploi administratif.

Comme lui, des milliers d'étrangers s'engagent dans l'armée américaine, qui connait des difficultés de recrutement. On estime leur nombre à environ 30.000. En novembre, le soldat Ayupov obtiendra la nationalité américaine, en récompense de son engagement. (photo: US Army)

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24 septembre 2008 3 24 /09 /septembre /2008 07:06
400 islamistes font
du prosélytisme en prison.

Un rapport de l'administration pénitentiaire alerte sur le risque de contagion du fondamentalisme musulman en milieu carcéral.

Les «Barbus» s'activent derrière les barreaux. Selon un rapport «confidentiel défense» de l'administration pénitentiaire (AP) auquel Le Figaro a eu accès, pas moins de 442 islamistes incarcérés en France manifestent un comportement inquiétant. Parmi eux : 78 détenus pour des actes de terrorisme et six islamo-braqueurs condamnés pour leur soutien logistique à des réseaux.

Les agents du très discret bureau du renseignement pénitentiaire ont aussi repéré 147 détenus qui se livrent à des «activités de prosélytisme opérationnel». En clair : une nouvelle génération qui attise les flammes du djihad. Et ceux-là sont des prisonniers de droit commun.

«Ces religieux clandestins se sont radicalisés en surfant sur Internet, confie un haut responsable de l'AP. Loin d'être de fins connaisseurs du Coran, ils distillent des fragments de sourates pouvant faire référence à la violence et reprennent un discours moyenâgeux pour convertir leurs compagnons de cellule.»

Leurs cibles ? Déjà au moins 211 détenus «en voie d'islamisation radicale», révèle le rapport. Il s'agit à plus de 80 % de Français d'origine maghrébine. Leur faible niveau culturel les rend perméables aux discours manichéens visant à détruire l'Occident. On compte aussi parmi les recrues «environ 10 % de jeunes ayant fait des études supérieures», constate un expert.

«Dans beaucoup de nos dossiers, on retrouve désormais des Français de souche convertis, pour la plupart, en prison», confie un juge du pôle antiterroriste. Ce magistrat le reconnaît : «C'est un vrai souci. Si l'on regroupe les éléments radicaux en un même lieu, ils finissent par conspirer. Et si on les disperse, ils contaminent les autres détenus». «La technique consiste alors à les déplacer régulièrement pour éviter que les liens ne se consolident», explique le chercheur Farhad Khosrokhavar, auteur de L'Islam dans les prisons, chez Balland.

 

Conversions de «confort»

 

Les islamistes recrutent même chez les délinquants sexuels. Des conversions dites de «confort». «En faisant allégeance à l'islam radical, ces détenus considérés comme pestiférés intègrent la communauté des frères pour obtenir des protections et éviter les représailles», décrypte un responsable du renseignement pénitentiaire.

Soucieuse d'améliorer la détection de ces individus à risque comme elle le révélait dans Le Figaro du 11 septembre 2008, la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, présentera le 30 septembre à l'Institut national des hautes études de sécurité (Inhes), à Saint-Denis, un manuel de 60 pages sur «le fondamentalisme en milieu carcéral». Ce guide sera diffusé aux 24 000 surveillants de prison, aux policiers, aux gendarmes et aux juges antiterroristes. «Pour la première fois, les services de sécurité algériens ont été associés à ce travail», se félicite-t-on place Beauvau. Le document décortique le processus de radicalisation étape par étape. «Il souligne d'emblée le poids des origines, de la cité, de la rupture scolaire et de la marginalisation de certaines populations, qui justifie leur enracinement communautaire, puis leur haine des valeurs démocratiques occidentales», résume un responsable de l'Unité de coordination de lutte antiterroriste (UCLAT).

Ensuite, il dresse une liste de 23 indicateurs permettant d'identifier des conduites déviantes : outre l'affichage ostentatoire de logos faisant référence à al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) ou d'une photo de Ben Laden sur les murs de la cellule, la lecture de certains ouvrages religieux, le refus de se promener avec d'autres détenus, de prendre des repas en commun ou de vouloir imposer des heures de prière sont notés scrupuleusement.

«En fait, nous voulons mettre un terme aux défis permanents qu'ils lancent à l'autorité pénitentiaire, en voulant substituer la charia à notre règlement», martèle-t-on dans l'entourage de Michèle Alliot-Marie.

En annexe, sur 20 pages, figureront les logos, sigles et signes d'appartenance à la mouvance al-Qaida. Le but étant de dévoiler les contours et les pratiques de cette nébuleuse pour mieux la combattre.

Pour le sociologue Farhad Khosrokhavar, «cette initiative a au moins le mérite de sensibiliser l'opinion et les personnels». Mais, à l'entendre, le manque d'aumôniers musulmans en prison encourage l'émergence de cet islam occulte et belliqueux. À ce jour, «alors que la moitié des détenus sont musulmans», dit-il, seuls 100 imams exercent dans les établissements pénitentiaires français. Pour 600 aumôniers chrétiens. L'islam reste, dans l'esprit de bien des détenus, la «religion des opprimés»..

Un rapport de l'administration pénitentiaire alerte sur le risque de contagion du fondamentalisme musulman en milieu carcéral.

Les «Barbus» s'activent derrière les barreaux. Selon un rapport «confidentiel défense» de l'administration pénitentiaire (AP) auquel Le Figaro a eu accès, pas moins de 442 islamistes incarcérés en France manifestent un comportement inquiétant. Parmi eux : 78 détenus pour des actes de terrorisme et six islamo-braqueurs condamnés pour leur soutien logistique à des réseaux.

Les agents du très discret bureau du renseignement pénitentiaire ont aussi repéré 147 détenus qui se livrent à des «activités de prosélytisme opérationnel». En clair : une nouvelle génération qui attise les flammes du djihad. Et ceux-là sont des prisonniers de droit commun.

«Ces religieux clandestins se sont radicalisés en surfant sur Internet, confie un haut responsable de l'AP. Loin d'être de fins connaisseurs du Coran, ils distillent des fragments de sourates pouvant faire référence à la violence et reprennent un discours moyenâgeux pour convertir leurs compagnons de cellule.»

Leurs cibles ? Déjà au moins 211 détenus «en voie d'islamisation radicale», révèle le rapport. Il s'agit à plus de 80 % de Français d'origine maghrébine. Leur faible niveau culturel les rend perméables aux discours manichéens visant à détruire l'Occident. On compte aussi parmi les recrues «environ 10 % de jeunes ayant fait des études supérieures», constate un expert.

«Dans beaucoup de nos dossiers, on retrouve désormais des Français de souche convertis, pour la plupart, en prison», confie un juge du pôle antiterroriste. Ce magistrat le reconnaît : «C'est un vrai souci. Si l'on regroupe les éléments radicaux en un même lieu, ils finissent par conspirer. Et si on les disperse, ils contaminent les autres détenus». «La technique consiste alors à les déplacer régulièrement pour éviter que les liens ne se consolident», explique le chercheur Farhad Khosrokhavar, auteur de L'Islam dans les prisons, chez Balland.

 

Conversions de «confort»

 

Les islamistes recrutent même chez les délinquants sexuels. Des conversions dites de «confort». «En faisant allégeance à l'islam radical, ces détenus considérés comme pestiférés intègrent la communauté des frères pour obtenir des protections et éviter les représailles», décrypte un responsable du renseignement pénitentiaire.

Soucieuse d'améliorer la détection de ces individus à risque comme elle le révélait dans Le Figaro du 11 septembre 2008, la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, présentera le 30 septembre à l'Institut national des hautes études de sécurité (Inhes), à Saint-Denis, un manuel de 60 pages sur «le fondamentalisme en milieu carcéral». Ce guide sera diffusé aux 24 000 surveillants de prison, aux policiers, aux gendarmes et aux juges antiterroristes. «Pour la première fois, les services de sécurité algériens ont été associés à ce travail», se félicite-t-on place Beauvau. Le document décortique le processus de radicalisation étape par étape. «Il souligne d'emblée le poids des origines, de la cité, de la rupture scolaire et de la marginalisation de certaines populations, qui justifie leur enracinement communautaire, puis leur haine des valeurs démocratiques occidentales», résume un responsable de l'Unité de coordination de lutte antiterroriste (UCLAT).

Ensuite, il dresse une liste de 23 indicateurs permettant d'identifier des conduites déviantes : outre l'affichage ostentatoire de logos faisant référence à al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) ou d'une photo de Ben Laden sur les murs de la cellule, la lecture de certains ouvrages religieux, le refus de se promener avec d'autres détenus, de prendre des repas en commun ou de vouloir imposer des heures de prière sont notés scrupuleusement.

«En fait, nous voulons mettre un terme aux défis permanents qu'ils lancent à l'autorité pénitentiaire, en voulant substituer la charia à notre règlement», martèle-t-on dans l'entourage de Michèle Alliot-Marie.

En annexe, sur 20 pages, figureront les logos, sigles et signes d'appartenance à la mouvance al-Qaida. Le but étant de dévoiler les contours et les pratiques de cette nébuleuse pour mieux la combattre.

Pour le sociologue Farhad Khosrokhavar, «cette initiative a au moins le mérite de sensibiliser l'opinion et les personnels». Mais, à l'entendre, le manque d'aumôniers musulmans en prison encourage l'émergence de cet islam occulte et belliqueux. À ce jour, «alors que la moitié des détenus sont musulmans», dit-il, seuls 100 imams exercent dans les établissements pénitentiaires français. Pour 600 aumôniers chrétiens. L'islam reste, dans l'esprit de bien des détenus, la «religion des opprimés».

Danger, j'attends vos commentaies ! JDD/militant
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22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 17:09
Plus d'hélicoptères, des drones: la France envoie des moyens supplémentaires en Afghanistan

 

 

François Fillon à l'Assemblée nationale , à Paris, le 22 septembre 2008
© 2008 AFP (Patrick Kovarik)
François Fillon à l'Assemblée nationale , à Paris, le 22 septembre 2008

La France a "tiré les enseignements" de l'embuscade meurtrière du 18 août en Afghanistan, décidant l'envoi de "moyens militaires" supplémentaires, a solennellement annoncé lundi le Premier ministre, François Fillon, à la tribune de l'Assemblée.

"Concrètement, des hélicoptères Caracal et Gazelle, des drones (avions sans pilote, ndlr), des moyens d'écoute, des mortiers supplémentaires seront envoyés, avec les effectifs correspondants, soit une centaine d'hommes", a annoncé le Premier ministre.

Ces moyens essentiellement matériels et tournés vers le renseignement "seront sur place dans quelques semaines", a précisé M. Fillon.

La presse française et internationale, mais aussi certains soldats ou leurs familles, ont pointé à plusieurs reprises ces dernières semaines des déficiences dans l'équipement individuel et collectif des troupes engagées en Afghanistan.

La polémique a rebondi ce week-end avec un article du journal canadien Globe and Mail, citant un document de l'Otan selon lequel elles avaient manqué de munitions et de moyens de transmission, le 18 août.

Concernant les nouveaux moyens, on parle, de source proche du dossier, "d'au moins un Caracal et de deux hélicoptères légers de reconnaissance", le président Nicolas Sarkozy, chef des armées, devant rendre rapidement ses arbitrages sur leur nombre précis.

Des soldats français au Camp Warehouse de Kaboul, le 24 avril 2007
© 2008 AFP (Shah Marai)
Des soldats français au Camp Warehouse de Kaboul, le 24 avril 2007

"Le but n'est pas d'accroître le volume de combattants mais de donner aux forces françaises un environnement qui les mette à l'abri de surprises stratégiques comme celle survenue à Uzbeen", où sont tombés les dix soldats.

Ainsi, hormis la centaine de soldats qui serviront hélicoptères et autres drones, la France n'entend déployer ni renforts humains supplémentaires ni forces spéciales constituées, des moyens réclamés sans relâche aux alliés par l'Otan et les Etats-Unis.

Les derniers renforts significatifs avaient été dépêchés cet été, avec 700 hommes déployés dans l'est de l'Afghanistan où ils ont relevé des soldats américains. Ils ont porté à quelque 3.300 le nombre de soldats français sur le théâtre d'opérations afghan, dont 2.600 en Afghanistan même.

Une autre source proche du dossier précise que les nouveaux moyens déployés par la France en Afghanistan seront destinés de manière "préférentielle" au commandement régional de Kaboul (Regional Command Capital, RCC), l'une des cinq zones tracées par l'Otan en Afghanistan.

De nouveau commandée par un Français, le général Michel Stollsteiner, depuis août, la zone de Kaboul réunit la majorité des soldats français déployés en Afghanistan, dont ceux agissant dans la région d'Uzbeen.

Une semaine après l'embuscade, le général Stollsteiner avait concédé: "Nous avons péché par excès de confiance".

Il ne s'agit pas "de combler des insuffisances mais de s'adapter à une nouvelle donne, une première en Afghanistan où l'Otan n'avait jamais connu de combats menés par les talibans avec un tel niveau de sophistication et de précision" que le 18 août, assurait-on cependant lundi.

Dernière mise à jour le: Lundi 22 Septembre 2008, 18:05

24/09/2008

Exclusif : le "rapport secret" sur l'embuscade rédigé par les Forces spéciales américaines

Le "rapport secret" publié ce weekend par le journal canadien Globe and Mail est le compte rendu rédigé par un officier américain des opérations spéciales présent sur place [lui ou ses hommes, nous n'avons pu l'établir exactement] durant l'embuscade d'Uzbin.  Ce document est classifié "Nato Secret". Il a été rédigé à chaud dans les heures qui ont suivies l'embuscade et a été diffusé dans la chaîne hiérarchique de l'Isaf, pour permettre d'établir le déroulement exact des opérations du 18 août. Il ne s'agit donc pas d'une évaluation définitive, ce que les militaires appellent un Retex (Retour d'expérience). Rien ne dit par ailleurs qu'il ait été diffusé à la presse par son auteur, bien au contraire.

On sait que des forces spéciales américaines faisaient partie de la colonne prise sous le feu des insurgés. D'autres sont arrivées en renfort dans le soirée, et ce sont des forces spéciales norvégiennes (présentes à Kaboul aux côtés des Américains) qui sont allées récupérer les corps de certains soldats français tués.

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Un internaute, au fait de ces questions complexes, nous précise que "la classification NATO SECRET ne veut rien dire de plus que le choix de confidentialité choisi par le premier originateur du document. La procédure suivie par tout rédacteur OTAN est de choisir le meilleur niveau de classification adapté à l'ampliation, en présupposant le niveau des certificats de sécurité individuels des destinataires. Par contre, la déclassification en NATO CONFIDENTIAL ou NATO RESTRICTED au long de la chaîne de traitement des données ne peut pas être faite par n'importe qui. Le niveau NATO SECRET est le niveau normal de documents relatifs au combat. Il n'implique aucune exclusion, les responsables français sur place ayant des certificats supérieurs à cette classe".


  • Nos articles auront informés le peuple, ses élus ont pris leurs responsabilités !

27/09/2008

Budget: des achats urgents pour l'Afghanistan

Le projet de budget pour 2009 prévoit des acquisitions de matériels "en urgence opérationnelle" pour faire face à la situation militaire en Afghanistan, notamment. Il s'agit de 60 tourelleaux téléopérés pour les VAB, 50 cabines blindées pour les camions de transport du Train, 135 brouilleurs contre les engins explosifs improvisés et 1400 obus de morties éclairants.

La liste de course des armées pour 2009 : 14 Rafale, 1 frégate, 34 obusiers...

Voici la liste des matériels qui seront livrés aux armées en 2009, selon le projet de loi de finances initiale présenté aujourd'hui. On peut consulter dossier complet en cliquant ici.

Moyens aériens :

- 2 Transall C160 Gabriel rénovés de recueil du renseignement électromagnétique

- 8 hélicoptères d'appui-protection Tigre

- 14 Rafale

- 7 pods de reconnaissance nouvelle génération, 352 bombes AASM, 30 missiles air-air Mica

Moyens sol-air:

- 3 systèmes sol-air moyenne portée

- 128 missiles antiaériens Aster 15 et 30 (y compris ceux pour la Marine)

Moyens terrestres :

- 96 VBCI (véhicules blindés de combat d'infanterie)

- 44 VBL (véhicules blindés légers)

- 132 PVP (petits véhicules protégés)

- 34 canons de 155 mm Caesar

- 2749 équipements de fantassins Félin

Moyens navals:

- la frégate antiaérienne Chevalier Paul

- 75 torpilles MU 90

Moyens de transmissions et de commandement

- 153 stations de transmissions par satellite Syracus III

- 1600 postes radios PR4G

- 45  SIC de la Marine

- 56 systèmes d'information régimentaires (SIR) de l'armée de terre

D'après SECRET DEFENSE/J.D.Merrchet/Libération
L'A400M sera livré avec "au moins" un an de retard

Après les difficultés de production de son avion civil A380, Airbus, filiale d'EADS, est aujourd'hui confrontée au glissement du programme d'avion de transport militaire A400M, selon l'Organisation européenne de coopération en matière d'armement.   

 

L'avion de transport militaire A400M d'Airbus Military, fabriqué par EADS-Airbus, commencera à être livré avec "au moins" un an de retard sur le calendrier initial, a indiqué lundi à l'AFP le responsable de l'organisation européenne de coopération en matière d'armement (OCCAR). Le premier vol aura lieu "au mieux avant la fin de l'année, sachant que le banc (d'essai) volant (NDLR: le moteur de l'A400M installé à bord d'un avion existant) doit encore voler", en principe courant octobre, et être testé environ deux mois, a dit Patrick Bellouard, directeur de l'administration exécutive de l'OCCAR. "Donc la fin de l'année, ça commence à être un petit peu short " pour un premier vol, a-t-il poursuivi. L'OCCAR a été créée en 1998 par la France, l'Allemagne, l'Italie et le Royaume-Uni.

Pour les premières livraisons, destinées à la France, "il faut compter au moins une année de délai, donc c'est je pense au mieux fin 2010 maintenant", a ajouté Patrick Bellouard. La France devait initialement être livrée en octobre 2009.

EADS espère un premier vol de l'A400M "avant la fin de l'année", a indiqué récemment son président exécutif Louis Gallois. Compte tenu des retards pris par le programme, le groupe européen table officiellement sur six mois à un an de retard pour les livraisons.

Par ailleurs, Patrick Bellouard a écarté l'idée qu'EADS puisse être exonéré de pénalités de retard: "Il n'y a pas de négociation à l'heure actuelle: on a un contrat à prix ferme avec des conditions claires qui doivent être remplies par EADS". "Il n'y a pas de possibilité d'exonérer de pénalités dans le contrat actuel", a-t-il insisté.

Selon des médias allemands, Louis Gallois a écrit à sept pays clients pour leur demander de faire preuve de compréhension et de renoncer à leurs pénalités de retard. Patrick Bellouard a aussi démenti une information de l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, qui affirme qu'EADS menace de suspendre le programme. Il n'y a "pas de chantage d'EADS", a-t-il souligné. Un contrat de 20 milliards d'euros avait été signé en mai 2003 entre Airbus Military et l'agence européenne OCCAR, représentant sept pays, pour une commande de 180 appareils. L'Allemagne a commandé 60 avions, la France 50, l'Espagne 27, le Royaume-Uni 25, la Turquie 10, la Belgique 7 et le Luxembourg un appareil. Par la suite, l'Afrique du Sud en a commandé huit et la Malaisie quatre.

Samedi 27 septembre 2008
 
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DEFENSE - 

A400M : Hervé Morin espère un rattrapage partiel des retards
 avions de transport militaire, le ministère de la Défense devra prendre "des mesures provisoires pour combler les lacunes capacitaires liées à la disparition de nos Transall", selon Hervé Morin. 
 

Le ministre de la Défense, Hervé Morin, a indiqué vendredi qu'il espérait qu'une partie du retard pris par l'avion de transport militaire A400M pourra être rattrapée lorsque son industrialisation aura débuté. "Je souhaite qu'EADS (le groupe européen constructeur de l'A400M) prenne des mesures pour que, au moment où la fabrication de l'avion sera lancée, on puisse rattraper une partie du retard", a déclaré Hervé Morin devant la presse. "Nous sommes en contact avec EADS, il y a une problématique sur la propulsion, elle n'est pas nouvelle", a observé le ministre de la Défense.

En attendant l'arrivée de l'A400M, le ministère devra prendre "des mesures provisoires pour combler les lacunes capacitaires liées à la disparition de nos Transall", a-t-il ajouté. Hervé Morin a indiqué que des crédits sont d'ores et déjà prévus à cet effet dans le projet de Loi de programmation militaire 2009-2014 en cours d'achèvement sans préciser les mesures alternatives envisagées. EADS avait annoncé jeudi qu'il reportait le premier vol de l'A400M à une date indéterminée en raison "de la non disponibilité du système de propulsion".

Les dirigeants d'EADS ont, à plusieurs reprises, mis en exergue la complexité de la motorisation, assurée par un consortium européen. Ils ont, en particulier, souligné les problèmes posés par le système de régulation électronique du moteur.

Un haut responsable du motoriste, Safran, a cependant affirmé vendredi qu'il n'était pas responsable des nouveaux retards, excluant de verser des compensations au clients de l'appareil. (Source AFP).


Les C 160 Transals sont à bout de souffle et les retards de l'A 400 M posent problèmes ! On a trop tiré
 sur la corde !
Toujours le problème du budget trop étriqué de l'armée depuis 30 ans !
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22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 00:20

21/09/2008

Afghanistan: questions autour d'un "rapport" de l'Otan

Le journal canadien Globe and Mail et le journaliste Eric de Lavarène pour France Info ont rendu public ce matin quelques extraits d'un "rapport secret" de l'Otan, concernant les circonstances de l'embuscade dans laquelle sont tombés les soldats français, le 18 aout en Afghanistan. Ce rapport "révèle le manque d'équipement" des militaires français, affirment-ils. Pour l'essentiel, il confirme ce que l'on savait déja de cet évènement.

Problème: selon nos informations, le porte-parole de l'Otan à Bruxelles devrait démentir dans la journée l'existence d'un tel rapport. [Selon une dépêche de l'AFP de 13h14, le porte-parole de l'Otan James Appathurai a déclaré que "le secrétaire général n'a pas connaissance d'un tel rapport (...) A ce stade, et après recherches, nous n'avons pas trouvé trace d'un tel rapport".] A Paris, le ministère de la défense affirme que "nous ne disposons pas d’élément pour le moment sur l’existence même de ce document" . "Il n'y a pas de rapport de l'Otan, c'est de la foutaise" réagit plus vivement un officier de l'état-major.

Selon nos informations, plusieurs journalistes qui couvrent l'Afghanistan ont reçu, par courrier électronique, quelques pages d'un document rédigé en anglais en provenance d'une source à l'intérieur du quartier général (HQ) de l'Isaf à Kaboul. L'Isaf (International security assistance force) est le nom de l'opération de l'Otan à Kaboul.

Libération, qui n'a pas eu copie de ce document, n'est pas en mesure confirmer qu'il s'agit bien d'un rapport officiel, validé par les autorités compétentes. L'hypothèse que ce texte ait été rédigé par un officier de l'état-major de Kaboul doit être prise en compte.

Le contenu - au travers des quelques extraits rendus publics - n'apporte par ailleurs quasiment aucun élément nouveau, que ce soit dans le déroulement des faits ou l'analyse des problèmes rencontrés ce jour-là par l'armée française

Que dit ce "rapport secret" ?  "The French did not have enough bullets, radios and other equipment, the report said" écrit le Globe and Mail : "les Français n'avaient pas assez de munitions, de radios et d'autres équipements".

On le sait depuis les premières analyses de l'embuscade. La section Carmin 2 du 8ème RPIMa, équipée comme une section d'infanterie légère, a en effet été prise sous le feu ennemi pendant plusieurs heures. Les hommes n'avaient sur eux que les munitions qu'ils portaient, soit un minimum de six chargeurs de 25 munitions pour Famas. Depuis le début, les critiques portent sur le fait que les appuis de cette section étaient insuffisants. Les appuis sont la capacité qu'ont les troupes restées à l'arrière de soutenir par des tirs (morties, mitrailleuses, canons, missiles, etc) les fantassins pris sous le feu de l'ennemi.

Le rapport pointe la question de la radio, déjà précédémment soulevée. La section Carmin 2 ne possèdait qu'une radio, comme il est de règle. Les talibans, qui sont de bons soldats, ont fait ce qu'ils devaient faire, c'est-à-dire tuer le radio dès le début de l'engagement. Ils y sont parvenus grâce à leurs snipers. "La précision de l'ennemi était très bonne", note le "rapport secret". Le contact radio a été interrompu dans les premiers moments de l'accrochage, avant d'être rétabli. Cela n'a pas empêché, contrairement à ce que dit le "rapport secret", de demander un appui aérien, qui est arrivé très vite, mais n'a pû être engagé du fait de l'imbrication trop étroite entre les soldats français et les talibans.

Selon France Info, le rapport confirmerait que quatre soldats français sont tombés entre les mains des talibans, mais Eric de Lavarène reconnait que le rapport ne précise pas qu'ils ont été capturés vivant. Ce journaliste, qui a interviewé le chef taliban pour Paris Match, est bien placé pour savoir que certains corps de soldats français ont été dépouillés de leurs armes et équipements. Leur corps ont été déplacés et sans doute filmés par les talibans.

Le "rapport secret" indique que, au vu du déséquilibre entre Français et Talibans, "le contact aurait pu être pire". Il pointe notamment la responsabilité des soldats de l'Armée nationale afghane (ANA). "The ANA performed very poorly" (L'ANA s'est très mal comportée), lit-on dans le document. Quinze hommes accompagnaient les Français dans trois véhicules et quatre d'entre eux ont été blessés, indique le rapport. [On sait par ailleurs qu'un interprète a été tué.] Les soldats afghans auraient fui à pied ("run away on foot") abandonnant derrière eux leurs armes.

Ce dernier point est le plus délicat, d'un point de vue politique. Toute la stratégie de la coalition repose sur l'"afghanisation", c'est-à-dire sur le transfert des tâches militaires à l'ANA. C'est aujourd'hui la seule perspective pour pouvoir quitter un jour le pays. Reconnaître que l'armée afghane se bat mal ou n'est pas fiable n'est donc pas acceptable politiquement.

Un problème médiatique

Autre difficulté, du point de vue des médias, cette fois-ci. Ce "rapport secret", dont l'existence est contestée par les autorités militaires, pose le même problème que le document publié récémment par le Canard enchaîné. On a aujourd'hui les plus grandes doutes sur la véracité de ce "document", présenté comme provenant d'un organisme français de renseignement. Idem d'une enquête de la gendarmerie prévotâle en Afghanistan, citée par le Monde. Le problème est que, depuis le début, les autorités militaires et politiques, peinent à convaincre du déroulé exact des faits et n'ont pas voulu reconnaitre quelques inssuffisances criantes (absence de reco, faiblesse des appuis, etc)

Beaucoup d'informations circulent sur le net et nous en publions ici-même, comme nous l'avons encore fait vendredi. Nous avions commençé par parler (trop vite) d'un "document interne", alors qu'il s'agissait d'une "note privée", ce qui n'enlève rien, par ailleurs, à l'intérêt du texte publié. Qu'en sera-t-il du "rapport secret" ?

Confirmation ce matin du GLOBE and MAIL qui affirme avoir vérifié ses sources (France Info) JDD

Curieux. Alors ce rapport, il existe ou il n'existe pas?
[NDLR: Un journal canadien a publié ce qu'il a présenté comme un rapport de l'Otan, affirmant que les soldats français tués dans une embuscade en Afghanistan manquaient d'entrainement et de munitions. Après avoir nié l'existence de ce rapport, le ministre de la Défense Hervé Morin a reconnu l'existence d'un "compte-rendu" de l'Otan]

Jean-Dominique Merchet. Tout le monde joue sur les mots. Il s'agit d'un compte rendu rédigé très rapidement après l'embuscade, par un officier de l'état major de l'Otan, à Kaboul, dont quelques journalistes ont eu copie. Ce document existe bien, mais il ne s'agit pas d'un rapport officiel, c'est-à-dire validé par les autorités compétentes.

Embuscade: "indiscutablement un échec", selon la note d'un général de haut rang

Dans une note privée, un officier général livre ces "quelques réflexions sur l’embuscade afghane" afin "que ces soldats ne soient pas les premiers d’une longue série de « morts pour rien». Nous la publions de manière anonyme, pour la livrer à la reflexion.

"Sans disposer d’aucune information privilégiée, on peut tirer de cette douloureuse affaire quelques constats certains, qui conduisent à deux propositions susceptibles de donner de la hauteur et de la pertinence au débat parlementaire annoncé pour le 22 septembre 2008", écrit-il.

"En préalable, vouloir dissimuler l’échec et la défaite par lesquels se solde cette opération n’est pas sérieux, et pourrait être criminel : en voulant ainsi s’exonérer de leurs responsabilités, le pouvoir politique et le commandement ne trompent pas les militaires, mais peuvent abuser les décideurs (dont le Parlement), qui feront l’économie de vraies décisions. Les militaires sauront alors qu’ils ne sont pas défendus, et devront continuer d’aller au casse-pipe sans moyens adaptés à leurs missions. Cette situation ne sera pas durable, car la discussion et la contestation dans notre société de l’information à tout va ne peuvent être bridées. Le débat s’instaurera sur le blog de Libération, au prix d’un affaiblissement sérieux de la discipline et de la cohésion de nos armées . Or, indiscutablement, il y a échec : une dizaine de morts et une vingtaine de blessés infligés à une troupe inférieure à 150 hommes, qui a dû de n’être pas exterminée qu’à l’intervention massive d’appuis et de renforts extérieurs à la manœuvre initiale, sans commune mesure avec les 100 à 150 talibans qui, semble t’il, leur étaient opposés. Erreur de conception (avec des moyens inadaptés à la situation) et sans doute erreur d’exécution, dans un dispositif qui ne tirait pas toutes les conséquences tactiques d’un éclairage préalable suffisant. Il ne s’agit pas ici de juger les hommes (encore qu’il le faudra, car il n’y a pas d’autorité qui dure sans responsabilité), mais de faire quelques constats plus généraux, qui peuvent fournir des indications sur les causes fondamentales de l’échec et les enseignements à tirer :

1.1 Ni homogénéité de la troupe, ni unicité du commandement : Le détachement était constitué de 4 sections de combat ( 8 ième RPIMA, RMT, 2 sections afghanes) et d’un groupe des forces spéciales US. On sait au moins que la section du 8 n’était pas organique, puisque son auxiliaire sanitaire venait du 2ième REP. Ces soldats n’avaient pas l’habitude de travailler ensemble, sans parler de la cohésion et de l’esprit de corps qui fondent l’efficacité au combat. Et ce qui frappe dans la description officielle de l’affrontement délivrée officiellement par le sous-chef OPS de l’EMA, c’est qu’à aucun moment n’est mentionnée l’action du commandant de ce détachement : chacun semble livré à lui-même. Y avait-il un chef, autre que formel et théorique, avec une autorité réelle sur ses éléments ?

1.2 Inadaptation et insuffisance des moyens réellement disponibles : Sans même rentrer dans le débat des moyens de reconnaissance aériens (drônes à l’efficacité sans doute contestables, mais surtout hélicoptères adaptés), on est frappé par la pauvreté des moyens d’appui permettant de dégager la section fixée : les seules mitrailleuses des VAB, manifestement en limite de portée. Notons que seul l’élément des forces spéciales US disposait des instruments de désignation laser des objectifs. Or ils étaient loin derrière, avec les sections afghanes : n’est ce pas ce qui explique d’abord l’usage tardif des A10 ? Quant aux appuis, que penser d’une part de l’incapacité à déclencher en temps utile des appuis aériens, et du recours final, pour une bonne part, aux seuls hélicoptères français Caracal ? L’EMA, en soulignant l’engagement et la générosité exceptionnelle des équipages d’hélicoptères français, qui ont travaillé toute la nuit met involontairement en lumière une propension moins évidente de nos alliés à prendre des risques pour voler au secours de nos soldats. Mais qui veut mourir pour le roi de Prusse ? Au total, il apparaît bien que nos moyens nationaux n’étaient pas à la hauteur, et que compter sur ceux de la coalition dans des circonstances extrêmes, celles du combat, ne va pas de soi.

1.3 : Une troupe non-aguerrrie : Constituée à partir d’engagés recrutés en juin 2007, la section du 8 était certes entraînée, mais depuis moins d’un mois en Afghanistan, c’était sa première expérience d’unité constituée en situation opérationnelle. Personne ne soutiendra qu’il n’aurait pas été préférable d’envoyer sur notre théâtre d’opérations le plus dangereux une unité plus aguerrie. Mais une armée de terre qui fait le pompier de la paix aux 4 coins du monde sans préjudice des « promenades » dans les gares métropolitaines ne peut donner que ce qu’elle a, quand le pouvoir politique décide sans préavis suffisant d’augmenter partout l’engagement de nos forces (faisons le bilan de ces nouvelles missions, pour le moment sans désengagement significatif ailleurs, depuis mai 2007 : Tchad, Afghanistan, Emirats, OTAN…). En résumé, l’armée peut-elle continuer sans augmentation de ses effectifs à aller au four et au moulin ?"

(La note se poursuit pas des propositions sur lesquelles nous reviendrons


par J.D Merchet/secret défense/libération
Afghanistan : il y a eu
un «compte rendu» de l'Otan
Jérôme Bouin (lefigaro.fr) Avec AFP, RTL et Europe 1
22/09/2008 | Mise à jour : 09:22 |
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«Ce n'est pas un rapport (...), c'est un compte-rendu, un mail avec un certain nombre d'éléments faux», a affirmé Hervé Morin.
«Ce n'est pas un rapport (...), c'est un compte-rendu, un mail avec un certain nombre d'éléments faux», a affirmé Hervé Morin. Crédits photo : Le Figaro

«Ce n'est pas un rapport» a nuancé le ministre de la Défense, Hervé Morin, qui dément un sous-équipement des soldats français. Le quotidien canadien qui a révélé l'information maintient ses affirmations.

Pas un rapport mais un compte rendu. Le ministre français de la Défense l'a reconnu lundi matin sur RTL : il existe un document émanant de l'Alliance atlantique et décrivant l'impréparation des soldats français tués le 18 août dernier dans une embuscade produit après cette attaque. Il existe «un compte rendu parcellaire» émanant «d'un officier du JOC (Joint Operation Center, ndlr), le centre opérationnel» de l'Otan effectué «le lendemain ou dans les 48 heures après l'attaque», a indiqué le ministre. Dimanche soir, un responsable de l'Otan s'exprimant sous couvert de l'anonymat avait aussi révélé qu'un courrier électronique rédigé par un officier de l'Isaf à l'adresse du QG de la force de l'Otan à Kaboul et dans lequel il exprimait son avis sur l'embuscade contre l'unité française avait fait l'objet d'une fuite.

Pour le ministre de la Défense, ce document n'était le fruit ni d'une «enquête» ni d'une «analyse contradictoire» du déroulé des événements. «Ce n'est pas un rapport», a ajouté Morin, contrairement aux affirmations du quotidien canadien Globe and Mail, «c'est un compte rendu, un mail avec un certain nombre d'éléments faux». Parmi ceux-ci, le ministre a démenti un éventuel sous-équipement des soldats français engagés dans l'opération du 18 août. Hervé Morin a regretté «la faiblesse de l'opinion publique occidentale». «Les talibans ne peuvent pas gagner militairement, ils cherchent à gagner la bataille de la communication pour que des pays (engagés dans la coalition, ndlr) flanchent».

 

 MORIN «Nous ne cachons rien» Tiens tiens...?!

 

Confirmant les propos du ministre, le chef d'état-major des armées, le général Georgelin, a déploré peu après sur Europe 1 qu'«on essaie de faire passer pour un rapport», «des éléments de compte rendu» réalisés à chaud par un des participants. Il a précisé que ce compte rendu, «normal dans la vie militaire», émanait précisément d'un «élément des forces spéciales américaines». «À aucun moment l'ensemble du dispositif n'a manqué de munitions», a également souligné le général. «Nous ne cachons rien».

Dimanche soir, le quotidien canadien Globe and Mail a maintenu son information. «Le Globe and Mail a obtenu le rapport en question d'une source fiable et a vérifié son authenticité avec d'autres sources», a précisé un responsable du journal, en ajoutant que le document porte la mention «NATO ISAF SECRET». L'auteur de l'article, le journaliste Graeme Smith, a déclaré que le document en sa possession n'était pas un courrier électronique. «C'est un document sur papier qui m'a été remis, il s'agit d'un examen par l'Otan des événements du 18 et 19 août», a-t-il dit depuis Kaboul. Il a en outre fourni une photo de la première page du document à l'appui de ses dires. «La source qui m'a donné le document m'a spécifiquement demandé de ne pas le partager avec d'autres médias», pour éviter d'être identifiée, a-t-il ajouté. «Ce qui est intéressant, c'est la sémantique utilisée par le démenti. Ils disent qu'un rapport spécial n'existe pas. C'est exact : c'est un rapport tout à fait ordinaire», a-t-il déclaré à un journaliste de France 24.

L'annonce de l'existence de ce document est intervenue la veille du vote du Parlement français sur la présence militaire de la France en Afghanistan. Le ministre de la Défense s'est d'ailleurs interrogé sur RTL de la concomitance des faits.


Aux députés aujourd'hui de prendre leurs responsabilités, la mission au sein de l'ISAF doit-être redéfinie, cette guerre ressemble à la guerre d'Algérie, il faut ratisser, pacifier, être au contact de la population et l'aider, ce qui devrait être le travail de l' ANA en formation ! L'OTAN n'en a pas les moyens, il faudrait 200 000 hommes et leurs matériels adaptés !

La "méthode Petraeus" est-elle transposable en Afghanistan ? En Irak, même s'il juge lui-même l'amélioration obtenue "fragile et réversible", ce qui explique le maintien du corps expéditionnaire américain à 146 000 soldats, la méthode du commandant américain a indiscutablement fonctionné.

Ouverte et globale, l'approche dite "d'opportunisme constructif", adoptée ces deux dernières années par le général David L. Petraeus, a permis de diviser le nombre d'attaques et de victimes par cinq ou six. Au moment où le général prend les rênes du Commandement central (CentCom), le dispositif militaire américain qui va de la Corne de l'Afrique à l'Asie centrale et englobe donc les opérations en Irak et en Afghanistan - et au moment où l'on débat à Paris de l'avenir et du sens de la présence française en Afghanistan -, chacun se demande si la "martingale Petraeus", servie par le coup de chance qu'a représenté la révolte des tribus arabes sunnites contre le djihadisme meurtrier d'Al-Qaida en Irak, peut être appliquée en AfghaniAu mois d'août, alors qu'il s'apprêtait à quitter Bagdad pour prendre ses nouvelles fonctions, le général Petraeus lui-même en doutait : "Ce qui marche en Irak ne marchera pas de la même manière (en Afghanistan et dans la ceinture tribale pakistanaise, qui sert de base arrière aux talibans et à leurs frères pachtounes), ne serait-ce que parce qu'il est inimaginable, dans tous les scénarios envisageables, d'envoyer autant de soldats sur le terrain."

Même avec les 4 000 combattants supplémentaires que le président Bush s'apprête à envoyer en renfort - dix mille autres sont réclamés avec insistance pour 2009 par le chef de la force de l'OTAN à Kaboul, le général David McKiernan -, il y a, en Afghanistan, trois fois moins de troupes étrangères qu'en Irak alors que le pays compte une population sensiblement équivalente (autour de 25 millions d'âmes), un territoire national autrement plus accidenté (montagnes et grottes), beaucoup plus difficile à contrôler (très peu de routes carrossables) et moitié plus vaste que celui de l'ancienne Mésopotamie.

Selon McKiernan, c'est précisément la faiblesse numérique de son contingent qui explique le recours intensif aux bombardements aériens, avec leurs cortèges de centaines de victimes "collatérales" civiles, lesquelles nourrissent ce que l'analyste militaire américain Anthony Cordesman appelle "la spirale perdante" dans laquelle l'OTAN est présentement aspirée.

 

"GAGNER LES COEURS"

 

Problème : eu égard au rejet grandissant de "l'occupation infidèle" par les Afghans, beaucoup, au Pentagone comme dans les états-majors alliés, se demandent si même un doublement du nombre de soldats changerait significativement la physionomie du conflit. Maître d'oeuvre du nouveau manuel anti-insurrectionnel de l'US Army, le général Petraeus ne semble pas convaincu.

Basée sur la protection des civils vingt-quatre heures sur vingt-quatre, de manière à couper l'ennemi de ses bases et à tenir les zones "libérées" pour y faire de la reconstruction et y "gagner les coeurs", sa "méthode" exige des troupes. Mais comme il le disait en juin à des journalistes : "Toute armée (étrangère) de libération devient tôt ou tard une armée d'occupation. Vous pouvez retarder la mutation en faisant preuve de considération vis-à-vis des civils, en les respectant, en réduisant au minimum les victimes collatérales, en multipliant les bonnes actions, etc. Mais à la longue, vous n'êtes pas de chez eux. Inévitablement, il y a des frictions, du ressentiment. Aucun pays au monde ne veut d'une armée d'occupation sur son sol."

La solution adoptée est donc officiellement de mettre en place au plus vite une armée autochtone efficace. Mais, et c'est une autre différence notable entre Irak et Afghanistan, alors que la "coalition" a pu s'appuyer sur les traditions militaires irakiennes pour reformer, là-bas, en cinq ans, une armée digne de ce nom d'au moins 250 000 hommes, en Afghanistan, l'OTAN n'a pu entraîner et équiper, en sept ans de présence, que 65 000 soldats afghans. Il est prévu de doubler ce chiffre d'ici à 2013, mais leur efficacité demeure très discutable.

Occupé pendant des siècles par les Ottomans puis par les Britanniques jusqu'au début du XXe siècle, l'Irak apparaît comme un pays "moderne", avec une population majoritairement éduquée, une administration en pleine reconstruction certes, mais présente partout, une quasi-autosuffisance alimentaire, des industries, des routes, des autoroutes et des moyens de communication sur à peu près tout son territoire. L'Afghanistan, lui, est un pays pauvre, combatif et fier, qui n'a jamais été colonisé, qui est resté sous-développé, largement analphabète et dépourvu, depuis toujours, d'un Etat central fort. Pour réussir, la "méthode Petraeus" va devoir subir une sacrée adaptation.

L'assemblée Nationale et le Sénat ont votés le maintien de nos troupes en Afganistan comme prévu, il faut maintenant assumer cette décision et donner les moyens à nos soldats ! Le budget militaire "étriqué" va en prendre un coup, mais nous devons être opérationnels, dans cette guerre de contre guérilla, que l' EM semblait avoir sous-estimée ! Le monde entier observe la France et son armée !
Nous avons dû prendre l'initiative de secouer l'opinion, et informer sur le manque de moyens, pour arriver à faire bouger les politiques !

La France envoie des moyens supplémentaires en Afghanistan
"Nous avons décidé de renforcer nos moyens militaires dans les domaines de l'aéromobilité, du renseignement et de l'appui. Ces moyens seront sur place dans quelques semaines. Concrètement, des hélicoptères Caracal et Gazelle, des drones, des moyens d'écoute, des mortiers supplémentaires seront envoyés, avec les effectifs correspondants, soit une centaine d'hommes", a déclaré le Premier ministre François Fillon, cet après-midi devant les députés. On peut lire l'intégrale de son discours en cliquant ici.
Les hélicoptères sont un Caracal et deux Gazelles Viviane (spécialisée dans la reconnaissance), comme nous l'annoncions dans Libé de ce matin. Les drones seront un lanceur de SDTI du 61ème régiment d'artillerie, avec six engins. Un groupe de deux mortiers de 120 mm sera également envoyé en renfort, ainsi que des moyens d'écoute (guerre électronique).
Pas de forces spéciales, en revanche. Le Chef d'état-major des armées a donc obtenu gain de cause. Il était opposé à l'envoi du COS, préferant réservé les forces spéciales à des opérations spéciales, comme on l'a vu la semaine dernière avec l'intervention du commando Hubert pour la libération des otages français sur les côtes somaliennes.


JDD

 

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19 septembre 2008 5 19 /09 /septembre /2008 05:23
Arsac se lance dans le jeu de quilles de la droite toulousaine

POLITIQUE. Ça va faire mal. Les gaullistes sociaux de Debout le République entraînés à Toulouse par Olivier Arzac ont la ferme intention d’intervenir dans la vie politique. Et de «reconstruire la droite toulousaine»

Pour commencer, ils préparent les élections européennes de l’an prochain. Dans le but de présenter une liste DLR dans chacune des grandes régions pour y «rassembler les électeurs qui ont voté Non au référendum de 2005».

Et il n’y aura d’alliance «avec personne», insiste Arzac. «Ni avec Chevènement, ni avec de Villiers». Debout la République s’émancipe. Les autres partis de droite, à Toulouse en particulier, n’ont qu’à bien se tenir.

Olivier Arzac, un jeune homme de 39 ans pour «recontruire la droite toulousaine». Photo: DR

D’ailleurs, insistent-ils évoquant les mânes du Général, les gaullistes n’ont jamais été de droite : «Nous sommes au-dessus de la mêlée»

Ils ont déjà montré ce qu’ils savaient faire : ils ont présenté cinq candidats bien à eux en Haute-Garonne aux législatives de 2007. Que chacun n’est pas réalisé plus de 1% des voix ne les émeut pas. Il faut bien commencer par quelque chose…

Pour les sénatoriales en Haute-Garonne la semaine prochaine, quoique réservant leurs piques pour Nicolas Sarkozy qui a «promis Valmy» mais ne propose que «la fuite à Varennes», ils se rangeront tout de même derrière l’UMP Alain Châtillon.

Mais c’est l’état de la droite toulousaine après son échec au Capitole qui préoccupe surtout Olivier Arzac. Celui-ci lance ainsi un appel au «dialogue immédiat entre les chefs de parti» pour qu’ils fassent émerger de «nouveaux talents» qui s’implanteraient dans les quartiers.

C’est aussi un appel au «renouvellement des hommes» qui composent cette droite toulousaine afin d’élaborer «un projet alternatif pour Toulouse». C’est sûr que les Jean-Luc Moudenc et autres Serge Didier vont apprécier d’être sermonnés et bousculés ainsi par un jeune homme de 39 ans.

Le centriste de droite Laurent Cuzac ou les UMP Christian Raynal et Danièle Damin semblent en revanche avoir ses faveurs. Pas sûr que ces derniers apprécient d’être ainsi mis en porte-à-faux avec leurs amis. Mais la politique est rarement une partie à jouer selon les bonnes manières des salons de hockey club.

Finissant de digérer les municipales perdues, il fallait peut-être que la droite s’avoue qu’elle n’était pas gaillarde à Toulouse. Le trublion sans troupes Olivier Arzac le lui crie dans les oreilles…

GLv.


Certes Olivier Arsac et ses amis de DLR n'ont pas le nombre d'adhérents comparable à l'UMP, mais Debout La République voit arriver tous les jours des déçus du Sarkozysme et de la politique fédéraliste européenne, qui par ses ravages économiques, ainsi que la soumission de la France à la "Busherie", font prendre conscience qu'il y a une autre voie et d'autres moyens ! La France n'est pas un lander, ni un sous-état américain, c'est une NATION, et Toulouse mérite mieux que le socialisme de Jaurès !

22/09/2008 Communiqué d'Olivier ARSAC DLR
Debout la Répuplique, le parti gaulliste et républicain de Nicolas Dupont-Aignan, et son secrétaire départemental Olivier Arsac, félicitent Alain Chatillon pour son élection comme sénateur de la Haute-Garonne. A travers lui c'est l'expérience, l'ouverture et le rassemblement qui ont triomphé dans un département monopolidé par un PS outrageusement dominateur. Avec la réelection du sénateur sortant Plancade, ex-PS car exclu pour n'avoir pas assez été obéissant aux apparatchiks locaux du PS, on voit bien que la forteresse PS se fissure en Haute-Garonne. Quand la droite sait unir et renouveller les hommes et les projets pour la Haute-Garonne, la victoire électorale redevient possible.
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15 septembre 2008 1 15 /09 /septembre /2008 15:12
Pour alimenter un peu le débat :
Benoît XVI donnant la commusion aux malade le 15 septembre 2008 à Lourdes
"Un pape pour le "choc des civilisations" :

Nous vivons un mélange des genres entre religion et politique très significatif avec la visite de Benoît XVI. La débauche ostentatoire des moyens officiels mis à disposition, l’occupation agressive de l’espace public, le harcèlement médiatique télévisuel, tout fait sens. Ici, le moyen, c’est le but. Le pape et le président ont en commun une stratégie de reconfessionnalisation institutionnelle de la société française.

Les deux hommes s’inscrivent à ce sujet dans la théorie du choc des civilisations de Samuel Huntington, bréviaire de la diplomatie des Etats-Unis. Ils tirent de la religion la légitimité à agir pour la domination d’un prétendu "Occident". Dans cette perspective, la République laïque fait obstacle. Un changement de cap est nécessaire. Le discours de Latran de Nicolas Sarkozy l’a proclamé sous le nom d’une "laïcité positive".

Cela devrait se traduire par une pseudo "modernisation" de la loi de 1905. Dès lors, juste avant la visite du pape, son premier ministre, le cardinal Bertone, s’est réjoui : "Certains éléments font espérer une évolution de cette laïcité rigide qui fit de la France de la IIIe République un modèle de comportements antireligieux. " Qu’est-ce que cette "laïcité positive" ?

Une reformulation par Benoît XVI de la revendication de l’Eglise romaine à être reconnue comme acteur officiel de l’espace public ! Voici le postulat du cardinal Ratzinger : "La foi n’est pas une chose purement privée et subjective. Elle est une grande force spirituelle qui doit toucher et illuminer la vie publique. " Nicolas Sarkozy l’a officialisé : "J’appelle de mes vœux l’avènement d’une laïcité positive, c’est-à-dire une laïcité (...) qui ne considère pas que les religions sont un danger mais plutôt un atout. " C’est ce que demandait le pape : "Un Etat sainement laïque devra logiquement reconnaître un espace dans sa législation à cette dimension fondamentale de l’esprit humain. Il s’agit en réalité d’une "laïcité positive" qui garantit à tout citoyen le droit de vivre sa foi religieuse avec une liberté authentique, y compris dans le domaine public. "

Le domaine public, voilà l’enjeu pour le pape : "L’hostilité à toute forme d’importance politique et culturelle accordée à la religion, et à la présence, en particulier, de tout symbole religieux dans les institutions publiques, n’est certainement pas une expression de la laïcité, mais de sa dégénérescence en laïcisme. " Joseph Ratzinger avait prévenu : "Une telle séparation, que je qualifierais de "profanité’’ absolue, serait certainement un danger pour la physionomie spirituelle, morale et humaine de l’Europe. " Car, pour le pape, "l’Europe est un continent culturel et non pas géographique. C’est sa culture qui lui donne une identité commune. Les racines qui ont formé et permis la formation de ce continent sont celles du christianisme. "

La vision est plus large encore. C’est l’Occident qui est en cause. "L’Occident est menacé depuis longtemps par le rejet des questions fondamentales de la raison et ne peut en cela que courir un grand danger", déclare le pape. Nicolas Sarkozy partage ce credo. Le "premier risque" dans le monde, a-t-il déclaré trois mois après son élection, c’est celui d’une "confrontation entre l’islam et l’Occident". Foin de la réalité étatique de l’ordre international, et tant pis pour cinq millions de musulmans français. Bien sûr, cette thèse ne proclame une identité que pour mieux désigner des adversaires.

L’islam d’abord. Cette lecture d’un Occident menacé par l’islam, Benoît XVI l’a aussi exprimée de manière particulièrement provocante dans son discours de Ratisbonne en 2006. Au prétexte d’une réflexion sur la foi et la raison, le pape utilise un dialogue entre l’empereur byzantin Manuel II Paléologue et un savant perse sur "le christianisme et l’islam, et leur vérité respective". Il citait ainsi l’empereur chrétien : "Montre-moi donc ce que Mohammed (le Prophète) a apporté de neuf, et alors tu ne trouveras sans doute rien que de mauvais et d’inhumain, par exemple le fait qu’il a prescrit que la foiqu’il prêchait, il fallait la répandre par le glaive. "

Cette référence très douteuse prononcée au lendemain de l’anniversaire des attentats du 11-Septembre est un programme politique. Et une mystification. Elle fait en effet l’impasse sur les siècles de violence impulsée par l’Eglise, des croisades à l’Inquisition en passant par les dragonnades, la chouannerie et la résistance à la loi de 1905.

Face au tollé soulevé par ce discours, Benoît XVI en avait minimisé la portée, prétextant d’une réflexion anodine. Pourtant, son secrétaire particulier, l’abbé Gaenswein, en confirmait un an plus tard la portée très politique : "Je tiens le discours de Ratisbonne, tel qu’il a été prononcé, comme prophétique. On ne peut pas éluder les tentatives d’islamisation de l’Occident. Et le danger pour l’identité de l’Europe, qui y est lié, ne doit pas être ignoré. " Tel est l’arrière-plan de la croisade du pape dans la France de Nicolas Sarkozy.

Le pape est bien un chef politique autant qu’un chef religieux. Toute l’Amérique latine progressiste en fait l’expérience amère dans sa lutte pour le droit au divorce ou à l’avortement et par la mise au ban de la théologie de la libération. L’Italie, l’Espagne et la Pologne le paient d’intrusions permanentes dans leurs élections.

La France ne sera pas épargnée si l’hébétude du spectacle clérical éteint la vigilance laïque. La laïcité prétendument positive est une tromperie. Elle rétablirait les privilèges de préconisation publique et de pressions privées de l’Eglise. C’est d’une laïcité étendue à de nouveaux domaines de l’espace public (hôpitaux, services publics, etc.) que la France a besoin. Plus que jamais : l’Etat chez lui, l’Eglise chez elle !

Jean-Luc Mélenchon "

Votre avis ? Et sur la position de la Ligue des droits de l'homme ?


COMMUNIQUÉ LDH
Paris, le 10 septembre 2008
La République n’est la fille aînée d’aucune confession

Le voyage de Benoît XVI en France amène la Ligue des droits de l’Homme à rappeler quelques principes qui lui paraissent essentiels.

Si nul n’entend contester à l’Eglise catholique le droit de s’exprimer au sein de l’espace public, ceci n’impliquait pas une telle occupation de cet espace. Au point qu’il apparaît que Benoît XVI bénéficie ainsi de privilèges dont nul chef d’Etat n’a bénéficié, pas plus, d’ailleurs, qu’une organisation laïque ou confessionnelle. Ce sont les citoyens qui pâtissent de cette démesure.

A celle-ci s’ajoute que la remise en cause du pacte laïque par le président de la République, exprimée au Latran et à Ryad, et la volonté qu’il a maintes fois manifestée de modifier la loi de 1905 ne peuvent que donner le sentiment que cette visite comprend une dimension politique destinée à remettre en cause le dispositif laïque français.

Rappelant que ce dispositif est le fruit d’un compromis qui permet à chacun de vivre sa foi ou son absence de foi comme de partager des valeurs communes grâce à un pacte civique qui exclut que les confessions débordent sur le champ politique ou imposent leurs normes à d’autres que leurs membres, la LDH est totalement attachée au maintien de ce dispositif. Dans un moment où il faut mettre notre société à l’écart du communautarisme et y rétablir l’égalité des droits, sérieusement malmenée par les conditions sociales et les discriminations, la remise en cause de la laïcité porterait atteinte à la paix civile.

Par ailleurs, la LDH tient à souligner que le principe d’égalité entre les hommes et les femmes est un principe constitutionnel. Visiblement l’Eglise catholique, comme toutes les autres confessions, n’a pas su se réformer sur ce point et continue à vouloir restreindre les libertés des femmes, notamment celle d’avorter. Sur ce point, la LDH réaffirme qu’il n’est pas du pouvoir des églises d’interdire aux femmes le plein exercice de leur liberté de choix.

Plus généralement, les normes de l’Eglise catholique ou d’une autre confession n’ont pas à être imposées à l’ensemble d’une société, au risque d’ailleurs de produire des effets désastreux pour certaines d’entre elles, par exemple lorsque l’usage du préservatif est prohibé.

C’est pourquoi la LDH entend rappeler que le socle laïque que nous avons construit est un bien commun qu’il nous appartient de préserver et de renforcer, parce qu’il est un des éléments essentiels de notre liberté de conscience.


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15 septembre 2008 1 15 /09 /septembre /2008 09:00
Pour faire suite à mon article pocker menteur, Israël veut règler le problème nucléaire militaire iranien ! Washington refuse des armes à Israël pour attaquer les centrales irannienes !   Jusqu'à quand ?
Marc Henry, à Jérusalem
12/09/2008
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Les USA ont refusé de fournir des Boeing 767 conçus pour le ravitaillement en vol, ainsi que des bombes antibunkers capables de percer le béton des centrales iraniennes (ici Busherh dans le golfe Persique).

Les USA ont refusé de fournir des Boeing 767 conçus pour le ravitaillement en vol, ainsi que des bombes antibunkers capables de percer le béton des centrales iraniennes (ici Busherh dans le golfe Persique).

Pour freiner le bellicisme israélien, les États-Unis ne livreront pas des matériels militaires suceptibles d'être utilisés contre Téhéran.

Face à la menace atomique iranienne, les responsables israéliens se sentent bridés par Washington. Les Américains ont en effet mis une nouvelle fois leur veto à toutes les demandes d'achat d'armes «offensives» susceptibles de permettre des raids aériens israéliens contre les installations nucléaires iraniennes. En d'autres termes, les États-Unis ne veulent pas être pris par surprise et mis devant un fait accompli, comme cela avait été le cas en 1981 lorsque l'aviation israélienne avait détruit une centrale atomique irakienne sous le régime de Saddam Hussein. À l'époque, l'État hébreu n'avait demandé d'autorisation à personne.

Mais cette fois-ci, une tactique aussi expéditive pourrait s'avérer beaucoup plus dangereuse pour les États-Unis. Des dizaines de milliers de soldats américains déployés en Irak pourraient en effet être la cible privilégiée de représailles de l'Iran en cas d'attaque israélienne. Résultat : les Américains tentent de refréner les ardeurs de leur allié. L'État hébreu s'est ainsi vu refuser, selon le quotidien Haaretz, la livraison de bombes antibunkers d'un poids de 2,2 tonnes capables de percer des installations en béton renforcé à six mètres de profondeur. Ce type de matériel est indispensable, car les Iraniens ont pris la précaution non seulement de disperser au maximum la vingtaine de sites nucléaires recensés par les experts internationaux, mais aussi de les enfouir sous terre dans des régions montagneuses et reculées.

 

Station radio sophistiquée

 

Les États-Unis ne veulent pas non plus fournir des Boeing 767 spécialement conçus pour le ravitaillement en vol. Or, sans ces appareils, une bonne partie des chasseurs israéliens ne peuvent pas bombarder des sites situés à la frontière est de l'Iran et disposer de suffisamment de carburant pour retourner à leur base.

Autre précaution : les États-Unis se sont bien gardés d'accorder un couloir dans l'espace aérien irakien, indispensable aux avions israéliens pour atteindre l'Iran mais aussi pour être clairement identifiés et ainsi ne pas être pris pour cible par les avions et missiles américains déployés en Irak.

Pour compenser cette série de rebuffades, Israël a obtenu un beau lot de consolation. Les États-Unis vont installer une station radio ultrasophistiquée dans le Negev, au sud d'Israël, qui permettra de repérer un missile dès sa mise à feu et ce à 2 000 km de distance (le double par rapport aux capacités actuelles du matériel israélien). Cette station aura l'avantage de faciliter la mise en alerte des batteries de missiles antimissiles israéliennes. Détail important : il s'agira de la première installation permanente de l'armée américaine sur le territoire israélien. Toute attaque contre cette station mettra en péril la vie de civils et de militaires américains chargés de son fonctionnement. Une donnée dont tout pays attaquant devra tenir compte avant de passer à l'action… Reste à savoir si ce «cadeau» suffira à calmer les ardeurs israéliennes. Pour le moment, les responsables politiques et militaires prônent un durcissement des sanctions économiques imposées par la communauté internationale en vue de contraindre Téhéran à geler ses opérations d'enrichissement d'uranium.

En d'autres termes, Israël se réserve le droit d'agir seul au cas où la diplomatie échouerait. Comme le préconise Amos Gilad, un haut responsable du ministère de la Défense, «mieux vaut rester discret. Si l'on décide de tirer, il faut tirer et ne pas parler». Mais jusqu'à quel point l'État hébreu peut se permettre de prendre le risque de défier le grand allié américain ?

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11 septembre 2008 4 11 /09 /septembre /2008 15:32
On ne peut vaincre Al Quaïda, qu'en combattant des 2 cotés de la frontière Afganne et Pakistanaise ! C'est un combat à hauts risques !

 

 

Le chef d'état major de l'armée américaine, l'amiral Michael Mullen, le 10 septembre 2008 à Washington
© 2008 AFP (Tim Sloan)
Le chef d'état major de l'armée américaine, l'amiral Michael Mullen, le 10 septembre 2008 à Washington

Sept ans après le 11 septembre, le ton monte entre Washington et le Pakistan, les Etats-Unis menaçant d'y intensifier leurs opérations depuis l'Afghanistan pour éradiquer les sanctuaires des talibans et d'Al-Qaïda, Islamabad jurant de s'y opposer "à n'importe quel prix".

Avec des dizaines de milliers de ses soldats empêtrés dans une guerre qui s'intensifie en Afghanistan contre les talibans, le chef d'état-major de l'armée américaine, l'amiral Michael Mullen, a annoncé mercredi avoir ordonné une nouvelle stratégie militaire prenant en compte "les deux côtés de la frontière".

Au même moment, son homologue pakistanais, le général Ashfaq Kayani, jurait que son armée ne tolérerait plus les raids terrestres et les nombreux tirs de missiles américains qui n'épargnent pas les civils dans les zones tribales pakistanaises, frontalières de l'Afghanistan.

Drapeau en berne à l'ambassade des Etats-Unis à Kaboul, le 11 septembre 2008
© 2008 AFP (Rizwan Tabassum)
Drapeau en berne à l'ambassade des Etats-Unis à Kaboul, le 11 septembre 2008

Washington est convaincu que les talibans et Al-Qaïda ont reconstitué leurs forces dans ces régions, pour s'attaquer aux troupes étrangères en Afghanistan et préparer des attentats dans les pays occidentaux.

Les spécialistes d'Al-Qaïda reconnaissent unanimement que le nord-ouest du Pakistan est devenu "le nouveau front de la guerre contre le terrorisme".

Le New York Times assurait d'ailleurs jeudi que le président George W. Bush avait autorisé secrètement en juillet les forces spéciales américaines à mener des raids terrestres dans le nord-ouest du Pakistan, sans l'approbation préalable d'Islamabad.

C'est d'ailleurs ce qui s'est passé à l'aube du 3 septembre, quand des hélicoptères de combat américains et, probablement des soldats au sol, ont attaqué un village pakistanais, tuant, selon Islamabad, 15 civils, dont des femmes et des enfants.

Les plus hautes autorités pakistanaises avaient fermement protesté contre cette première opération militaire américaine au sol, connue du moins, puisque de hauts responsables pakistanais reconnaissent qu'il y a eu des précédents depuis 2002, sans qu'Islamabad n'en dise un mot.

Prières funéraires dans une tribu du Khyber touchée par une explosion à Par Qambarkhel, le 30 juin 2008
© 2008 AFP (Tariq Mahmood)
Prières funéraires dans une tribu du Khyber touchée par une explosion à Par Qambarkhel, le 30 juin 2008

Pire, ces dernières semaines, les tirs de missiles par des drones américains s'abattent quasi-quotidiennement sur des maisons dans les zones tribales pakistanaises, tuant des combattants d'Al-Qaïda ou des talibans, mais aussi des civils.

Washington estime qu'Islamabad ne fournit pas assez d'efforts dans le cadre de sa "guerre contre le terrorisme".

Mais la République Islamique du Pakistan, seule puissance nucléaire militaire du monde musulman, a déjà payé un très lourd tribut à cette lutte, avec plus d'un millier de soldats tués dans les zones tribales depuis 2002 et, surtout, plus de 1.200 morts dans une campagne sans précédent d'attentats suicide depuis plus d'un an.

Oussama Ben Laden en personne -dont Washington pense qu'il se terre dans les zones montagneuses du nord-ouest- avait décrété il y a un an le jihad à Islamabad, le "chien de Bush" selon lui.

Carte de localisation des zones tribales à la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan
© 2008 AFP (Sophie Ramis)
Carte de localisation des zones tribales à la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan

"La souveraineté et l'intégrité territoriale du pays seront défendues à n'importe quel prix et aucune force étrangère ne sera autorisée à conduire des opérations à l'intérieur du Pakistan", a assuré mercredi le général Kayani.

"Jusqu'à ce que nous collaborions de manière plus approfondie avec le gouvernement du Pakistan pour éliminer ces sanctuaires, l'ennemi continuera de venir" du Pakistan, a rétorqué l'amiral Mullen, en annonçant avoir demandé à ses troupes d'élaborer une "nouvelle stratégie militaire plus globale qui couvre les deux côtés de la frontière".

Certains éditorialistes pakistanais suggéraient jeudi que les propos publics vindicatifs du général Kayani venaient une semaine après le raid américain et deux semaines après une énigmatique rencontre avec l'amiral Mullen sur un porte-avion américain.

Pour eux, Islamabad tente de ménager la chèvre et le chou, entre la nécessité de satisfaire les exigences de son principal bailleur de fonds américain et l'agacement des 168 millions de Pakistanais, chez qui l'anti-américanisme progresse depuis un an de manière spectaculaire.

Danger ! Il faut l'aide des militaires, et services secrets Pakistanais enrichis par l'argent du trafic d'héroîne !

Dernière mise à jour le: Jeudi 11 Septembre 2008, 16:20

Sur la défensive en Irak, al-Qaida revit en Afghanistan
 
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A Kaboul, des soldats de la coalition sécurisent une zone urbaine, après l'explosion d'ne voiture piégée.
A Kaboul, des soldats de la coalition sécurisent une zone urbaine, après l'explosion d'ne voiture piégée. Crédits photo : AFP

Sept ans après les attentats du 11 Septembre, al-Qaida reste une menace pour l'Occident. Deux de ses responsables ont été tués lundi au Pakistan par des missiles américains.

La «majorité» des insurgés qui ont tendu une embuscade aux soldats français le 18 août dernier dans la vallée d'Uzbeen «n'étaient pas afghans» a récemment affirmé le secrétaire général de l'Élysée, Claude Guéant. D'où venaient-ils ? Surtout du Pakistan voisin. Mais aussi d'Irak, où les combattants islamistes arabes ont longtemps fait le coup de feu contre les troupes américaines. Tous les spécialistes le reconnaissent : derrière l'insurrection pachtoune qui veut chasser d'Afghanistan les troupes «d'occupation» étrangères se profile l'influence d'al-Qaida et de Ben Laden.

Chassés de Kaboul fin 2001 par la coalition internationale, les talibans sont bel et bien de retour en Afghanistan, où leur influence augmente mois après mois. «Al-Qaida s'est reconstruit sur les ruines de l'après-11 Septembre en bénéficiant du soutien des zones tribales», explique Dominique Thomas (1), spécialiste des mouvements islamistes à l'École des hautes études en sciences sociales, l'EHESS. Une zone à cheval entre le Pakistan et l'Afghanistan, peuplée de Pachtounes, qui circulent librement d'un pays à l'autre sans tenir compte de la ligne Durand, l'immense frontière de 2 400 kilomètres tracée par l'empire britannique en 1893.

En quelques années, les talibans et leurs complices étrangers d'al-Qaida, Libyens, Marocains, Yéménites, Égyptiens… se sont recréé un nouveau sanctuaire au Pakistan. Ce pays nucléaire et instable, dont l'État central n'a jamais réussi à établir son autorité sur les zones tribales, est devenu le principal lieu de passage des djihadistes du monde entier, qui y sont entraînés dans des camps militaires. Deux hauts responsables étrangers des opérations d'al-Qaida ont d'ailleurs été tués lundi par des missiles américains.

Transformé en une sorte de «“mini-Afghanistan” où sont appliquées les normes talibanes, les zones tribales pakistanaises sont le nouveau centre de gravité du terrorisme international, le nouveau quartier général d'al-Qaida et des talibans où sont préparées les opérations contre les Américains et les Occidentaux», explique Rohan Gunaratna, l'un des meilleurs spécialistes d'al-Qaida, expert dans un centre consacré au terrorisme international à Singapour (2).

Cette reconstitution du djihad international au Pakistan, réserve infinie de combattants enthousiastes à l'idée de se battre contre les forces étrangères en Afghanistan et d'y mourir, va de pair avec l'échec d'al-Qaida en Irak. En 2003, la guerre américaine contre le régime de Saddam Hussein avait d'abord fourni un sanctuaire idéal aux combattants apatrides d'al-Qaida. L'insurrection irakienne sunnite avait accueilli à bras ouverts les renforts d'al-Qaida contre les troupes américaines qu'il fallait à tout prix chasser du pays.

 

Piètres stratèges

 

Cette amitié a depuis fait long feu. Le changement de stratégie imposé par le patron des forces américaines en Irak, le général Petraeus une augmentation des troupes et le retournement des tribus sunnites irakiennes contre al-Qaida , a fini par payer. Au cours des derniers mois, le nombre d'attaques a été divisé par dix. La violence a considérablement baissé d'intensité. Mais les raisons profondes de cette amélioration sont surtout internes. Elles trouvent leur origine dans une rupture entre djihadistes, apparue au moment des sanglants attentats perpétrés par al-Qaida à Amman, en novembre 2005. En voulant exporter le djihad en Jordanie, le chef d'al-Qaida en Irak, al-Zarqaoui, tué en 2006 par les forces américaines, a précipité la crise.

Les rebelles sunnites irakiens n'ont pas seulement été choqués par la violence aveugle des djihadistes étrangers de Zarqaoui et par les méthodes totalitaires d'al-Qaida. «Ils refusent la vision globale du djihad, qui pour les dirigeants d'al-Qaida doit être porté en dehors des frontières. Les insurgés irakiens ne veulent pas exporter le djihad, ils veulent un djihad irakien», explique Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences Po (3).

Et lorsqu'en octobre 2006, les affiliés de Ben Laden ont créé un «État islamique en Irak» dirigé par l'Égyptien al-Masri, les insurgés sunnites de l'armée islamique ont dénoncé les «pratiques illégitimes» d'al-Qaida et son «arrogance». L'organisation de Ben Laden et du mollah Omar, qui voulait bâtir en Irak, au cœur du monde islamique, une base centrale d'où la lutte serait étendue aux pays voisins et à Israël, a subi d'énormes revers, en hommes et en influence. Elle n'a pas disparu d'Irak, mais elle est désormais sur la défensive.

Même déconvenue en Arabie saoudite, où l'organisation terroriste n'est plus que l'ombre d'elle-même. «La répression du pouvoir saoudien mêlée à une approche globale de la lutte antiterroriste, basée notamment sur un généreux programme de réhabilitation des djihadistes, a fini par fonctionner», poursuit le spécialiste du terrorisme international Jean-Pierre Filiu. Contraints à se réfugier dans la clandestinité, les réseaux d'al-Qaida en Arabie saoudite n'ont pas commis d'attentat depuis 2006. Ils continuent cependant d'alimenter le djihad en envoyant des recrues et des fonds en Irak et en Afghanistan-Pakistan.

Désavoué par les tribus sunnites d'Irak, al-Qaida n'a pas réussi à créer un État islamique, comme il le voulait. Les lieutenants de Ben Laden ont échoué à faire tomber les régimes politiques modérés qui étaient dans leur collimateur dans le monde musulman. Malgré la percée et la radicalisation des mouvements islamistes, l'Égyptien Moubarak ou l'Algérien Bouteflika tiennent toujours les rênes du pouvoir. Commentaire de Jean-Pierre Filiu : «Les djihadistes d'al-Qaida sont de très bons tacticiens mais de piètres stratèges. Normal, car ce sont des idéologues.»

 

Une propagande organisée

 

Il faudrait pourtant se garder de crier victoire trop vite. Car la pieuvre, même si elle s'est tapie dans l'ombre, reste prête à bondir. Au Pakistan, donc. En Irak, où l'organisation demeure «dangereuse», de l'avis même du général Petraeus. Au Yémen, la patrie de Ben Laden, où les islamistes reprennent du poil de la bête. Au Maghreb, où les candidats pour la guerre en Afghanistan sont de plus en plus nombreux. En Mauritanie et dans le Sahara, où leur implantation et les menaces qu'ils font peser sur les intérêts occidentaux furent à l'origine de l'annulation du Paris-Dakar en janvier dernier.

Mais le véritable succès d'al-Qaida depuis deux ans est sans doute politique. «Ils ont imposé leur label. Dans le monde entier, les groupes islamistes salafistes se placent sous la bannière d'al-Qaida. Ils ont réussi à disséminer leurs idées et leur mode opératoire partout, c'est une grande victoire», estime le spécialiste Dominique Thomas. C'est ainsi qu'en 2007 l'ancien GSPC algérien, Groupe salafiste pour la prédication et le combat, s'est transformé en Akim, al-Qaida au Maghreb islamique. En quelques années, la nébuleuse a réussi à internationaliser, grâce à une forte propagande, le discours de plusieurs groupes locaux ou régionaux.

 

Dans le viseur

 

Si elle a résisté aux coups de boutoir qui lui ont été assénés, c'est aussi parce que la nébuleuse a su s'adapter aux changements dans le monde et tirer profit de la globalisation. Comme une méduse se laissant porter par les courants et les vagues, elle évolue en fonction de la situation internationale. Très en pointe sur Internet, maîtrisant parfaitement sa communication, ne lésinant jamais lorsqu'il s'agit d'exposition médiatique, al-Qaida recrute sur la Toile des milliers de sympathisants mâles, qui n'appartiennent pas directement à l'organisation, mais peuvent passer à l'action quand il le faut. Soit pour leur propre compte, soit pour celui des djihadistes internationaux.

L'organisation, dont le cœur est formé de quelques centaines de membres seulement, basés pour la plupart dans les zones tribales pakistanaises, a également gagné en souplesse. Elle tisse sa toile dans le monde et diffuse son virus en sous-traitant certaines actions aux groupes nationaux ou en s'associant de loin avec des petites cellules locales tentées par l'idéologie du djihad global et les tactiques d'attentats suicides. Les militants peuvent même être entraînés par al-Qaida sans appartenir officiellement à l'organisation. Et pour déjouer la vigilance des polices antiterroristes, al-Qaida utilise de plus en plus, notamment en Irak, les services de femmes, de handicapés mentaux et de marginaux, candidats plus discrets pour les attentats suicides.

Sept ans après le 11 septembre 2001, les États-Unis bien sûr, mais aussi l'Europe, sont toujours dans son viseur. L'ancien GSPC algérien qui a rallié al-Qaida a un agenda clairement antieuropéen et antifrançais. Si le «Londonistan» a été démantelé après les attentats de 2005 à Londres, les spécialistes s'accordent à dire que les sympathisants du djihad global dans les capitales occidentales se sont radicalisés et peuvent passer à l'action du jour au lendemain.

Ainsi, pour Rohan Gunaratna, al-Qaida reste «la plus grande menace pour les Occidentaux». Une menace d'autant plus dangereuse que les services de renseignement occidentaux estiment que l'organisation n'a pas renoncé à organiser un jour un attentat chimique, biologique ou nucléaire. Au jour anniversaire du 11 Septembre, en plein ramadan, le mois des attentats, du sang et de la terreur pour al-Qaida, alors qu'approche l'élection présidentielle américaine, les services de renseignement sont, plus que jamais, sur le qui-vive.

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10 septembre 2008 3 10 /09 /septembre /2008 12:05

France Info s'est procuré les procès-verbaux d'audition des paras de Carcassonne, à la suite du drame du 29 juin. On peut lire et entendre le reportage complet, diffusé ce matin, sur le site de la radio. "Il n'y a pas de contrôles" expliquait un lieutenant du 3ème RPIMa aux gendarmes, dans les heures qui ont suivi la démonstration, au cours de laquelle 17 personnes ont été blessées par balles réeles. "Il n'y a pas de révélations" dans ce PV, assure le colonel Royal, chargé de la communication de l'armée de terre. Ce document confirme en effet ce que l'on savait de l'enquête interne qui a abouti à des sanctions disciplinaires.

Voici des extraits des PV.

Sur le contrôle des munitions :

Sergent J : "Les munitions sont entreposées dans une armoire fermée avec un cadenas, commune aux deux commandos [Les deux Groupement de commandos parachutistes du régiment], dans une pièce sécurisée. La clé est déposée dans le bureau des officiers. Tous les membres du commando ont accès à cette clé."

Est-il possible de garder des balles réelles sans les restituer à l’issue d’un tir ?

"Bien évidemment, c’est possible ; Notre groupe tient sur la responsabilité de chacun. Personne n’ira vérifier le nombre de cartouches tirées, le nombre de cartouches rendues et ce que fait chacun d’entre nous. Pour ma part, ca m’est arrivé de garder des munitions à balles réelles sachant que j’avais un autre tir le lendemain. Nous avons souvent un emploi du temps chargé qui nous fait rentrer tard le soir et reprendre tôt le lendemain. Le denier tir à balles réelles remonte au 26 juin 2008 à Pamiers. J’avais emprunté un chargeur à un collègue."

Quelle est la procédure de récupération des balles après un tir à balles réelles ?

Lieutenant C , chef de l’une des 2 équipes de commandos : "Après les tirs à balles réelles, on se contrôle par binôme. On vérifie les armes, les douilles sont mises dans une caisse a part, celles non-utilisées dans une boîte a part. Je ne fais pas la vérification générale des armes. Chaque personnel est responsable de son arme. Nous avons instauré la vérification par binôme."

Est-il possible qu’un soldat garde des munitions ?

"C’est très possible. Il n’y a pas de contrôle."


Et je crois pouvoir affirmer que dans les autres régiments paras, c'est la même chose, en tout cas à mon époque !
Par contre la dissolution de 2 GCM (groupement de commandos parachutistes), dans la paranoïa des sanctions pour plaire au Prince de l'Elysée, chef des armées, qui avait traité très injustement "d'amateurs les paras", est une érreur de plus !
Priver ce régiment d'élite, de sa spécificité opérationnelle est une faute de plus de la hiérarchie, au moment où un bataillon du 3°RPIMA est engagé en Afganistan dans les conditions où le matériel et la reconnaissance aérienne et l'appui feu font défaut ! L'amateurisme du chef des armées et de son ministre, qui confondent restructuration budgétaire (livre blanc) et moyens opérationnels indispensables, fera que encore une fois des médailles et des cercueils, côutent moins cher que des hélicos et des drones, ou des tourelles de VAB !
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9 septembre 2008 2 09 /09 /septembre /2008 10:41
Je reprend ici un article de Jean Guisnel du Point !

Publié le 05/09/2008 à 09:33 - Modifié le 05/09/2008 à 16:18 Le Point.fr

Le scandale du véhicule blindé refusé aux chasseurs alpins partant en Afghanistan

par Jean Guisnel

 

Véhicule blindé à haute mobilité © DR

 

Le dossier est extrêmement sensible. Brûlant même. Il suscite, dans l'armée de terre en général et dans l'infanterie en particulier, des réactions indignées, même si elles demeurent encore discrètes.
Cette affaire concerne l'achat d'un petit véhicule blindé à chenilles moderne, relativement bon marché au regard des prix habituels des armements (environ un million d'euros pièce), et surtout parfaitement approprié pour les conditions du combat en montagne. Cet engin que les Français appellent le VBHM (véhicule blindé à haute mobilité) est original car composé de deux unités distinctes et articulées, l'une à l'avant pouvant transporter cinq combattants, et l'autre à l'arrière, vers lequel la transmission peut être basculée. Il serait bien meilleur, à tout le moins, que le véhicule de l'avant blindé (VAB 4x4) mal adapté aux routes défoncées d'Afghanistan, et incapable de se mouvoir en tout-terrain escarpé. Ce qui oblige les fantassins à sortir trop tôt de leurs VAB lorsqu'ils doivent crapahuter en dehors des routes. Ce fut le cas lors de l'embuscade d'Uzbeen, le 18 août dernier. Un officier précise : "Cet engin offrirait une excellente sécurité pour les personnels, en nous affranchissant du passage par routes ou des pistes en mauvais état... Quand un VAB verse dans un ravin, le VBHM passe."

"La DGA nous a mis tous les bâtons possibles dans les roues"

Deux entreprises fabriquent de tels engins. Les Suédois d'Hägglunnds, filiale de BAE Sytems, produisent le fin du fin en la matière, et viennent de sortir le BVS 10 Viking , nouvelle version de leur BV 206 vendu dans ses différentes modèles à 4.000 exemplaires dans le monde. Son nouveau blindage résiste à des tirs de mitrailleuses de 7,62 mm, et à des éclats d'obus d'artillerie. Il possède un "tourelleau téléopéré", qui permet éventuellement au servant de sa mitrailleuse de bord de tirer en demeurant protégé. Tous les officiers de l'armée de terre que nous avons interrogés considèrent que cet équipement serait aussi indispensable pour les troupes françaises présentes en Afghanistan que pour les troupes britanniques qui disposent sur place de cet engin .
La seconde entreprise produisant un équipement du même ordre est la société singapourienne Singapore Technology Kinetics, fabricant le modèle Bronco . "Il ne s'agit que d'une pâle copie, moins chère il est vrai", assène un expert français.

Les chiffres sont précis, et l'armée de terre estime que pour équiper un GTIA (groupement tactique interarmes) complet en Afghanistan, il lui faut une centaine de véhicules. Selon nos informations, cette demande a été présentée explicitement par le commandement des forces terrestres, basé à Lille. L'armée française dispose d'une version ancienne de cet engin, le BV 206S. À 11 exemplaires exactement, tous affectés au 7e bataillon de chasseurs alpins de Bourg-St-Maurice. C'est une autre unité, le 27e BCA d'Annecy, qui partira en Afghanistan fin novembre. Avec huit des engins de leurs camarades du "7", les trois derniers restant en France pour l'entraînement.
"Cette affaire est un véritable scandale, s'offusque un officier d'état-major. La DGA (Délégation générale pour l'armement) nous a mis tous les bâtons possibles dans les roues, a combattu par tous les moyens imaginables cette acquisition. Au gré des arbitrages budgétaires, elle a eu gain de cause à l'état-major des armées."

"Supprimons un Rafale et achetons ces engins en urgence !"

Depuis le début des années 2000, tous les chefs d'état-major de l'armée de terre successifs se sont battu pour obtenir l'acquisition de ce matériel, afin d'en équiper deux types d'unités. Les troupes de montagne, "car l'hiver dans la neige, il n'y a pas photo, ça passe où rien d'autre ne peut avancer. Sous la neige, les alpins partant en Afghanistan veulent aller n'importe où, visiter des villages difficilement accessibles, assurer la présence", dit un officier d'infanterie. Qui rappelle en souriant que lors de sa dernière visite au plateau des Glières, Nicolas Sarkozy a dû être transporté à bord d'un engin de ce type pour pouvoir atteindre le mât des couleurs... Les troupes amphibies de la 9e brigade légère de marine et de la 6e brigade légère blindée veulent aussi bénéficier des atouts de cette machine, qui possède des qualités "nautiques" lui permettant de franchir des rivières, voire de débarquer d'un navire en bord de plage.
Ce refus par la DGA d'acheter ces véhicules avait suivi des procédures pourtant réglementaires de l'armée de terre, qui souhaitait au départ acquérir 192 VBHM. En réalité, la colère de l'armée de terre vise un important cadre de la DGA, qui a aujourd'hui quitté l'établissement : "Contre notre demande sensée et réfléchie d'équipements nécessaires à nos soldats en Afghanistan, il a chipoté, cassé les pieds à tout le monde, posé des tas de questions pour finalement nous dire que nous n'avions pas besoin de cet armement, en convainquant l'état-major des armées", fulmine cet officier d'état-major qui ne décolère pas.
Il y a quelques semaines, devant la dégradation palbable de la situation en Afghanistan, l'armée de terre a finalement arraché une révision du dossier. Mais les technocrates n'allaient pas s'avouer vaincus aussi facilement, et ils ont imposé que l'état-major "exprime une nouvelle définition du besoin, et revoie ses ambitions à la baisse", explique un spécialiste. Résultat : l'armée de terre a effectivement réduit sa demande d'un tiers pour ne plus demander que les 129 exemplaires qu'elle estime nécessaires de toute urgence pour l'Afghanistan. En laissant entendre qu'elle sait déjà que l'engin correspondant à ses besoins est le BVS 10 Viking. Sauf qu'en recevant un ordre ministériel de lancer l'acquisition, la DGA aurait compris, selon un de ses interlocuteurs : "On lance une consultation technique pour évaluer les deux matériels disponibles. Et quand on l'aura décidé, si tout va bien, on discutera vers 2010 avec le fournisseur que nous aurons choisi. Ensuite, il faudra que les chaînes de fabrication tournent."
C'est peu dire que les fantassins sont furieux. Un officier général possédant pourtant le calme des vieilles troupes a déclaré au Point.fr : "Cette affaire est typique. Le besoin est indiscutable, cohérent. Supprimons un Rafale et achetons ces engins en urgence ! Si nous les avions, cela pourrait sans doute sauver des soldats qui vont se faire tuer... Mais hélas, l'état-major des armées n'est pas sensible à ce type de besoin. C'est complètement con !".
Le 2 septembre dans la journée, nous avons sollicité les points de vue de la DGA et de l'état-major des armées sur ce dossier. Aucune réponse ne nous était parvenue le 5 septembre en début de matinée.

Voilà encore un article de plus à prendre en considération ! Quand je dis que la réforme de l'armée n'est que budgétaire  !

14/09/2008

Hervé Morin contre Pierre Lellouche : guerre ou pas guerre en Afghanistan ?

Le ministre de la Défense Henri Morin refuse toujours de parler de "guerre" en Afghanistan, comme il le redit dans une interview donnée au quotidien Les nouvelles calédoniennes, à l'occasion de sa visite en Nouvelle-Calédonie.  "Je refuse d'employer [le terme de guerre] pour deux raisons très simples : nous ne sommes pas là-bas pour faire la guerre, mais pour faire la paix, en vertu d'une résolution des Nations Unies pour le maintien de la paix. La deuxième raison, c¹est qu'une guerre, c'est une guerre entre deux Etats, avec une déclaration de guerre. Donc ça n¹est pas une guerre au sens où on veut l'entendre, même s'il y a des opérations qui ressemblent bien entendu à des actes de guerre, dans le cadre des missions qui sont menées par les forces. C'est une opération de maintien de la paix, pour permettre à l¹Afghanistan de vivre enfin en paix."

Le député UMP de Paris, Pierre Lellouche, n'en est pas du tout convaincu : "Contrairement à ce qu'affirme le ministre de la défense Hervé Morin, c'est une guerre, et non une opération de police internationale" dit-il dans un entretien au Monde. "Le reproche que l'on peut faire aux autorités politiques et militaires françaises, c'est de ne pas avoir clarifié la présence de notre pays en Afghanistan". Le député estime que "la stratégie de l'Otan en Afghanistan est un échec, puisque la guerre s'amplifie dans ce pays".  Pierre Lellouche vient d'être chargé d'une mission parlementaire d'évaluation de la situation de l'Afghanistan, avec le député (PS) François Lamy.

Rappelons qu'il a fallu attendre 1998 pour que la France parle officiellement de "guerre d'Algérie", soit 36 ans après la fin de ce qu'il convenait d'appeler les "évènements".

Il y a des morts tous les jours, des soldats de l'ISAF et Afgans, des talibans, et des civils, cela s'appelle comment ?

Depuis cet été, alors que les troupes françaises s'engagent plus avant dans les combats aux côtés des Afghans, les attaques des talibans se multiplient.

Des officiers français, l'air anxieux, s'affairent autour de l'immense carte punaisée au mur de planches. On y voit Kaboul et, marquée de multiples flèches multicolores, une ligne sombre qui file plein sud. Depuis un mois, cet axe qui relie la capitale afghane à Kandahar, cœur de l'insurrection, cette simple route à deux voies appelée Highway 1, est le théâtre d'opérations le plus dangereux pour l'armée française.

Les regards sont fixés sur une grosse marque jaune. Elle pointe le site Airborn, dans la province du Wardak, première base avancée, à une trentaine de kilomètres de Kaboul. Près de vingt soldats français vivent depuis un mois dans ce camp, un site isolé dans une plaine beige de poussière, balayé par les vents. La FOB (pour Forward Operating Base) ressemble point par point aux centaines d'autres qui parsèment le pays. Un quadrilatère de Bastion Walls, des cubes en treillis métallique remplis de pierres qui font efficacement office de murailles, des défenses en béton, le tout ceinturé de kilomètres de barbelés. Seul le drapeau français entre les bannières américaine et afghane apporte un rien d'originalité.

Devant la grosse bicoque jaunâtre, aux fenêtres crevées et aux murs fissurés, qui sert de PC aux Français, le lieutenant-colonel Bartholdi ne prête plus depuis longtemps la moindre attention au décor. À la tête de l'OMLT (Operational Mentoring and Liaison Team) du 3e Kandak, les bataillons afghans du 201e corps, l'officier et ses hommes ont d'autres soucis. «On vit ici presque tous les jours des scènes de combats que l'on ne rencontrait jusqu'alors pratiquement jamais», affirme-t-il avec un sourire qui ne parvient pas à dissimuler les tensions et la fatigue accumulées.

Officiellement pourtant, la mission de ces 50 soldats, presque tous issus du 35e régiment d'infanterie (RI) de Belfort, était simple. À son lancement, en 2006, on la disait même sans grand risque. Il s'agissait d'assurer la formation des troupes afghanes et les liaisons avec les forces de la coalition, notamment l'appui aérien et les opérations d'évacuation des blessés. Depuis, la rébellion a gagné en intensité et les instructeurs français se sont mués en conseillers militaires au plus près sur le terrain. Embuscades, attentats, attaques… L'OMLT a connu toutes les phases de la guérilla et de la contre-guérilla. «On nous dit que l'armée française n'est pas en guerre en Afghanistan. Je veux bien, mais quand même cela y ressemble beaucoup», grince un officier supérieur à Kaboul.

Le tournant, entre ce rôle de professeur et celui de troupes d'appui, engagées sous le feu, a été pris à la mi-juin. L'insurrection lance alors une offensive. Le gouvernement afghan réagit et décide d'envoyer le 201e corps. Paris hésite à engager à sa suite dans le chaudron qu'est le sud du pays les Français qui encadrent le 201e. Au nom de la solidarité, Nicolas Sarkozy donne finalement son feu vert. «C'était la bonne décision, assure le sergent-chef Thomas. L'ANA (l'Armée nationale afghane, NDLR) ne nous respecterait pas, ne nous écouterait pas si on devait rester à l'arrière. Or si on veut qu'un jour l'ANA soit capable de se défendre seule, il faut de la formation.  » Dans le cours de l'été, les «Taleb'», comme les Français surnomment les insurgés, grignotent du terrain. Ils remontent comme par capillarité le long de Highway 1, de leur bastion de Kandahar jusqu'aux portes de Kaboul. En réponse, le 201e s'y installe, les Français une nouvelle fois sur leurs talons.

 

Les armes du pauvre

 

La route est pour l'Isaf, la mission de l'Otan en Afghanistan, un axe vital. Pour la soixantaine de soldats américains qui partagent avec l'ANA et les OMLT le camp Airborn, la «One» est simplement la «route des IED», acronyme d'Improvised Explosive Devices, les mines improvisées que la rébellion pose le long de la chaussée. Cette arme du pauvre, le plus souvent confectionnée d'obus reliés à un détonateur, se montre redoutablement efficace. Elle a saigné les troupes US en Irak et use les nerfs du contingent de l'Otan en Afghanistan. Les IED ont fleuri le long de Highway 1, quatre-vingts en trois mois. Le colonel Bartholdi y voit la preuve que «le déploiement ennuie les talibans».

«Les Américains disent que ça ressemble de plus en plus à l'Irak et on a tendance à les croire», affirme le caporal Arnaud. L'homme ne cache pas son admiration pour l'armée américaine. «Au-delà de leurs moyens incroyables, ils ont acquis une expérience de ce type de guerre ici et en Irak très précieuse. Pour gagner en efficacité et limiter les pertes, on a tout à gagner à s'inspirer de leur mode opératoire.» Le sous-officier sait bien que les véhicules blindés français (VAB) ne résisteraient pas mieux que les Humvees américains à une explosion : «Pour l'instant, les trois VAB attaqués s'en sont sortis sans trop de dégâts. On a eu de la chance.»

La chance, pourtant, ni lui ni ses camarades n'y comptent trop. Comme avant chaque patrouille, en cette matinée de septembre, il inspecte soigneusement son équipement : famas, munitions et son gilet pare-balles racheté à l'armée américaine. «Les gilets français, conçus lors de la guerre froide, sont peu pratiques. Paris s'est finalement décidé à nous équiper», se félicite le sergent Bertrand en ajustant ses lunettes pare-éclats, ses chaussures légères et son treillis renforcé. Ces équipements-là, il les a en revanche payés lui-même. «Ils sont indispensables et on ne peut pas permettre d'attendre des dotations.» Il se glisse dans le VAB, debout dans un capharnaüm très organisé de caisses de munitions, de grenades et de fusées, sa tête dépassant à l'extérieur. «C'est dangereux d'être dehors mais c'est la seule solution. En cas d'attaque il faut pouvoir répliquer tout de suite pour fixer l'ennemi.» La pose des nouvelles tourelles téléguidées doit permettre de réduire ce risque. «Elles arriveront dans quelques semaines», assure le colonel Bartholdi. «Inch'Allah !», ajoute l'un des hommes.

À peine la porte de camp Airborn franchi, l'humeur se fait plus grave. Dans la poussière, les regards scrutent les alentours de la colonne de sept blindés français, tâchant de déceler un ennemi sur les crêtes ou un IED en bord de route. Les puissants brouilleurs ont été mis en route pour perturber les commandes à distance des mines improvisées. «C'est utile mais les ennemis adaptent leurs tactiques. Ils utilisent maintenant des détonateurs avec des fils», relève le colonel.

Le convoi roule aussi vite que possible, repoussant sans ménagement les voitures civiles sur les bas-côtés. L'aboiement sec d'une mitrailleuse 12.7 rappelle à l'ordre les automobilistes récalcitrants. Au passage des conduites d'eau qui traversent la chaussée, la colonne accélère encore. «C'est l'endroit idéal pour poser une IED, explique le sergent Bertrand, tassé au fond du VAB. Il y en a 128 sur la route, et à chaque fois on sert les fesses. Il n'y a rien d'autre à faire.» La peur est là. Le sourire s'efface du visage encore poupin du sous-officier. «Les missions à pied, les combats, même les bombardements, ça va. Mais je déteste rouler sur cette p... de route.»

Et ce matin-là, les VAB rouleront longtemps. Il faut inspecter chacune des positions françaises le long de l'autoroute. Pour gêner les mouvements des talibans, la coalition et l'ANA ont multiplié les fortins. Parfois très isolés. Le bastion avancé de Kowt-e'Hashrow, quelques tentes protégées par les inévitables Bastion Walls, n'est qu'à dix minutes de route du camp Airborn, mais il a tout de Fort Alamo. Une vingtaine de soldats afghans occupent cette redoute améliorée pour surveiller l'entrée de la vallée de Jalrez, une gorge de 20 kilomètres perpendiculaire à la route «totalement aux mains des Indiens» selon un officier. La petite route sinueuse, bordée de falaise, qui y mène est un piège permanent. On y a compté déjà quatre embuscades. «Les talibans ont mis au point un scénario efficace. D'abord ils posent un IED. Puis une fois la colonne arrêtée, ils ouvrent le feu de loin et ils décrochent le plus souvent avant que l'aviation de coalition n'ait le temps d'intervenir», explique le lieutenant-colonel Bartholdi.

 

«Un peu décalée»

 

Le harcèlement touche aussi Kowt-e'Hashrow. «Ce n'est pas toutes les nuits mais presque. Ils viennent, tirent et s'évaporent», raconte un capitaine. Le dernier raid date du 24 août. Les talibans s'étaient postés à moins de 300 mètres des murs, sur le toit de l'école du village voisin. Un quart d'heure de tirs à la mitrailleuse et à la roquette, heureusement peu précis. Le bilan ne fut que d'un blessé léger. Le lendemain, l'ANA a envoyé une patrouille enquêter dans le bourg. «Comme d'habitude, personne n'avait rien vu, rien entendu», ricane un officier.

L'anecdote n'étonne pas le capitaine afghan Abdul Mouhin. Ces trois derniers mois passés le long de la Highway 1 n'ont fait que confirmer ce qu'il savait déjà. «Dans cette région, les populations ne font que semblant de nous tolérer. Ils soutiennent les insurgés, soit par conviction, soit le plus souvent par crainte d'eux», affirment-ils. Les regards glacés qui suivent les blindés à la traversée de chaque village sont assez éloquents. Comme les Humvees de l'US Army, les convois français passent sans un signe ni un regard aux habitants. Du haut de sa tourelle, un soldat plaisante : «Dans ce pays, la tradition de l'armée française d'aller au-devant des populations est un peu décalée. Ici ce n'est pas l'Afrique. C'est la guerre.»

Le 18 septembre 2008

COMMUNIQUE DE PRESSE

Afghanistan : la France doit obtenir un changement d’attitude des Etats-Unis ou revoir les conditions de son engagement

Une fois encore, la conférence des présidents de l’Assemblée nationale a décidé de réduire au silence les députés non-inscrits en ne leur accordant aucun temps de parole lors du grand débat sur l’engagement de la France en Afghanistan.

Il est pourtant de tradition, pour chaque débat, d’octroyer 5 minutes de temps de parole aux non-inscrits. Mais, comme par hasard, sur les sujets cruciaux de l’Europe et de la politique étrangère, les usages républicains sont jetés aux orties !

Pour ma part, je voterai contre la prolongation de l’engagement, dans sa forme actuelle, de l’armée française en Afghanistan. J’assume en conscience ce vote pour deux raisons :

  En premier lieu, l’action aujourd’hui menée par l’OTAN est totalement contreproductive, renforçant le terrorisme en faisant basculer chaque jour davantage les Afghans dans les bras des Talibans. On est ainsi très loin de l’opération légitime d’assistance au rétablissement de la paix menée par notre armée sous la présidence de Jacques Chirac, où la France jouait alors un rôle modérateur dans l’esprit du mandat de l’ONU.

  En second lieu, contrairement à ce que veut faire croire le gouvernement, une autre politique est possible et même nécessaire en Afghanistan. La France aurait dû en effet soutenir l’ONU, qui a récemment demandé avec le président KHARZAÏ une redéfinition complète de la stratégie des forces occidentales, afin que l’accent soit réellement mis sur la reconstruction du pays, l’afghanisation du conflit et la recherche d’une solution négociée avec les insurgés modérés.

Mais puisque les Etats-Unis restent sourds et aveugles à cette demande légitime de l’ONU, la France doit à nouveau cantonner le rôle de ses soldats à la stricte formation de l’armée afghane, comme le fait l’immense majorité des forces armées des 25 autres pays de l’Union européenne et préparer, à terme, son désengagement progressif de ce pays.

Nicolas DUPONT-AIGNAN Député gaulliste non-inscrit de l’Essonne Président de Debout la République


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