Au lendemain du match entre la France et la Tunisie, des supporters tunisiens expliquent pourquoi ils ont sifflé la Marseillaise hier soir.
Hier au stade de France. (Charles Platiau / Reuters)
Saint-Denis, le jour d’après. Au lendemain de la «Marseillaise» sifflée, l'ambiance est calme aux alentours du Stade de France. Au fil des discussions, deux tendances se dessinent parmi les supporters tunisiens venus en nombre assister au match France-Tunisie. Certains ont sifflé par mimétisme, «parce que leurs copains le faisaient». D’autres auraient eu des visées plus politiques, estimant que siffler est une manière de dire qu’ils ne se sentent pas intégrés.
Sofiane assure, sourire en coin, qu’il n’a pas moufté pendant que l'hymne était chanté. «Ça ne se fait pas, il faut respecter la Marseillaise!», lance le jeune homme. Autour de lui, d’autres spectateurs sifflaient. «Ce n’est pas l’équipe de France qu'ils sifflaient, c’est l’Etat français», estime-t-il.
Même topo un peu plus loin avec un jeune rappeur surnommé «Eldeterr». Un de ces dangereux siffleurs que Michèle Alliot-Marie veut retrouver et interdire de stade. Il lance: «Le principe, c’est qu’on ne peut pas aimer une Nation qui ne nous aime pas. Ce n’est pas contre l’équipe de France que j’ai sifflé.» Et le jeune homme d’avouer qu’il était un «supporter des Bleus, content qu’une équipe du Maghreb vienne jouer ici».
Venu de Strasbourg juste pour voir le match, Ouederni Fathie, 33 ans, de nationalité tunisienne, est atterré par ce qu’il a vu: «Ce n’est pas bien. Il faut respecter l’hymne. On vit avec les Français, il y a certaines choses à respecter. Et l’hymne en fait partie.» Un hymne dont Claude Bartolone, président du conseil général de Seine-Saint-Denis, souhaite qu'il ne soit plus joué «devant des publics qui ne savent pas se tenir».
GAËL COGNÉ
"Tout le monde a sifflé, j'ai sifflé. C'était Maghreb United !"
Stade Vélodrome, fin d'après-midi. C'est la sortie du terrain mercredi 15 octobre. Les moins de 13 ans du club de football du CSL d'Aulnay, en Seine-Saint-Denis, vont rejoindre leur barre d'immeubles. Sur la cinquantaine de jeunes joueurs présents, seul Malek, 13 ans, était au Stade de France la veille pour voir le match France-Tunisie.
"T'as sifflé, toi ?", lui demande un copain. Malek : "Tout le monde a sifflé, j'ai sifflé." "Pourquoi ?", lui lance son ami. "Je sais pas, les Algériens et les Marocains ont sifflé aussi : c'était Maghreb United !" Il se marre. "Et pourquoi siffler (Hatem) Ben Arfa ?", ajoute un autre. "C'est un harki, un traître qui a choisi de jouer pour la France et pas pour la Tunisie, son pays", débite Malek. Son entraîneur, Arthur Gaote, ne sourit pas : "Abruti ! Toi, t'es français, tu te siffles toi-même."
Mais Malek n'est pas concerné. Le petit bonhomme, en classe de 5e, se considère comme 100 % tunisien, allez "peut-être un quart français". Autour de lui, certains de ses camarades n'en reviennent pas. "Déjà que nous sommes mal vus par la société, jure un garçon, ça va rajouter une couche." "Tu sais, en France, on nous reproche d'être arabe !", riposte Malek.
Pour les entraîneurs, siffler La Marseillaise, cela "détruit tout le travail". "Nous leur apprenons le respect, on fait tout pour que la cité n'entre pas sur le terrain", assure Arthur Gaote. Pour le président du club, André Parenton, qui était au match au Stade de France, "les jeunes ont conscience qu'il y a, sans parler d'apartheid, un traitement différent entre les Français aux yeux bleus et ceux aux cheveux crépus. Les sifflets traduisent un malaise, mais ce n'est pas une excuse".
" Les gens qui ont sifflé, ajoute Axel, 13 ans, ce n'est pas contre l'équipe de France, mais parce qu'ils ont la haine." La haine ? "Ils dénoncent ce qu'il se passe dans le pays : le racisme. La France, ça me dégoûte !" Le garçon se sent avant tout camerounais car "là-bas, même si les gens sont pauvres, ils partagent". Il en a marre d'entendre "Retourne dans ton pays". Younès, 13 ans, lui répond : "Mais ça ne te concerne pas, puisque tu es de nationalité française. Pense à Martin Luther King." Axel fronce les sourcils : "C'est qui ?"
C'est obligatoire»
Cécilia Gabizon.
Des supporters avant le début de la rencontre France-Tunisie, mardi soir. Crédits photo : AFP
Adolescents ou jeunes adultes, certains des «siffleurs» s'étaient donné rendez vous depuis un mois pour faire le coup de force dans les gradins.
Siffler l'hymne français, «c'est obligatoire», expliquent Tarik et Aziz, deux copains de Saint-Denis. Autrement, ils auraient le sentiment de se renier. «Parce qu'on est tunisiens, quoi !» Des Tunisiens de cœur, qui ne connaissent du bled, que des vacances, des souvenirs ensoleillés, quelques cousins et rien de ce qui fait le quotidien. La double culture n'a pas encore trouvé ses chantres. Pour l'instant, la France est leur réalité, la Tunisie, leur paradis. Entre les deux, point de salut. «Ça fait du bien de crier», dit Leila qui s'est époumonée mardi, fière dans son tee-shirt rouge et blanc. «C'est pour toutes les fois où on a baissé la tête, toutes les humiliations.». Son frère, 22 ans, n'a pas sifflé, «c'est débile et cela donne raison à tous ceux qui doutent des enfants d'immigrés et les considèrent comme des profiteurs». Mais quand la bande s'est mise à hurler, il a un instant hésité. «On est entraîné, c'est comme dans un concert, sans penser aux conséquences.» Beaucoup reconnaissent avoir sifflé dans «l'ambiance». Surtout qu'ils sont venus en groupe, entre copains d'une même cité, pour faire la fête. «On se chauffe, quoi».
«C'était programmé»
Adolescents, jeunes adultes, survêtement de saison, drapeau tunisien en étendard, ou algérien, certains se sont donné rendez-vous depuis un mois pour faire le coup de force dans les gradins. «C'était programmé», dit l'un, qui s'est vu délesté de ses fumigènes à l'entrée. «On était décidé à faire aussi bien que les Algériens et les Marocains.» Que personne ne puisse les taxer d'être moins patriotes que leurs copains ! Une affirmation nationaliste destinée essentiellement… aux Français.
Avec le désir ardent de se faire remarquer, encore et toujours, comme à Urban Peace, ce méga-concert de rap où
des jeunes ont aussi sifflé les artistes, il y a quelques semaines. «On ne vous aime pas», semblent-ils dire partout, dès qu'on les regarde. Comme un appel. «C'est un moyen nul de rappeler qu'ils se sentent mal», veut croire Kamel Hamza, élu local UMP. Mais au-delà du cri, des cicatrices de l'histoire, la réalité d'un communautarisme maghrébin émerge. «C'est devenu un régionalisme», estiment les policiers du département. Comme on se dit breton, basque, corse… Certains s'affirment désormais algériens, tunisiens, marocains. Et parfois, hostiles à la France.
Mon commentaire : Tolérance zéro !
Je suis scandalisé, il y en a plus que marre de ces jeunes, une colère froide monte en moi qui suis cocardier et fier d'être français, et je ne suis pas le seul !
Si les "enfoirés de siffleurs" n'aiment pas la France, moi non plus je ne les aime pas ! Une seule solution les concernants, quand on n'est pas bien quelque part, on va ailleurs ! La France a besoin de jeunes avec l'esprit patriotique pour son avenir !
Ces jeunes paumés, ne savent vraiment quoi faire pour se faire détester ! Aucune valeurs, rien, le néant !
Pour bien connaitre l'autre coté de la Méditerranée, la-bas siffler un hymme nationale, c'est s'exposer au lynchage immédiat voir recevoir une balle ! Je vois mal des français faire cela au maghreb !
Quand je lis les déclarations d'élus de gauche à ce sujet, j'ai honte pour leur irresponsabilités et de leur esprit laxiste, trouvant toujours des excuses aux incivilités !
Suite à tant d'évènements, il faut bien s'attendre à ce que cela dégénère en émeute un jour, aussi je propose de créer une garde nationale en France sur le style de la garde nationale américaine.
Cela permettrait lors d'évènements de cet empleur, d'avoir des personnels d'interventions pour le cas de débordements graves, car les compagnies de CRS et de gendarmerie mobile n'y suffirait pas !
Et pour les personnes interpelées, appliquer la loi dans sa plus grande sévérité, mais il est vrai que certains juges sont très gaucho-laxistes ! Pour ceux qui seraient déja condamnés ou en attente d'un jugement, une possibilité de se racheter par un engagement à la Légion Etrangère par exemple, leur inculquerai les valeurs de la république de l'hymme national et du drapeau tricolore !