Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Echanges libres sur la politique et l'économie d'un franchouillard de droite politiquement parfois incorrect !

Publicité

POLEMIQUE mais vote des députés et sénateurs !

21/09/2008

Afghanistan: questions autour d'un "rapport" de l'Otan

Le journal canadien Globe and Mail et le journaliste Eric de Lavarène pour France Info ont rendu public ce matin quelques extraits d'un "rapport secret" de l'Otan, concernant les circonstances de l'embuscade dans laquelle sont tombés les soldats français, le 18 aout en Afghanistan. Ce rapport "révèle le manque d'équipement" des militaires français, affirment-ils. Pour l'essentiel, il confirme ce que l'on savait déja de cet évènement.

Problème: selon nos informations, le porte-parole de l'Otan à Bruxelles devrait démentir dans la journée l'existence d'un tel rapport. [Selon une dépêche de l'AFP de 13h14, le porte-parole de l'Otan James Appathurai a déclaré que "le secrétaire général n'a pas connaissance d'un tel rapport (...) A ce stade, et après recherches, nous n'avons pas trouvé trace d'un tel rapport".] A Paris, le ministère de la défense affirme que "nous ne disposons pas d’élément pour le moment sur l’existence même de ce document" . "Il n'y a pas de rapport de l'Otan, c'est de la foutaise" réagit plus vivement un officier de l'état-major.

Selon nos informations, plusieurs journalistes qui couvrent l'Afghanistan ont reçu, par courrier électronique, quelques pages d'un document rédigé en anglais en provenance d'une source à l'intérieur du quartier général (HQ) de l'Isaf à Kaboul. L'Isaf (International security assistance force) est le nom de l'opération de l'Otan à Kaboul.

Libération, qui n'a pas eu copie de ce document, n'est pas en mesure confirmer qu'il s'agit bien d'un rapport officiel, validé par les autorités compétentes. L'hypothèse que ce texte ait été rédigé par un officier de l'état-major de Kaboul doit être prise en compte.

Le contenu - au travers des quelques extraits rendus publics - n'apporte par ailleurs quasiment aucun élément nouveau, que ce soit dans le déroulement des faits ou l'analyse des problèmes rencontrés ce jour-là par l'armée française

Que dit ce "rapport secret" ?  "The French did not have enough bullets, radios and other equipment, the report said" écrit le Globe and Mail : "les Français n'avaient pas assez de munitions, de radios et d'autres équipements".

On le sait depuis les premières analyses de l'embuscade. La section Carmin 2 du 8ème RPIMa, équipée comme une section d'infanterie légère, a en effet été prise sous le feu ennemi pendant plusieurs heures. Les hommes n'avaient sur eux que les munitions qu'ils portaient, soit un minimum de six chargeurs de 25 munitions pour Famas. Depuis le début, les critiques portent sur le fait que les appuis de cette section étaient insuffisants. Les appuis sont la capacité qu'ont les troupes restées à l'arrière de soutenir par des tirs (morties, mitrailleuses, canons, missiles, etc) les fantassins pris sous le feu de l'ennemi.

Le rapport pointe la question de la radio, déjà précédémment soulevée. La section Carmin 2 ne possèdait qu'une radio, comme il est de règle. Les talibans, qui sont de bons soldats, ont fait ce qu'ils devaient faire, c'est-à-dire tuer le radio dès le début de l'engagement. Ils y sont parvenus grâce à leurs snipers. "La précision de l'ennemi était très bonne", note le "rapport secret". Le contact radio a été interrompu dans les premiers moments de l'accrochage, avant d'être rétabli. Cela n'a pas empêché, contrairement à ce que dit le "rapport secret", de demander un appui aérien, qui est arrivé très vite, mais n'a pû être engagé du fait de l'imbrication trop étroite entre les soldats français et les talibans.

Selon France Info, le rapport confirmerait que quatre soldats français sont tombés entre les mains des talibans, mais Eric de Lavarène reconnait que le rapport ne précise pas qu'ils ont été capturés vivant. Ce journaliste, qui a interviewé le chef taliban pour Paris Match, est bien placé pour savoir que certains corps de soldats français ont été dépouillés de leurs armes et équipements. Leur corps ont été déplacés et sans doute filmés par les talibans.

Le "rapport secret" indique que, au vu du déséquilibre entre Français et Talibans, "le contact aurait pu être pire". Il pointe notamment la responsabilité des soldats de l'Armée nationale afghane (ANA). "The ANA performed very poorly" (L'ANA s'est très mal comportée), lit-on dans le document. Quinze hommes accompagnaient les Français dans trois véhicules et quatre d'entre eux ont été blessés, indique le rapport. [On sait par ailleurs qu'un interprète a été tué.] Les soldats afghans auraient fui à pied ("run away on foot") abandonnant derrière eux leurs armes.

Ce dernier point est le plus délicat, d'un point de vue politique. Toute la stratégie de la coalition repose sur l'"afghanisation", c'est-à-dire sur le transfert des tâches militaires à l'ANA. C'est aujourd'hui la seule perspective pour pouvoir quitter un jour le pays. Reconnaître que l'armée afghane se bat mal ou n'est pas fiable n'est donc pas acceptable politiquement.

Un problème médiatique

Autre difficulté, du point de vue des médias, cette fois-ci. Ce "rapport secret", dont l'existence est contestée par les autorités militaires, pose le même problème que le document publié récémment par le Canard enchaîné. On a aujourd'hui les plus grandes doutes sur la véracité de ce "document", présenté comme provenant d'un organisme français de renseignement. Idem d'une enquête de la gendarmerie prévotâle en Afghanistan, citée par le Monde. Le problème est que, depuis le début, les autorités militaires et politiques, peinent à convaincre du déroulé exact des faits et n'ont pas voulu reconnaitre quelques inssuffisances criantes (absence de reco, faiblesse des appuis, etc)

Beaucoup d'informations circulent sur le net et nous en publions ici-même, comme nous l'avons encore fait vendredi. Nous avions commençé par parler (trop vite) d'un "document interne", alors qu'il s'agissait d'une "note privée", ce qui n'enlève rien, par ailleurs, à l'intérêt du texte publié. Qu'en sera-t-il du "rapport secret" ?

Confirmation ce matin du GLOBE and MAIL qui affirme avoir vérifié ses sources (France Info) JDD

Curieux. Alors ce rapport, il existe ou il n'existe pas?
[NDLR: Un journal canadien a publié ce qu'il a présenté comme un rapport de l'Otan, affirmant que les soldats français tués dans une embuscade en Afghanistan manquaient d'entrainement et de munitions. Après avoir nié l'existence de ce rapport, le ministre de la Défense Hervé Morin a reconnu l'existence d'un "compte-rendu" de l'Otan]

Jean-Dominique Merchet. Tout le monde joue sur les mots. Il s'agit d'un compte rendu rédigé très rapidement après l'embuscade, par un officier de l'état major de l'Otan, à Kaboul, dont quelques journalistes ont eu copie. Ce document existe bien, mais il ne s'agit pas d'un rapport officiel, c'est-à-dire validé par les autorités compétentes.

Embuscade: "indiscutablement un échec", selon la note d'un général de haut rang

Dans une note privée, un officier général livre ces "quelques réflexions sur l’embuscade afghane" afin "que ces soldats ne soient pas les premiers d’une longue série de « morts pour rien». Nous la publions de manière anonyme, pour la livrer à la reflexion.

"Sans disposer d’aucune information privilégiée, on peut tirer de cette douloureuse affaire quelques constats certains, qui conduisent à deux propositions susceptibles de donner de la hauteur et de la pertinence au débat parlementaire annoncé pour le 22 septembre 2008", écrit-il.

"En préalable, vouloir dissimuler l’échec et la défaite par lesquels se solde cette opération n’est pas sérieux, et pourrait être criminel : en voulant ainsi s’exonérer de leurs responsabilités, le pouvoir politique et le commandement ne trompent pas les militaires, mais peuvent abuser les décideurs (dont le Parlement), qui feront l’économie de vraies décisions. Les militaires sauront alors qu’ils ne sont pas défendus, et devront continuer d’aller au casse-pipe sans moyens adaptés à leurs missions. Cette situation ne sera pas durable, car la discussion et la contestation dans notre société de l’information à tout va ne peuvent être bridées. Le débat s’instaurera sur le blog de Libération, au prix d’un affaiblissement sérieux de la discipline et de la cohésion de nos armées . Or, indiscutablement, il y a échec : une dizaine de morts et une vingtaine de blessés infligés à une troupe inférieure à 150 hommes, qui a dû de n’être pas exterminée qu’à l’intervention massive d’appuis et de renforts extérieurs à la manœuvre initiale, sans commune mesure avec les 100 à 150 talibans qui, semble t’il, leur étaient opposés. Erreur de conception (avec des moyens inadaptés à la situation) et sans doute erreur d’exécution, dans un dispositif qui ne tirait pas toutes les conséquences tactiques d’un éclairage préalable suffisant. Il ne s’agit pas ici de juger les hommes (encore qu’il le faudra, car il n’y a pas d’autorité qui dure sans responsabilité), mais de faire quelques constats plus généraux, qui peuvent fournir des indications sur les causes fondamentales de l’échec et les enseignements à tirer :

1.1 Ni homogénéité de la troupe, ni unicité du commandement : Le détachement était constitué de 4 sections de combat ( 8 ième RPIMA, RMT, 2 sections afghanes) et d’un groupe des forces spéciales US. On sait au moins que la section du 8 n’était pas organique, puisque son auxiliaire sanitaire venait du 2ième REP. Ces soldats n’avaient pas l’habitude de travailler ensemble, sans parler de la cohésion et de l’esprit de corps qui fondent l’efficacité au combat. Et ce qui frappe dans la description officielle de l’affrontement délivrée officiellement par le sous-chef OPS de l’EMA, c’est qu’à aucun moment n’est mentionnée l’action du commandant de ce détachement : chacun semble livré à lui-même. Y avait-il un chef, autre que formel et théorique, avec une autorité réelle sur ses éléments ?

1.2 Inadaptation et insuffisance des moyens réellement disponibles : Sans même rentrer dans le débat des moyens de reconnaissance aériens (drônes à l’efficacité sans doute contestables, mais surtout hélicoptères adaptés), on est frappé par la pauvreté des moyens d’appui permettant de dégager la section fixée : les seules mitrailleuses des VAB, manifestement en limite de portée. Notons que seul l’élément des forces spéciales US disposait des instruments de désignation laser des objectifs. Or ils étaient loin derrière, avec les sections afghanes : n’est ce pas ce qui explique d’abord l’usage tardif des A10 ? Quant aux appuis, que penser d’une part de l’incapacité à déclencher en temps utile des appuis aériens, et du recours final, pour une bonne part, aux seuls hélicoptères français Caracal ? L’EMA, en soulignant l’engagement et la générosité exceptionnelle des équipages d’hélicoptères français, qui ont travaillé toute la nuit met involontairement en lumière une propension moins évidente de nos alliés à prendre des risques pour voler au secours de nos soldats. Mais qui veut mourir pour le roi de Prusse ? Au total, il apparaît bien que nos moyens nationaux n’étaient pas à la hauteur, et que compter sur ceux de la coalition dans des circonstances extrêmes, celles du combat, ne va pas de soi.

1.3 : Une troupe non-aguerrrie : Constituée à partir d’engagés recrutés en juin 2007, la section du 8 était certes entraînée, mais depuis moins d’un mois en Afghanistan, c’était sa première expérience d’unité constituée en situation opérationnelle. Personne ne soutiendra qu’il n’aurait pas été préférable d’envoyer sur notre théâtre d’opérations le plus dangereux une unité plus aguerrie. Mais une armée de terre qui fait le pompier de la paix aux 4 coins du monde sans préjudice des « promenades » dans les gares métropolitaines ne peut donner que ce qu’elle a, quand le pouvoir politique décide sans préavis suffisant d’augmenter partout l’engagement de nos forces (faisons le bilan de ces nouvelles missions, pour le moment sans désengagement significatif ailleurs, depuis mai 2007 : Tchad, Afghanistan, Emirats, OTAN…). En résumé, l’armée peut-elle continuer sans augmentation de ses effectifs à aller au four et au moulin ?"

(La note se poursuit pas des propositions sur lesquelles nous reviendrons


par J.D Merchet/secret défense/libération
Afghanistan : il y a eu
un «compte rendu» de l'Otan
Jérôme Bouin (lefigaro.fr) Avec AFP, RTL et Europe 1
22/09/2008 | Mise à jour : 09:22 |
.
«Ce n'est pas un rapport (...), c'est un compte-rendu, un mail avec un certain nombre d'éléments faux», a affirmé Hervé Morin.
«Ce n'est pas un rapport (...), c'est un compte-rendu, un mail avec un certain nombre d'éléments faux», a affirmé Hervé Morin. Crédits photo : Le Figaro

«Ce n'est pas un rapport» a nuancé le ministre de la Défense, Hervé Morin, qui dément un sous-équipement des soldats français. Le quotidien canadien qui a révélé l'information maintient ses affirmations.

Pas un rapport mais un compte rendu. Le ministre français de la Défense l'a reconnu lundi matin sur RTL : il existe un document émanant de l'Alliance atlantique et décrivant l'impréparation des soldats français tués le 18 août dernier dans une embuscade produit après cette attaque. Il existe «un compte rendu parcellaire» émanant «d'un officier du JOC (Joint Operation Center, ndlr), le centre opérationnel» de l'Otan effectué «le lendemain ou dans les 48 heures après l'attaque», a indiqué le ministre. Dimanche soir, un responsable de l'Otan s'exprimant sous couvert de l'anonymat avait aussi révélé qu'un courrier électronique rédigé par un officier de l'Isaf à l'adresse du QG de la force de l'Otan à Kaboul et dans lequel il exprimait son avis sur l'embuscade contre l'unité française avait fait l'objet d'une fuite.

Pour le ministre de la Défense, ce document n'était le fruit ni d'une «enquête» ni d'une «analyse contradictoire» du déroulé des événements. «Ce n'est pas un rapport», a ajouté Morin, contrairement aux affirmations du quotidien canadien Globe and Mail, «c'est un compte rendu, un mail avec un certain nombre d'éléments faux». Parmi ceux-ci, le ministre a démenti un éventuel sous-équipement des soldats français engagés dans l'opération du 18 août. Hervé Morin a regretté «la faiblesse de l'opinion publique occidentale». «Les talibans ne peuvent pas gagner militairement, ils cherchent à gagner la bataille de la communication pour que des pays (engagés dans la coalition, ndlr) flanchent».

 

 MORIN «Nous ne cachons rien» Tiens tiens...?!

 

Confirmant les propos du ministre, le chef d'état-major des armées, le général Georgelin, a déploré peu après sur Europe 1 qu'«on essaie de faire passer pour un rapport», «des éléments de compte rendu» réalisés à chaud par un des participants. Il a précisé que ce compte rendu, «normal dans la vie militaire», émanait précisément d'un «élément des forces spéciales américaines». «À aucun moment l'ensemble du dispositif n'a manqué de munitions», a également souligné le général. «Nous ne cachons rien».

Dimanche soir, le quotidien canadien Globe and Mail a maintenu son information. «Le Globe and Mail a obtenu le rapport en question d'une source fiable et a vérifié son authenticité avec d'autres sources», a précisé un responsable du journal, en ajoutant que le document porte la mention «NATO ISAF SECRET». L'auteur de l'article, le journaliste Graeme Smith, a déclaré que le document en sa possession n'était pas un courrier électronique. «C'est un document sur papier qui m'a été remis, il s'agit d'un examen par l'Otan des événements du 18 et 19 août», a-t-il dit depuis Kaboul. Il a en outre fourni une photo de la première page du document à l'appui de ses dires. «La source qui m'a donné le document m'a spécifiquement demandé de ne pas le partager avec d'autres médias», pour éviter d'être identifiée, a-t-il ajouté. «Ce qui est intéressant, c'est la sémantique utilisée par le démenti. Ils disent qu'un rapport spécial n'existe pas. C'est exact : c'est un rapport tout à fait ordinaire», a-t-il déclaré à un journaliste de France 24.

L'annonce de l'existence de ce document est intervenue la veille du vote du Parlement français sur la présence militaire de la France en Afghanistan. Le ministre de la Défense s'est d'ailleurs interrogé sur RTL de la concomitance des faits.


Aux députés aujourd'hui de prendre leurs responsabilités, la mission au sein de l'ISAF doit-être redéfinie, cette guerre ressemble à la guerre d'Algérie, il faut ratisser, pacifier, être au contact de la population et l'aider, ce qui devrait être le travail de l' ANA en formation ! L'OTAN n'en a pas les moyens, il faudrait 200 000 hommes et leurs matériels adaptés !

La "méthode Petraeus" est-elle transposable en Afghanistan ? En Irak, même s'il juge lui-même l'amélioration obtenue "fragile et réversible", ce qui explique le maintien du corps expéditionnaire américain à 146 000 soldats, la méthode du commandant américain a indiscutablement fonctionné.

Ouverte et globale, l'approche dite "d'opportunisme constructif", adoptée ces deux dernières années par le général David L. Petraeus, a permis de diviser le nombre d'attaques et de victimes par cinq ou six. Au moment où le général prend les rênes du Commandement central (CentCom), le dispositif militaire américain qui va de la Corne de l'Afrique à l'Asie centrale et englobe donc les opérations en Irak et en Afghanistan - et au moment où l'on débat à Paris de l'avenir et du sens de la présence française en Afghanistan -, chacun se demande si la "martingale Petraeus", servie par le coup de chance qu'a représenté la révolte des tribus arabes sunnites contre le djihadisme meurtrier d'Al-Qaida en Irak, peut être appliquée en AfghaniAu mois d'août, alors qu'il s'apprêtait à quitter Bagdad pour prendre ses nouvelles fonctions, le général Petraeus lui-même en doutait : "Ce qui marche en Irak ne marchera pas de la même manière (en Afghanistan et dans la ceinture tribale pakistanaise, qui sert de base arrière aux talibans et à leurs frères pachtounes), ne serait-ce que parce qu'il est inimaginable, dans tous les scénarios envisageables, d'envoyer autant de soldats sur le terrain."

Même avec les 4 000 combattants supplémentaires que le président Bush s'apprête à envoyer en renfort - dix mille autres sont réclamés avec insistance pour 2009 par le chef de la force de l'OTAN à Kaboul, le général David McKiernan -, il y a, en Afghanistan, trois fois moins de troupes étrangères qu'en Irak alors que le pays compte une population sensiblement équivalente (autour de 25 millions d'âmes), un territoire national autrement plus accidenté (montagnes et grottes), beaucoup plus difficile à contrôler (très peu de routes carrossables) et moitié plus vaste que celui de l'ancienne Mésopotamie.

Selon McKiernan, c'est précisément la faiblesse numérique de son contingent qui explique le recours intensif aux bombardements aériens, avec leurs cortèges de centaines de victimes "collatérales" civiles, lesquelles nourrissent ce que l'analyste militaire américain Anthony Cordesman appelle "la spirale perdante" dans laquelle l'OTAN est présentement aspirée.

 

"GAGNER LES COEURS"

 

Problème : eu égard au rejet grandissant de "l'occupation infidèle" par les Afghans, beaucoup, au Pentagone comme dans les états-majors alliés, se demandent si même un doublement du nombre de soldats changerait significativement la physionomie du conflit. Maître d'oeuvre du nouveau manuel anti-insurrectionnel de l'US Army, le général Petraeus ne semble pas convaincu.

Basée sur la protection des civils vingt-quatre heures sur vingt-quatre, de manière à couper l'ennemi de ses bases et à tenir les zones "libérées" pour y faire de la reconstruction et y "gagner les coeurs", sa "méthode" exige des troupes. Mais comme il le disait en juin à des journalistes : "Toute armée (étrangère) de libération devient tôt ou tard une armée d'occupation. Vous pouvez retarder la mutation en faisant preuve de considération vis-à-vis des civils, en les respectant, en réduisant au minimum les victimes collatérales, en multipliant les bonnes actions, etc. Mais à la longue, vous n'êtes pas de chez eux. Inévitablement, il y a des frictions, du ressentiment. Aucun pays au monde ne veut d'une armée d'occupation sur son sol."

La solution adoptée est donc officiellement de mettre en place au plus vite une armée autochtone efficace. Mais, et c'est une autre différence notable entre Irak et Afghanistan, alors que la "coalition" a pu s'appuyer sur les traditions militaires irakiennes pour reformer, là-bas, en cinq ans, une armée digne de ce nom d'au moins 250 000 hommes, en Afghanistan, l'OTAN n'a pu entraîner et équiper, en sept ans de présence, que 65 000 soldats afghans. Il est prévu de doubler ce chiffre d'ici à 2013, mais leur efficacité demeure très discutable.

Occupé pendant des siècles par les Ottomans puis par les Britanniques jusqu'au début du XXe siècle, l'Irak apparaît comme un pays "moderne", avec une population majoritairement éduquée, une administration en pleine reconstruction certes, mais présente partout, une quasi-autosuffisance alimentaire, des industries, des routes, des autoroutes et des moyens de communication sur à peu près tout son territoire. L'Afghanistan, lui, est un pays pauvre, combatif et fier, qui n'a jamais été colonisé, qui est resté sous-développé, largement analphabète et dépourvu, depuis toujours, d'un Etat central fort. Pour réussir, la "méthode Petraeus" va devoir subir une sacrée adaptation.

L'assemblée Nationale et le Sénat ont votés le maintien de nos troupes en Afganistan comme prévu, il faut maintenant assumer cette décision et donner les moyens à nos soldats ! Le budget militaire "étriqué" va en prendre un coup, mais nous devons être opérationnels, dans cette guerre de contre guérilla, que l' EM semblait avoir sous-estimée ! Le monde entier observe la France et son armée !
Nous avons dû prendre l'initiative de secouer l'opinion, et informer sur le manque de moyens, pour arriver à faire bouger les politiques !

La France envoie des moyens supplémentaires en Afghanistan
"Nous avons décidé de renforcer nos moyens militaires dans les domaines de l'aéromobilité, du renseignement et de l'appui. Ces moyens seront sur place dans quelques semaines. Concrètement, des hélicoptères Caracal et Gazelle, des drones, des moyens d'écoute, des mortiers supplémentaires seront envoyés, avec les effectifs correspondants, soit une centaine d'hommes", a déclaré le Premier ministre François Fillon, cet après-midi devant les députés. On peut lire l'intégrale de son discours en cliquant ici.
Les hélicoptères sont un Caracal et deux Gazelles Viviane (spécialisée dans la reconnaissance), comme nous l'annoncions dans Libé de ce matin. Les drones seront un lanceur de SDTI du 61ème régiment d'artillerie, avec six engins. Un groupe de deux mortiers de 120 mm sera également envoyé en renfort, ainsi que des moyens d'écoute (guerre électronique).
Pas de forces spéciales, en revanche. Le Chef d'état-major des armées a donc obtenu gain de cause. Il était opposé à l'envoi du COS, préferant réservé les forces spéciales à des opérations spéciales, comme on l'a vu la semaine dernière avec l'intervention du commando Hubert pour la libération des otages français sur les côtes somaliennes.


JDD

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
P
On nous raconte ce qu'on veut dans cette affaire...Si le globa nad mail sort ça c'est qu'il y a certainement une bonne raison...
Répondre