Le retour de la France dans le commandement intégré de l'Otan, qui devrait être officialisé le 4 avril, lors du sommet organisé à Strasbourg et Kehl en Allemagne pour le soixantième anniversaire de l'alliance atlantique, provoque déjà des remous à l'UMP. Rejoignant l'opposition conjuguée de la gauche et du MoDem à ce projet qui «marque la fin de l'indépendance de la France et un alignement sur les États-Unis», selon Jean-Marc Ayrault, une partie des députés de la majorité sont également hostiles à cette volonté affichée de Nicolas Sarkozy de «normaliser» les rapports entre la France et l'Otan.
Quarante-trois ans après la sortie du commandement intégré décidée par le général de Gaulle, pro et anti-atlantistes continuent à s'affronter. L'ancien premier ministre Dominique de Villepin, dont les proches réclament l'audition par les commissions des affaires étrangères et de la défense, au grand embarras de Jean-François Copé, a estimé sur i-Télé que la France «va se trouver rétrécie sur le plan diplomatique» et «sera plus vulnérable au terrorisme». Le patron du groupe PS, lui, a demandé à Fillon «d'engager la responsabilité du gouvernement » sur ce «retournement stratégique».
Bernard Accoyer, le président de l'Assemblée, serait d'accord pour l'organisation d'un débat parlementaire fin mars, mais il est resté très évasif sur l'opportunité d'un vote, dont l'issue peut être incertaine. Le patron des députés UMP défend lui aussi le retour de la France dans l'Otan, mais il a laissé l'un de ses vice-présidents, Bernard Deflesselles, animer le groupe de travail interne sur l'Otan et l'Europe de la défense.
Défense européenne
Mercredi, une trentaine de députés UMP ont auditionné Bruno Le Maire, le secrétaire d'État aux Affaires européennes, dans une ambiance animée. Les souverainistes Lionnel Luca et Jacques Myard ont exprimé leur parfait désaccord avec cette décision qui est «un leurre et une faute diplomatique, car on remet en cause cinquante ans d'indépendance de la France», a dénoncé Jacques Myard. Les élus villepinistes, qui demandent aussi un débat suivi d'un vote dans l'Hémicycle, jugent que «c'est le cadeau de bienvenue fait à Barack Obama», dénonce François Goulard.
Parmi les hésitants, Guy Tessier, le président UMP de la commission de la défense, joue le pragmatisme : «Si nous en tirons des avantages en matière industrielle et commerciale, il ne faut pas hésiter à retourner dans l'Otan. Mais on ne peut pas faire une défense européenne avec de nouveaux adhérents qui ne veulent pas payer car ils se croient protégés par le parapluie de l'Otan.»
Louis Giscard d'Estaing, dont le père, VGE, est hostile au retour dans l'Otan, se dit lui aussi «interrogatif». «Il y a six mois, le compte n'y était pas. Aujourd'hui, le compte y est», estime en revanche Axel Poniatowski, le président UMP de la commission des affaires étrangères, qui souligne que de nombreuses avancées ont été faites en matière d'Europe de la défense. «La pièce manquante, c'est la création d'un état-major stratégique européen», juge le secrétaire général adjoint de l'UMP. «S'il y a un débat dans l'Hémicycle, insiste-t-il, il doit y avoir un vote.»
Bernard Deflesselles explique, lui, que le retour de la France dans la structure militaire intégrée de l'Otan n'est «pas antinomique» avec une Europe de la défense. Auditionné jeudi par les députés, le secrétaire général de l'Otan, Jaap de Hoop Scheffer, a martelé que la France aurait «tout à gagner» à réintégrer pleinement «une alliance qui a besoin de la France».
Le groupe UMP recevra mardi les ministres des Affaires étrangères et de la Défense, qui seront auditionnés le lendemain matin par les commissions des affaires étrangères et de la défense réunies. Le travail de pédagogie se poursuit.
Sarkozy en fait trop, la France n'a pas besoin de strapontins à l'OTAN, ni pour sa politique extérieure, ni pour servir de paillasson ou de vassal des Etats Unis ! D'ailleurs quel va en être le prix à payer ?
La France a assez de soucis, Sarkozy n'avait nul besoin d'ajouter celui là pour brader un peu plus la souveraineté de la France !
Alors que les autorités françaises ne cessent de répéter qu'il n'est pas question, pour l'instant, d'envoyer des renforts en Afghanistan, l'Allemagne a annoncé hier son intention de le faire prochainement, répondant ainsi aux demandes pressantes de l'administration Obama. Décidemment, le "couple" franco-allemand ne fonctionne plus très bien.
La Bundeswehr va dépêcher 600 hommes supplémentaires à la mi-juillet, portant à 4100 le nombre de soldats allemands en Afghanistan, où ils sont cantonnés dans la région nord. 200 de ces hommes renforceront une force de réaction rapide, les autres étant affectés aux affaires civilo-militaires (PRT) ou à un hopital de campagne. Ce renforcement est présenté comme devant être temporaire (de trois ou quatre mois) à l'occasion des élections présidentielles afghanes, dont la date est fixée au 20 aout.
D'autres pays devraient prochainement annoncer l'envoi de renforts, comme la Finlande, la Norvège ou la Hongrie. Le Parlement allemand a autorisé le gouvernement a envoyé jusqu'à 4500 hommes en Afghanistan.
Que fera la France ?